LE BATIMENT DE L'HOTEL DES INVALIDES LES ANNEXES — LES ENVIRONS
L'Hôtel des In\alides au dix-huitième siècle représente assez bien une ville en miniatiu'e, avec ses places, ses avenues, ses jardins, son église. Il devient peu à peu le centre de tout un quartier : le groupement du Gros-Caillou se développe à son ombre ; ses annexes s'établissent dans les environs, et même lorsque l'École militaire aura été construite, c'est toujours l'Hôtel c^ui sera l'établissement le plus important de cette région de Paris et qui lui donnera sa physionomie spéciale.
Nous n'avons pas le dessein de donner ici une description, si sommaire soit-elle, des Invalides : l'Hôtel, dans ses dispositions essentielles, n'a guère changé depuis l'épocjne de Mansart et tle Libéral Bruant : aussi bien les descriptions du monument abondent, il nous suffira donc d'y renvoyer. L'ouvrage de Granet, celui cle
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Pérau pour THôtel dans sou ensemble, celui de Félibien pour l'église royale et le dôme : la description de l'Hôtel, anonyme, mais qui est l'œuvre de Lejeune de Betliencourt, les histoires de Paris du dix-septième et du dix-huitième siècles, Nicolas de Fer, Sauvai, bien d'autres, et aujoiu'd'hui le livre de Solard. suffisent pour cette partie, sans compter les innombrables guides c^ui ont rendu vaine toute nouvelle tentative de description. Les plans cpii accompagnent cpielques-uns des ouvrages cités plus haut sont nombreux, fort détaillés, exacts pour la plupart : cpiant aux gravures, elles sont très soignées. Nous nous contenterons donc de quelques grandes lignes, envisageant l'Hôtel avant les réparations effectuées en 1749. (pii lui ont donné l'aspect qu'il présente aujoiu-d'hui.
L'Hôtel des In\'alides off"re d'abord aux regards la grande façade tournée vers la Seine, immense bâtiment flanqué de deux hauts pavillons et au centre duquel s'arrondit le cintre de la porte royale. Trois allées en partent, séparant l'avant-cour gazonnée et convergeant vers la grille. Celle-ci. dorée, aux armes rovales, est elle-même encadrée de deux petits pavillons ornés de trophées d'armes et de grenades fumantes qui servent de poste pour les sentinelles et les portiers. Le bâtiment central de l'Hôtel, occupé par les appartements des hauts fonctionnaires de l'État-major et par des salles d'apparat, donne de l'autre côté sur la cour royale, qui est le centre de l'Hôtel et sur lacpielle s'ouvre l'église des soldats. A gauche de cette cour deux « moyennes cours >>. sur lesquelles donnaient les cuisines et les réfectoires ('\ puis, y faisant suite, les bâtiments de l'infirmerie avec toutes leurs annexes ouvrant sur six petites cours intérieures. Ces bâtiments n'avaient c^u'un étage pour ne pas masc^uer la vue du dôme. De l'autre côté de la cour royale, à droite, sur deux cours moyennes, symétriques aux autres, donnaient les logements des soldats et les réfectoires (^). Le logement des prêtres avec leur jardin s'étendait parallèlement aux infirmeries. Enfin, un vaste promenoir établi à côté du cimetière, tourné vers le Gros-Caillou, complétait la partie occidentale du bâtiment. Le dôme était, au début, isolé en a\'ant du corps
(1) Aujourd'hui, bureaux du gouvernement militaire de Paris et salles du musée de l'armée.
(2) Aujourd'hui, salles du musée d'artillerie.