‹ L'HotellerieChapitre 97 sur 112 · AE · texte numérisé non relu

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certains réclament des qualités physiques précises (cuisi-

niers: bons poumons, absence de daltonisme, adresse des mouvements, acuité et finesse des perceptions des sens, absence de hernie, varices, de transpiration et d’engelures des mains (1); employés du restaurant: force de résistance, bonne vision, bonne audition, absence de varices, etc.) (2).

L'étude complète, pour tous les emplois de l’hôtellerie, des conditions techniques, est à faire, et les essais sur cette

matière n’ont que la valeur de tout travail individuel.

Une enquête étendue et approfondie telle que nous l’avons autrefois préconisée est indispensable pour dégager le substratum optimum de chaque emploi dans l’hôtellerie. Les orienteurs et les professionnels ont devant eux un terrain d’études des plus intéressantes (3).

lil. — Point de vue psychologique.

Chacun des emplois dans l’hôtellerie nécessite des aptitudes psychologiques déterminées. Mais, dans l’ensemble, on peut dire qu’étant donné la nature même du travail, une des grandes qualités requises est la souplesse de caractère. Elle permet, tout en conservant sa dignité, de s’adapter aux humeurs changeantes, capricieuses, d’une clientèle avec laquelle le contact est constant. Nous aimerions, reprenant le questionnaire de Lippmann (4), pouvoir rechercher les caractéristiques principales des divers postes dans un hôtel, et nous souhaitons que cette question soit mise à l’ordre du jour d’une réunion de la Chambre Nationale de l’Hôtellerie. De toutes façons, tous les emplois de l’hôtellerie réclament une attention réelle (attention, en général, dite papillonnante), de l’imagination, un jugement rapide et sûr

(1) Voir La Rose des Métiers, de M. MAUVEZIN, p. 147.

(2) Voir idem, p. 150 et 151.

(8) Voir dans la collection des guides des carrières « Carus »: les situations dans l’industrie hôtelière. Voir le compte rendu du Congrès International d'Orientation professionnelle féminine, Bordeaux 1926 (le rapport sur les carrières féminines dans l’hôtellerie) auquel nous avons fourni une étude dont s’est inspiré le rapporteur. Voir aussi la feuille de propagande de l’office des renseignements sur les carrières féminines : « La carrière hôtelière », 214, boulevard Raspail, Paris,

\ (4) Julien FonNTÈeNE, ouvrage cité, p. 95.

ainsi que des qualités morales solides. Nous estimons à cet égard que la profession est, non seulement fonction des connaissances, des aptitudes, mais encore de la force de caractère. Le milieu dans lequel les employés d’hôtel sont appelés à vivre peut les entraîner à imiter, dans la vie privée, le luxe dont ils sont professionnellement les témoins. Et nous avons malheureusement rencontré des jeunes gens qui se sont laissé égarer sur une mauvaise voie, n’ayant pas assez de volonté pour garder la simplicité de vie que commandait la situation qu'ils occupaient.

Une connaissance approfondie des conditions économiques, techniques et psychologiques étant acquise et vulgarisée, il restera aux éducateurs, aux orienteurs, aux hôteliers eux-mêmes, à s’en inspirer lorsqu'ils seront appelés à conseiller la jeunesse dans le choix d’une carrière. Nous savons bien que des formules précises, des méthodes d’orientation professionnelle, ont pu à peine être établies jusqu’à ce jour. Mais la question revêt une telle importance que l'hôtellerie française se doit de collaborer avec les rares techniciens de l’orientation pour la résoudre au mieux des intérêts de la profession et du pays lui-même.

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