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AURA

« Est d’avis qu’il y a lieu de demander à tous les Etats « où le mouvement des étrangers venant dans un but autre « que d’occuper un emploi, a une certaine importance, d’or- « ganiser une statistique annuelle et régulière de ce mou- « vement dans les conditions ci-après

€ I — Pour réaliser cette organisation, chaque Etat

(1) Voir Bulletin de la Statistique Générale de la France, avril-juin

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« pourra employer les procédés déjà existants qui lui per- « mettront d'obtenir les résultats désirés, avec le minimum « de sacrifices de sa part ;

« II. —- La statistique pourrait, suivant les cas, être faite « d’une manière plus ou moins complète, dans les condi- « tions suivantes :

« a) les Etats ayant un mouvément d'étrangers largement « développé ont intérêt à rechercher, en même temps que « leur nombre, la durée de leur séjour ;

« b) dans les autres Etats, on se contenterait simplement « des données sur le nombre des voyageurs complété, s’il « y a lieu, par celui des localités où ils ont séjourné.

« II. — La seule condition capitale est que chaque Etat « publie, pour tout son territoire, les résultats du mouve- « ment des étrangers classés d’après les pays du domicile « permanent des visiteurs. Cette classification doit com- « prendre tous les Etats, à l’exception de ceux pour lesquels « le nombre des visiteurs étrangers est très faible. Ces der-

niers devraient toutefois être énumérés dans la publica- « tion. Les résultats globaux concernant les nationaux de « ces pays, dont la présence a été constatée dans d’autres « Etats, leur seront fournis sur demande ».

On voit que la question des statistiques du tourisme intéresse tous les Etats, non seulement parce qu’elle est importante, mais aussi parce que sa solution apparaît difficile. Les déplacements d'individus, qui peuvent être extrêmement rapides, ne sont enregistrés qu’avec peine et tendent à échapper à une étude statistique.

Sans méconnaître les difficultés rencontrées pour arriver à la précision souhaitable dans ce domaine, nous estimons qu’il devient nécessaire de s’employer sans tarder à les surmonter. À notre avis le problème n’est pas insoluble. Il réclame seulement une connaissance approfondie tant de ses éléments d’ordre matériel, administratif et psychologique, que des procédés d’analyse qui restent à déterminer.

Pour arriver au dénombrement des voyageurs étrangers,

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cinq méthodes différentes sont actuellement utilisées, suivant les possibilités :

a) Statistique des passeports ; b) Emploi d’un questionnaire ; c) Statistique des billets ;

d) Méthode des sondages ;

e) Méthode de la déclaration.

a) Statistique des passeports. — Pendant la période de tension diplomatique qui a suivi la guerre, on ne pouvait voyager d’un pays à l’autre sans être muni de la pièce d'identité officielle qu’est le passeport. Il devait être visé par les représentants consulaires du pays dans lequel on désirait se rendre et qui à cette occasion, percevaient un droit. Il est certain que la connaissance du nombre de visas aurait permis de chiffrer d’une façon très approchée le nombre des étrangers venant visiter la France. Ce procédé de dénombrement se heurte à deux obstacles. D’abord, il ne semble pas que les consulats français à l’étranger aient fait parvenir au Ministère des Affaires Etrangères le nombre de visas assez rapidement et régulièrement pour qu'ils y fussent totalisés (1). Tout au moins, il n’apparaît pas que les pouvoirs publics aient senti la nécessité d’une telle centralisation, puisque les renseignements que publie l'Office National du Tourisme en partant de ces bases, sont toujours aussi fragmentaires et approximatifs.

Le second obstacle, dont il y a lieu de se réjouir grandement, réside dans les modifications apportées au régime du passeport, pièce d'identité qui a tendance à disparaître -de l’arsenal des formalités administratives. Dès 1921, la Chambre de Commerce Internationale, tenant son congrès à Londres a demandé la création d’un passeport international uniforme, en attendant le retour au régime d’avant-guerre, dans lequel le passeport avait presque disparu. La suppression de cette pièce ou la simplification des formalités d'obtention ont été encore demandées lors du Congrès de Rome en

() L'Office National du tourisme ne paraît pas être en mesure de recourir à cette source de renseignements d’une façon régulière et méthodique.

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1923, lors de. l’assemblée générale des 27 et 28 octobre 1925 du Conseil Central du Tourisme international, aussi bien que lors des différentes réunions tenues sous les auspices de la Société des Nations par la « Commission Consultative et technique des communications et du transit ».

La. résolution adoptée par la 6° Assemblée de la Société des Nations à cet égard comportait :

Un vœu préconisant des ententes entre certains pays pour hâter la suppression progressive du régime du passeport.

Un exposé des facilités à accorder dans le cas du maintien du régime des passeports : unification du type de passeport international, organisation rationnelle et pratique des bureaux de délivrance des passeports, extension de la durée et de l’éterndue de validité des passeports, réduction des taxes perçues lors de leur établissement.

Les visas de transit, de sortie et d’entrée, devraient être, soit supprimés, soit facilités, le contrôle aux frontières modifié de façon à atténuer les désagréments et retards imposés aux touristes par cette formalité d’un intérêt surtout administratif.

Bien qu’on ait entrepris l’étude d’une simplification des mesures à appliquer aux déplacements internationaux, le régime des passeports n’a pas encore disparu, mais on peut espérer qu’il en sera ainsi dans un avenir plus ou moins proche.

La statistique des passeports permettant de dénombrer les déplacements à destination d’un pays donné ne peut donc être utilisée et son emploi n’offre plus, pour nous, qu’un intérêt rétrospectif.

b) Méthode des questionnaires. — Les questionnaires remplis par chaque personne entrant dans un pays permettent d'obtenir des renseignements complets et très généralement exacts sur la qualité et le nombre de visiteurs étrangers. Cette formalité est actuellement en usage en Angleterre, maïs, en ce qui concerne la France, nous n’avons pas d'intérêt à l’employer, parce que nous ne jouissons pas des mêmes conditions d’insularité qui rendent son application possible et ses résultats rigoureux, et aussi parce qu’on ne se résoudra jamais chez nous, avec raison, à utiliser pareil procédé, assez vexatoire.

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