ORGANISATION DU TOURISME A L'ÉTRANGER
Dans tous les pays on s'efforce de développer le tourisme national. À l’aide de mesures administratives appropriées, de subsides, de privilèges même en faveur d’organisations touristiques privées, les gouvernements tendent à faciliter les voyages et à attirer, à retenir, les touristes étrangers. Depuis peu, des organismes officiels ont été institués dans ce but, les Etats ayant senti la nécessité de coordonner les moyens mis en œuvre et de leur donner une unité d’action.
En Suisse, l’organisme centralisateur du tourisme est la « Schweizerische Verkehzentrale », en Grèce, l « Office du Tourisme Hellénique » qui dépend du Ministère de l'Économie ; en Hongrie, depuis 1928 fonctionne le « Fremdenverkehrsamt », qui est rattaché au Ministère du Commerce. En Espagne « El Patronato Nacional del Turismo » en Pologne, en Yougoslavie, existent des services administratifs relevant directement des Ministères du Commerce ou des Travaux publics. En Norvège, un groupement formé par les hôteliers et les compagnies de navigation est passé sous la haute direction du gouvernement lorsqu'il est devenu la « Landslaget for Reiselivet i Norge ».
Dans d’autres pays, le tourisme est, néanmoins, resté soumis aux initiatives privées, les gouvernements ne se faisant d’ailleurs pas faute de les subventionner largement. (Belgique : Conseil Supérieur du Tourisme ; Hollande : Algemeene Nederlandsche Vereeniging voor vremdelingenverkeer ; Angleterre : Travel Association of Great Britain and Ireland, etc., etc.
En Allemagne a été créé le 31 juin 1918 un organisme unique, la Mittel-Europa-Reiseburo, connu sous le nom de MER.
Cette Société à responsabilité limitée, dont 30 % des capitaux appartiennent aux chemins de fer du Reich et 70 % à la Nord Deutscher Lloyd, la Hapag, la Deutsche Bank et à quelques particuliers, a le privilège de la vente des billets de chemins de fer et de navigation, en dehors des gares allemandes.
Elle ne possède pas d'’offices lui appartenant, mais tout
ENT Ce
bureau de voyages, tant en Allemagne qu’à l’étranger, qui veut vendre des billets sur les lignes allemandes, doit nécessairement être représentant du MER. Sur le prix de vente de chaque billet, cette organisation reçoit une commission de 5 %, dont elle cède seulement la moitié à l’agence qui Pa vendu. La Société n’ayant pas à supporter les frais d’exploitation de bureaux de voyages, mais seulement des dé- . penses d'administration, on conçoit le chiffre important de ses bénéfices. Or, sauf 10 % réservés aux actionnaires, la totalité de ces bénéfices est affectée à la propagande ; ils sont entièrement versés à un organisme central la Reichsverkehrszentrale (Office Central de trafic touristique du Gouvernement Allemand) chargé de la publicité. Celle-ci, a été, dans chaque capitale étrangère, méthodiquement organisée et donne, d’ailleurs d’excellents résultats (1).
Ne pouvant étudier dans le détail le tourisme dans tous les pays, nous nous bornerons à examiner l’organisation remarquable, à ce point de vue, dans deux Etats : l'Italie et l’Autriche, que nous considérons comme des modèles du genre.
Organisation du tourisme en Italie
Les progrès réalisés par le tourisme depuis que Rome est devenue la capitale du pays à la suite de l’unification politique de la nation, c’est-à-dire depuis 1870, sont très intéressantes à étudier. Pendant longtemps, le tourisme a été abandonné aux initiatives personnelles, parmi lesquelles il convient de citer celle des agences de voyages, en particulier de l’Agence Cook, qui dirigeait vers l’Italie chaque année de nombreux touristes et y organisait la visite des endroits célèbres présents à l’esprit de chacun. Les Compagnies de chemins de fer, surtout la Société de Chemins de fer méridionaux, faisaient également de sérieux efforts sbus forme de primes accordées aux Comités de pèlerinage, de billets circulaires à prix réduits, de brochures de propagande largement diffusées et remarquablement présentées. Une association pour le mouvement des étrangers, une Société
(1) Nous croyons savoir que certaines organisations étrangères encouragent en Allemagne la vente de leurs billets de transport par l'attribution de ristournes à l’office que nous avons cité. Notre O.N.T. le sait-il ? ‘