I- Ki'iNci.r. îir
— Comment cela ?
— Supposez-vous insfruile , par je ne sais (piel prodige, de l'avenir d'une personne qui vous soit absolument indifférenle... que vous ne connaissez même pas... Celte prescience vous apprend que cette personne doit mourir dans huit jours... mourir f\Ualement, sans que vous soyez pour rien dans les causes de celte mort , sans qu'elle vous profile en rien. . sans que vous puissiez changer le cours des événements qui l'amènent... N'éprouverez-vous pas une sorte d'angoisse à celte révélation; ne vous regarderez- vous pas pour ainsi dire comme complice du destin , en voyant celte personne ignorante du sort terriblequi l'attend tandisquevousenêtesinslruitc... vous?
— Je ne me croirais pas complice de cette mort , mais j'éprouverais de la terreur en voyant cette personne marcher , confiante et paisible , vers un abîme qu'elle ignore.
— Eh bien ! cette terreur ne deviendra-l-elle pas un remords s'il s'agit de voire mari, si sa mort comble tous vos vœux , réalise toutes vos espérances?
— Que dites-vous ?
— Telle innocenle que vous seriez d'une telle
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catastrophe , ne vous regarderiez-vous pas presque comme criminelle... seulement parce que vous étiez instruite à l'avance? Encore une fois, ne ra'inierrogez pas davantage... ne me forcez pas à parler... vous vous en repentiriez, il serait trop tard... conliez-vous à moi.
— Me confier à vous... non , non, je sais ce dont vous êtes capable... J'étais certainement innocente de vos affreuses tentatives sur M. de Hansfeld... et les apparences me condamnaient. Pourtant je vous dis que je veux tout savoir.
— Êles-vous décidée à renoncer à M. de Morville?
— Que vous importe...
— Il faut que je le sache... dans ce cas seulement je dois parler... Il serait cruel de laisser périr pour rien... deux créatures de Dieu...
— La vie de deux personnes serait donc en danger? s'écria madame de Hansfeld.
— Malheur sur moi , malheur sur vous , dit Iris en étant ou en paraissant désolée de l'indiscrétion qui lui échappait. Vous me faites dire ce que je ne voulais pas dire. Eh bien, oui, à cette heure, la vie de deux personnes est en danger...
— Béni soit Dieu qui t'a fait parler ; jamais je n'achèterai le bonheur de ma vie entière à un
L i:riNGi,E. 2ir,
lel prix... Je renonce à M. de Morville , et que je sois maudite si jamais...
— Arrêtez... marraine. Je sais la puissance de vos scrupules... mais je sais aussi la puissance de voire amour... Quoiqu'il s'agisse de la vie de deux personnes... vous pourriez être maudite...
— Malheureuse...
— Tenez, marraine, laissons les événements suivre leur cours... ce qui sera... sera...
— Maintenant que tu m'as rempli l'âme de terreur, car je sais ce dont tu es capable, tu veux te taire... Non, non, parle... je l'exige...
— Eli bien donc , puisque vous m'y forcez , apprenez tout... Le prince aime Berthe et il en est aimé. . . Vous savez la jalousie féroce de M. de Brévannes... 11 hait déjà le prince parce qu'il est votre mari... Maintenant qu'il le sait aimé de sa femme, il le hait à la mort... Supposez Berthe assez imprudente pour accorder un rendez-vous à M. de Hansfeld , rendez-vous innocent ou coupable , volontaire ou forcé, peu importe. M. de Brévannes en est instruit , il les surprend tous deux par la ruse : les apparences sont contre eux... Que fait-il? dites, que fait-il ?
— Mon Dieu !... Mon Dieu !...
— Que fait-il? Il se croit aimé de vous, il croit