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trer ce que représente le tourisme dans l’activité économique des nations. Le capital touristique français est considérable, mais, comme tout autre capital, il est nécessaire qu’il soit mis en valeur, qu’il puisse se développer harmonieusement, qu’enfin le profit matériel et moral tiré de son exploitation soit le meilleur possible.
A lire ce qui précède, on pourrait s’imaginer que l’œuvre accomplie donne toute salisfaction et qu'il ne reste plus qu’à attendre la récolte d’une semence dispensée génèreusement par les groupements que nous avons cités. Hélas ! la façade de l’édifice promet plus que l’intérieur ne contient de substance. Constatons, en passant, l’absence d’esprit de sacrifice, l’individualisme, le défaut de méthode et de persévérance, qui entravent trop souvent le développement d’une politique touristique rationnelle et féconde. Mais nous ne voulons pas nous arrêter à des critiques dont l’utilité sera moins grande que la recherche des remèdes appropriés.
POLITIQUE TOURISTIQUE
Une politique touristique ferme s'impose actuellement. Mais comment en définir les principes et par quels moyens en poursuivre la réalisation ?
A notre avis, il y a lieu d’abord de prendre pour base une documentation, méthodiquement ramassée, sur le patrimoine touristique national.
Nous avons constaté l’absence ou l'insuffisance des travaux réalisés à ce jour, qui devraient permettre de se faire une idée précise du tourisme, valeur économique française. Il importe que nous trouvions maintenant les moyens d’établir, dans chacune des organisations intéressées, les statistiques qui font défaut. La première tâche qui s'impose à notre Haut-Commissariat est de donner à tous les groupements qui en dépendent normalement, les directives géné-
rales en vue de l’accomplissement d’un travail d'ensemble de statistiques et de recherches sur le tourisme, d’où sortira une politique touristique nstionale.
Il est regrettable que notre pays, après avoir pris la tête du mouvement qui a abouti en 1920 à la création d’une Alliance Internationale de l’Hôtellerie, l’un des organismes nécessaires du tourisme international, n’ait pu encore définir d’une façon nette sa propre politique touristique Alors que dans d’autres pays — et le nombre de ceux-ci va croissant — les pouvoirs publics ont compris l’importance du facteur touristique dans leur économie, et le favorisent libéralement, en France, nombreux sont encore les aveugles, même dans les milieux officiels. En face du remarquable effort de la Suisse, le plus ancien, de l’Allemagne, de l'Italie (1), et même de l’Espagne, avons-nous en France, étudié le tourisme dans son essence même, en vue d'établir un plan de développement logique de cette richesse latente ? Sommes-nous, en un mot, sortis de la période de désirs, d’espoirs ou de regrets que connaissent ceux-là seuls qui sont directement intéressés au tourisme ?
Nous ne le pensons pas et, sans vouloir comparer les budgets qu’affecte chacun des pays sus-nommés aux organismes officiels de propagande touristique (2), nous demandons instamment l'élaboration d’une ligne de conduite à suivre dans les années qui viennent.
Par un contact permanent avec les groupements intéressés, le Haut-Commissariat pourra se rendre compte des lacunes existantes et sera à même de dégager et de placer sur le plan national les conditions optima de l’avenir touristique français.
I] appartiendra ensuite à chacun de ces groupements de faire l’effort d'organisation intérieure nécessaire pour être à même de réaliser dans leur domaine respectif les buts envi-
(1) Consulter l’ouvrage cité du Prof. Mariotti et la « Revue l’Albergo in Italia » qui a publié plusieurs études à lire.
(2) Chaque pays est intéressé à dissimuler sous diverses rubriques les sommes qu’il dépense pour sa propagande, D'ailleurs, il ne suffit pas d’avoir de gros crédits à sa disposition, encore faut-il savoir les employer utilement. Voir dans l'ouvrage déjà cité du Dr A. Bormann, p. 155, la liste des crédits dépensés pour le tourisme dans les grands pays.