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c) Méthode des billets. — On suppose qu’une proportion,

déterminée à la suite d'enquêtes répétées, des billets vendus à l’étranger et dans les gares frontières à destination d’un pays a été achetée par des étrangers. Aux chiffres obtenus par cette méthode, doivent être ajoutés ceux des entrées par voie pédestre ou automobile aux postes frontières. L’ensemble peut donner un total représentant approximativement la quantité des étrangers venant sur notre sol. Mais le procédé est loin d’être parfait, comme on le devine. Il ne permet pas, d’ailleurs, de savoir quelle a été la durée de séjour des étrangers chez nous, ce qui est indispensable à connaître. Cependant notre Office National du Tourisme y recourt souvent.

d) Méthode des sondages. — Recommandée par le Professeur R. Bachi dans son étude « Sulla rilevazione statistica del movimiento dei forestieri » (1) et citée par le Professeur Angelo Mariotti, dans son intéressant cours d'économie touristique, auquel nous nous permettons de faire emprunt. (2)

Ce procédé, qui pourrait surtout être utilisé dans une ville ou dans une province peu étendue, consiste en ceci : une enquête périodique est faite auprès de tous les hôtels et pensions. On se limite à relever le nombre des voyageurs — étrangers et nationaux — à une date déterminée, et le total des arrivées dans les hôtels recensés pendant la durée de l’enquête.

Supposons que celle-ci doive durer un mois :

Si, au 1 janvier, le total des voyageurs présents dans les hôtels est de 50.000 et au 1+ février de 60.000, et que le total des arrivées au cours du mois de janvier ait été

de 120.000, le nombre des départs ayant eu lieu pendant le mois sera de :

Nous pourrons ainsi obtenir la durée du séjour moyen des voyageurs :

— moins de 0.478 d’un mois.

(1) Giornale degli economici, 1921, p. 297.

(2) Lezioni di Economia turistica, edizioni Tiber, Rome, 1927.

Snnalte cn c’est-à-dire un peu moins de 15 jours. (1)

De ce résultat, on déduit :

120.000 X 15 — 1.800.000 journées de présence des voyageurs arrivés dans le mois. Ce calcul peut être fait, en particulier, par les hôteliers qui tiennent un registre récapitulant les entrées et sorties des voyageurs dans leur maison.

Il pourrait aussi servir à l’établissement de renseignements d'ensemble. Mais la formule n’a de valeur que si la proportion des arrivées et des départs est uniforme et nous croyons qu'il est nécessaire de trouver les bases d’un calcul qui serre de plus près la réalité.

…. e) Méthode de la déclaration. — Pourrait être appliquée dans la plupart des grands pays de tourisme. En France, l’article 4 de l’ordonnance du 15 juin 1832 et l’article 475-2 du Code Pénal, font une obligation pour les « aubergistes, maîtres d'hôtel, garnis et logeurs », d’inscrire sur un registre les nom, âge, profession, domicile habituel, dernière ré-

(1) Professeur Mariotti, ouvrage cité.

La formule est obtenue de la façon suivante :

Soit n le nombre de voyageurs le ler du mois, m le nombre des voyageurs le 1er du mois suivant, a le nombre d’arrivées entre les dates considérées.

Les départs p sont : p = n + a — m.

En supposant uniforme la proportion journalière d’arrivées et de départs, la quantité moyenne de voyageurs présents chaque jour pendant leMOIS TES TEEN MR er te cie Malte NOM tee ee Les OR tot DE m+n

Le mouvement moyen des voyageurs est, d’autre part : a +p

En divisant le nombre moyen des voyageurs par le mouvement moyen des voyageurs, on obtient ainsi la durée moyenne de séjour

m +n 2 m+n a +p = AE

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sidence, date d’arrivée et de départ de tous ceux qui auront couché ou passé une nuit dans leurs maisons. (1)

Il est certain que cette méthode fournirait des renseignements complets et exacts. Malheureusement, malgré les sanctions prévues pour les négligences dans les inscriptions des voyageurs, l’expérience a révélé qu’elles ne sont pas rares dans les maisons où n’existe pas une organisation sérieuse. D'ailleurs, le rassemblement des données recueillies par voie administrative est aussi loin d’être à l’abri de toute critique, non seulement en France, mais à l’étranger. Nous verrons, en ce qui concerne la statistique établie par la Préfecture de police de Paris, qu’on ne semble pas y attacher tout l’intérêt qu’elle présente.

Toutes les méthodes que nous avons mentionnées précédemment, sauf celle de la déclaration, ne permettent d’obtenir que des renseignements très approximatifs. II y aura pourtant lieu de les employer, afin de confronter les résultats obtenus grâce à chacune d’elles, qui peuvent se recouper mutuellement. L'étude du mouvement touristique et de sa valeur économique a une telle importance qu'il faut s’efforcer, méthodiquement et avec continuité, d'élargir les bases de l’enquête, et de développer les procédés propres à arriver à toute la précision nécessaire dans cette matière difficile. La vérité statistique ne repose que sur des données exactes. Une politique touristique ne peut s’improviser ; elle ne peut reposer que sur des bases statistiques sérieuses.

