‹ L'Hôtel Drouot en (volume 4)Chapitre 5 sur 122 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

prix et nettoyaïent nos ateliers. Au Havre on embarquait les toiles françaises comme on embarque la morue à Terre-Neuve. J'ar connu de jeunes maitres dont les prix de fabrique bondirent d'un seul coup de huit cents francs à vingt mille francs. Ceux qui vendaient vingt mille allèrent à cent mille. Meissonier fit atteindre à sa Signature européenne le prix invrasemblable de trois cent nulle francs! Et l'avenue de Villiers fut!….

Comme beaucoup de mes confrères j'avais été frappé de cette hausse sur les produits de notre art oléagineux et, men étant ouvert limidement à Francis Petit, l'expert à jamais regrettable que vous avez connu, je n hésitai pas à lux demander quel prix atteindrailt ma peinture en Amérique st j'en envoyais à New-York ou à Boston. Il ne me laissa aucune illusion à cet égard. Il avait vu mes meilleurs morceaux dans mes diverses manières! Mais nul n'était plus fin que ce charmant homme, et avec ce joli sourire de diplomate qu'il avait :

— Voyez-vous, me dit-il, les choses sont si bizarrement menées en ce monde que souvent les pires ouvriers sont les meilleurs juges. La première fois que vous m'avez fait le plaisir de me présenter l’une de vos toiles, je me suis dit : Voilà un fichu peintre qui fera un excellent critique !

Et, séance tenante, Francis Peht m'offrit d'écrire la préface d'un cataloque de vente très importante qu'el préparait el dans laquelle à y avait un Rembrandt indubitable, c'est-à-dire un Rembrandt peint par Rembrandt lui-méme et dont les papiers étaient en règle.

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