‹ L'HotellerieChapitre 36 sur 112 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

2° La vulgarisation des travaux effectués au fur et à me- Sure par des conferences, cours, exercices, destinés aux praticiens du tourisme, en même temps que dans les journaux d'économie politique.

Nous souhaitons aussi qu’une place un peu plus grande soit faite à l’hôtellerie dans les organisations officielles du tourisme. On peut, en effet, s’étonner que, dans la pratique, les groupements professionnels de cette industrie ne soient considérés que comme des parents éloignés de ceux qui, habituellement, traitent du tourisme dans les Conseils officiels.

Nous prétendons — et nous le prouverons assez — que l'hôtellerie, au même rang que les industries de transport, est une des assises majeures du tourisme. Les grands problèmes touristiques sont de son ressort, puisque journellement elles est appelée à en résoudre de fort délicats par ses propres moyens. Son importance économique de premier plan, encore insoupçonnée mais certaine, lui contère le droit de parler haut, la connaissance complète de la question touristique, que certaines industries, certains groupements, ne voient que sur une face (1), l’autorise à revendiquer enfin la place qui, normalement, lui revient dans la vie économique nationale.

Constatons aussi que notre propagande, la publicité pour la « firme France touristique », est très nettement inférieure à ce qu’elle devrait être. Tous ceux qui voyagent à l’étranger ont été à même de juger le déplorable effet des rumeurs abominables qui sont colportées à l’envi sur nos stations touristiques, thermales, sur l'hospitalité française. Sous formes d’interviews, de notes personnelles, de relations de voyages, paraissent continuellement des articles mensongers qui, à la longue, finissent par mettre en danger le tourisme français. En face de cette campagne de dénigrement systématique, la réaction est faible, pratiquement nulle. On invoque le manque de crédits, puisque toute contre-propagande expose à des frais. Nous en convenons, mais nous'ne som-

(1) Trop souvent, des dirigeants d'association, des personnalités poliliques et même des fonctionnaires, ont émis publiquement des critiques à l’égard de certains hôteliers. Îls ont contribué à la généralisation d’une sorte de méfiance injustifiée contre l'hôtellerie toute entière. Ils ignorent cependant habituellement tout des complexes problèmes qui se posent dans cette industrie et sont toujours mal placés pour énoncer une opinion qui vaille d’être retenue.

| Ve

mes pas du tout persuadé que cela soit une raison suffisante pour abandonner la partie. Avec quelques personnalités bien au courant du tourisme, nous avons préconisé un rapprochement amical entre les publicistes étrangers qui savent nous apprécier et les dirigeants de nos industries touristiques, de l’hôtellerie en particulier. Grâce à des réunions régulières, ia liaison entre tous ceux qui sont intéressés à divers titres à ce que les relations entre les peuples étrangers et le nôtre soient plus étroites, bien des incompréhensions, bien des points de friction pourraient disparaître. Des tribunes, des porte paroles s’offrent à nous. Sachons les utiliser intelligemment et leur marquer notre reconnaissance.

Un de nos grands hommes d'Etat, que nous savons parfaitement au courant des questions de tourisme, a senti la nécessité d'accorder à cette industrie des crédits assez larges. Dans le projet de loi relatif au perfectionnement de l’outillage national, il avait fait réserver une dotation de 39 millions, devant être répartie sur cinq années, en faveur de l’Office National du tourisme. Le projet de loi énonçaït à ce sujet (1) :

« Le tourisme et les industries qui s’y rattachent constituent pour notre économie nationale une source de profits particulièrement importants ; les sommes dépensées par les étrangers sont pour l’équilibre de notre balance des comptes un appoint sérieux. Il importe donc d'attirer de plus en plus les touristes étrangers sur notre sol et d'éviter que la propagande d’autres pays leur fasse abréger ou supprimer leur séjour en France. Le moyen le meilleur pour obtenir ce résultat, paraît être de développer notre propagande à l'étranger, aujourd’hui insuffisamment dotée, propagande par nos produits, tels nos vins de France qui portent à étranger un peu du suc de notre terre et de la chaleur de notre Soleil. Le crédit de 30 millions demandé permettra à l'Office national d'élargir à cet égard son action, etc. »

Regrettons que les circonstances politiques et économiques que l’on sait, n’aient pas permis de réaliser, ni de donner à ce projet la suite qu’il comportait.

(1) Présenté par A. Tardieu, Président du Conseil, Ministre de l’Intérieur, pendant la 2° session extraordinaire de 1929, à la Chambre des Députés. (Voir Annexe au Procès-verbal de la séance du 25 novembre 1929. Documents parlementaires, n° 2479).

EN Ris

De toutes façons, ce qui impvrte surtout, c’est que les crédits publics qui seront ultérieurement affectés au tourisme, trouvent un emploi raisonné et juuicieux, afin que notre politique touristique puisse s’orienter vers la diffusion à l’étranger et en France même d’une publicité simple, claire et moderne. Le Haut-Commissariat, l’Otïice National du Tourisme — secondés non seulement par les industries touristiques proprement dites, mais aussi par le public français tout entier — pousseront des ramifications sur le sol étranger, améliorant celles qu’ils possèdent déjà pour être en mesure de montrer le vrai visage de notre France, douce, accueillante et généreuse.

Page 1