Il appartient à notre Sous-Secrétariat du Tourisme de proposer les principes de l’étude,et de faire appel à tous les concours, à toutes les bonnes volontés, qui d’ailleurs ne manquent pas, parmi les dirigeants des industries touristiques. Sans doute il faut tenir compte du tempérament français (2) volontiers frondeur et individualiste, mais le nombre de ceux qui regrettent de ne pas être mieux informés sur la question est si grand qu’on ne s’adresserait pas à eux en vain.

“) En Italie, la loi du 6 novembre 1926 prescrit les mêmes formalités. En Prusse, en Autriche, il en est de même.

(2) Les méthodes employées actuellement en Italie valent pour ce pays assoupli déjà à la stricte discipline que poursuit l’organisation syndicale que l’on sait.

De toutes façons, il y aurait lieu d'éviter à tout prix les fausses manœuvres, telles que celle à laquelle nous avons assisté dernièrement et que nous devons signaler pour en tirer les enseignements qu’elle comporte.

En date du 26 mars 1931, le Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur, a donné aux préfets des instructions pour leur permettre de prendre de nouveau arrêtés en ce qui concerne la tenue des registres de police, l’établissement des fiches individuelles de voyageurs et la création d’un état décadaire du mouvement des voyageurs dans les hôtels, pensions, meublés, etc.

Conformément à ces instructions, les préfets ont pris des arrêtés, desquels ii ressort que l’ancien registre de police serait complété afin de contenir les mentions suivantes

Numéro d'ordre

Numéro de chambre :

Nom et prénoms du voyageur Qualité et profession :

Nationalité (souligner les étrangers) Domicile habituel :

Pièces d'identité dont le voyageur est porteur Date d'arrivée :

Date de départ

Nombre de nuits passées à l’hôtel :

Visa de l’autorité :

Taxe principale :

Taxe additionnelle : Dans les stations

Montant total : où est perçue

Indications pouvant servir à l’éta- une taxe de séblissement ou à l’exonération : jour.

Visa du collecteur : l

D'autre part, outre la fiche individuelle du voyageur qui doit être remise à la gendarmerie, au commissariat de police ou au Maire, au fur et à mesure de l’arrivée des voyageurs, les hôteliers devaient remettre aux mêmes autorités un état récapitulatif dit « état décadaire ». Ce document aurait permis de faire connaître le nombre des arrivées des voyageurs classés suivant leur nationalité, ainsi que le total des nuits qu’ils avaient passées à l'hôtel.

Le registre de police, et les duplicatas des états décadaires devaient être présentés au visa de l’autorité, ainsi qu’à toutes réquisitions des agents de la force publique,

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des collecteurs et inspecteurs de la taxe de séjour et des inspecteurs de l'Office National du Tourisme.

Si nous nous sommes félicité de voir enfin la question du recensement du mouvement touristique mise à l’ordre du jour, nous n’avons pu que déplorer l’absence totale de psychologie qui a présidé à l’essai de réalisation récent. L'administration ne sollicitait pas la collaboration des hôteliers, qui devaient supporter seuls le poids de ce surcroît de travail, mais elle l’exigeait brusquement. Aussi les mesures prévues ont été vouées à un échec.

Déjà surchargés de déclarations de toutes sortes (taxe de séjour, assurances sociales, emploi des mutilés, chiffre d’affaires, taxe d’apprentissage, etc., etc.), les hôteliers de France ont fait front commun contre cette nouvelle formalité. Pour beaucoup d’entre eux n’apparaissait pas la nécessité de statistiques touristiques et il y aurait eu lieu de les convertir à cette idée, préalablement. Du reste, la confection d’états de cette sorte demande une certaine attention et un travail qui se chiffre, en définitive, par un supplément de main-d'œuvre. L’hôtelier comprendra difficilement qu’on ne puisse, à l’aide du produit des multiples taxes auquel il est soumis, subvenir aux frais d'établissement de statistiques, dont l’administration a déjà en mains les éléments (fiches individuelles).

A notre sens, il fallait d’abord faire comprendre aux hôteliers que le recensement du mouvement touristique français devenait indispensable. Puis il fallait faire appel à ceux qui savent s'élever au-dessus de leur seul intérêt particulier pour s’attirer leur loyale collaboration, rechercher avec eux les moyens propres à atteindre le but visé avec le minimum d'efforts. Il fallait aussi rémunérer par un encouragement (léger degrévement) le travail que l’Administration ne veut assumer et dont elle charge les hôtaliers.

Le problème se ramène en somme à :

1° Déterminer à époques fixes le nombre de touristes français et étrangers descendus dans les hôtels de satégories différentes (1) ;

(1) En France, et dans la plupart des pays européens, l'hôtel n’est pas encore généralement utilisé comme lieu d’habitation permanente. Par conséquent, les personnes qui le fréquentent peuvent être considérées comme des voyageurs-touristes (voir à ce sujet l’article sur l’activité hôtelière en Italie, dans « Das Hotel » N° 13, 1931).

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