‹ L'Hôtel Drouot en (volume 4)Chapitre 4 sur 122 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

rassez encore des plus doctes références par des préfaces signées des meilleurs critiques contemporains. Tantôt c’est Claretie qui vous accrédite et tantôt c’est Silvestre qui vous présente. Puis, tour à tour, Burty et Champfleury vous introduisent et Monselet enfin vous escorte.

De telle sorte que, sur six volumes déja lancés, 1l y en a cing qui font leur chemin tout seuls. Je ne crains plus que pour le sixième, soit celui-ci, mon cher confrère.

Mais aussi, 8 « curieux » que vous êtes ! pourquot vous avisez-vous de vous souvenir que je fus jadis critique d'art, hélas! pour mes péchés? J'espérais avoir à jamais enfout ce vieux cadavre des années d'apprentissage. Vous l'avez déterré, cruel homme, et vous prétendez qu'il n'est pas complètement mort. Le fait est qu'à force de lui tâter le pouls on finit bien par sentir quelque chose d'insohte chez un cadavre. Mais cette faible pulsation n'est pas de la crétique, c'est de l'amour de l'art seulement, le mouvement fébrile de l'amateur.

Ah! cet hôtel Drouot, dont vous voilà le Saint- Simon, — car vous en êtes bien le Saint-Simon aussi — j'y ai eu mon jour comme un autre. C'était à une époque de grande prospérité du commerce d'art, celle qui suivit la querre, et que l'on pourrait appeler la période américaine. Vous souvenezvous de cet arrivage de dollars sur la place Francaise? Nos peintres ne pouvaient suffire à la demande. Il semblait que le blocus de Paris eût affamé de tableaux le Nouveau Monde. Les Yankees du bon Dieu achetaient n'importe quoi à n'importe quel

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