‹ L'Hôtel royale des invalides, 1670-1789Chapitre 23 sur 48 · LES PENSIONNÉS ET LES SUISSES · texte numérisé non relu

LES PENSIONNÉS ET LES SUISSES

Dans le principe. FHôtel était réservé aux seuls catholiques. Aussi bien, six ans à peine avant la révocation deTEdit dé Nantes, le Roi ne pouvait s'occuper des c^uelques religionnaires français présents aux armées. Il n'en allait pas de même pour les Suisses, parmi lesc[uels figuraient presque autant de protestants c[ue de catholiques et dont la religion était respectée : dès le début, les Suisses catholic^ues avaient été admis à l'Hôtel. Lorsque le succès de l'institution des Invalides fut bien affirmé, les Suisses protestants réclamèrent, sinon l'admission dans la maison dont ils étaient exclus a priori, du moins des compensations <^'). Le duc du Maine plaida leur cause (^). Satisfaction fut, dans une certaine mesure, donnée à leurs réclamations (3). Le séjour aux Invalides était remplacé pour les Suisses protestants par des pensions. Une somme de G.ooo liv. était prise sur les revenus de l'Hôtel : sur cette somme, 5.000 liv. étaient partagées en cent pensions de 5o liv. destinées aux soldats; les i.ooo liv. restantes formaient dix pensions de 100 liv. à distribuer à des officiers suisses. L'ambassadeur du Roi auprès des Cantons était chargé de la distribution de ces pensions à ceux que le conseil de l'Hôtel avait jugés dignes de cette faveur. Par l'ordonnance du 24 août 1711, les cent pensions de 5o liv. furent changées en soixante-neuf pensions de 72 liv. 9 s.; les pensions de 100 liv. n'étaient pas modifiées ^'^K II fallait, du reste, compter avec le change, les frais de déplacement des fonds, les honoraires des agents, etc. (^\ Lors de l'organisation des pensions dans les provinces, le système changea : ce ne fut plus une somme déterminée de 6.000 liv. qu'on réserva pour les Suisses protestants,

(1) Cf. Le Drau, Mémoire sur l'admission des troupes suisses aux Invalides. Arch. des affaires étrangères. Mémoires et documents, Suisse, 25. — Représentation des cantons lielvétiques au sujet du traitement des troupes suisses en France, à qui on retient les deniers pour livre pour l'Hôtel, en leur en interdisant l'accès. Septembre 170g. Arch. Hist., vol. 2i64, pièce 31. Cf. une proposition en faveur des Suisses. Ibid., vol. 1423, pièce 108 (1697).

(3) Lettre de d'Argenson au duc du Maine, 1710, 16 janvier. Ibid., vol. 2262, pièce 52.

(3) Ordonnance du 17 janvier 1710. Recueil des Edits, etc., I, p. 192. Cf. Gazette d'Amsterdam, 20 février 1710.

(4) Recueil des Edits, etc., I, 203.

(5) En 1753, l'Hôtel avait payé pour ces pensions 10.647 ^i'^'* Ç'^rch. de l'Hôtel, carton 2S6); en 1756, 10.665 liv., se détaillant comme suit: 10 pensions d'oiScier, 1.000 liv.; 69 pensions de soldats, 4.999 '*'^* ^ *• 5 remboursement des frais divers, 319 liv.; d'où il reste pour le change 4.347 liv. Arch. de l'Hôtel, carton 2S9.

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mais tous les soldats, venus des Cantons, à quelque religion qu'ils appartinssent, purent dorénavant prétendre à une pension fixée par l'ordonnance du lo mai 1764 (^ et à un habillement renouvelé tous les huit ans. L'autorisation leur fut donnée en même temps de se retirer dans les limites du royaume. Enfin l'assimilation des troupes suisses aux autres fut rendue complète en 1770 ; une lettre ' du duc de Choiseul au baron d'Espagnac étendit à tous les Suisses une mesure prise à l'égard d'un certain Martin, Suisse du canton de Lucerne : l'Hôtel s'ouvrit à tous sans distinction de religion (^).

(1) Recueil des Édits, etc., Il, p. m. Les pensions des Suisses sont également mentionnées dans le règlement du lo novembre 1779. ^^i<^-> P- 262. (a) Lettre de Choiseul, 17 décembre 1770. Ibid., p. 234,

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