‹ L'HotellerieChapitre 63 sur 112 · FRA · texte numérisé non relu

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rente, est un acte de production de biens. Mais l'hôtel est surtout producteur de services assurés dans des conditions très différentes, suivant la catégorie de l’hôtel, qui atteignent parfois dans leur exécution un degré de raffinement élevé.

Enfin, les biens et les services produits à l’hôtel sont destinés à être vendus, avec l’espoir de réaliser des bénéfices. Et c’est cette commercialisation qui distingue l’hospitalité .qu'offre le particulier à ses amis de celle que l’hôtelier réserve à ses clients. De là, la nécessité d’une formation professionnelle sérieuse, qui mette l’entrepreneur à même d’utiliser l’outillage entre ses mains dans les meilleures conditions, de surveiller et de contrôler les approvisionnements dont il dispose et enfin de réaliser un profit qui doit rénumérer les capitaux investis, couvrir les risques encourus et récompenser le travail fourni. Cette dernière notion est trop souvent méconnue dans les entreprises familiales, ou il n’est pas tenu compte de la main-d'œuvre de la femme, des enfants de l’entrepreneur, interventions ayant cependant une valeur qui doit s'intégrer, nécessairement, dans le prix de revient des services.

Nous aurions aimé, dans l’étude qui va suivre, nous baser sur une documentation vivante, si l’on peut dire, puisée dans les bilans et les comptes d’exploitation d’un certain nombre d’entreprises hôtelières françaises, dont il aurait été intéressant de tirer des enseignements « toutes choses égales, d’ailleurs » qui se dégagent de moyennes consciencieusement établies.

Moins heureux que notre collègue suisse le D' Munch qui, dans son excellente étude (1) a pu disposer d’une belle documentation, nous nous voyons obligé d’analyser l’économie de l’entreprise hôtelière sur des bases qui sont surtout théoriques. Le lecteur comprendra nos raisons qui sont les suivantes :

Les initiés savent qu’un bilan n’est jamais qu’une figuration conventionnelle, exprimant des situations qu’il y a lieu d’interpréter. Or, même si des règles strictes pouvaient être établies prescrivant l’unification des comptabilités (2),

(x) Dr Traucorr Muncn: Das Hotelunternehmen im Lichte betriebswirtschaftlicher Lehre und Praxis, Orell Fussli Verlag, Zurich, Leipzig.

(2) Voir L. Quesnor: Administration Financière, Dunod, Paris 1927, en particuler p. 4x2 et suiv. ce que dit cet auteur à propos du questionnaire présenté par M. Nevmark en 1902 au Congrès International de Statistique tenu à Budapest.

ii n'est enccre pas certain qu’une place assez grande ne devrait être laissée à « l’interprétation » des éléments qu’ils comprennent, à une introspection dans les affaires analysées, que nous ne nous permettrions pas, même sous le signe de l’anonymat, de rendre publique. Nous souhaitons, cependant, que l’industrie hôtelière française, dans sa marche vers le progrès, s’inspire de l’exemple de l’hôtellerie américaine qui tend à « standardiser » la comptabilité hôtelière et préconise des comptes d’exploitation, des bilans types destinés aux moyennes et aux grosses entreprises (1). Ainsi une étude comparative pourrait être faite à tous moments par les capitalistes et hôteliers intéressés, ainsi l’échange de renseignements entre collègues serait facilité et les méthodes modernes de contrôle vulgarisées.

D'ailleurs, nous n’avons pu faire état des données réelles qu'il est aisé de se procurer, car il est impossible de rétablir la valeur exacte des postes de l’actif et du passif des entreprises hôtelières françaises ayant quelque ancienneté. Qui pourrait raisonnablement évaluer, sinon peut-être les entrepreneurs eux-mêmes et encore, ce que représentent les immobilisations de toutes sortes qui forment la majeure partie du capital? Par suite de la dévaluation de notre monnaie, de l'instabilité des dispositions légales concernant la propriété immobilière, de l’accroissement quelque peu spéculatif de la valeur des fonds d’hôtel et enfin de l’augmentation mondiale des prix, l’économiste, même le mieux informé, risquerait de se tromper lourdement en utilisant des données qui ne sont pas comparables. L'auteur suisse auquel nous nous référions plus haut a pu disposer de sources prises dans un pays, dont l’économie n’a pas subi le bouleversement qui s’est produit dans le nôtre.

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