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LE DOYEN DE SAINTE-GUDULE

de Lannoy ; puis, à Paris, où il habita chez le célèbre diplomate flamand Ogier Ghiselin de Bousbecques (i).

Nul doute que Pantin n'ait été mêlé, comme Tétait Schott, au monde des savants qui vivaient alors dans la capitale de la France : les Pithou, les Lefèvre de la Boderie, les Scaliger, les Passerat, les Masson. Il mena de front l'étude des lettres et celle de la théologie et fut ordonné prêtre, vraisemblablement avant 1580. Notre pays était alors déchiré par les guerres civiles. Le jeune abbé y rentra vers cette époque, mais il dut le quitter précipitamment.

11 se réfugia en Espagne, où Schott l'avait précédé et était, depuis un an, professeur de grec à l'Université de Tolède. Pantin y fut reçu à bras ouverts, autant par celui-ci que par Antoine Covarruvias, écolâtre et chanoine de la cathédrale. Ce personnage, qui était fort instruit, possédait une bibliothèque très riche. Pantin devint son commensal et put travailler chez lui à loisir. Il y étudia notamment un manuscrit de Jean Damascène qu'il publia plus tard avec la traduction latine.

En 1584, Schott étant parti pour Saragosse, son élève lui succéda et occupa, pendant douze années, la chaire de grec à l'Université.

En même temps, il exerçait les fonctions de lecteur et de bibliothécaire de Don Garcia de Loyasa Giron, archidiacre et par la suite archevêque de Tolède. En outre, il devint chapelain du roi Philippe II.

Les couvents et les palais de l'Espagne étaient alors fort

(i) Ogier ou Auger Ghiselin de Bousbecques « Augerius Gislenus Busbecquius » et non Ghislain de Busbecq, comme on ne dit que trop souvent — Ghiselin est le nom de famille, Bousbecques le nom d'une seigneurie — né à Comines en i522; formé par des maîtres qui furent les élèves de Despautère ; ambassadeur à Londres, à Constantinople, à Madrid et à Paris ; gouverneur des enfants de l'empereur Maximilien ; directeur de la Bibliothèque impériale de Vienne ; archéologue et botaniste ; mort à Saint-Germain, près de Rouen, le 29 octobre 1592. Au cours de ses voyages en Orient, il recueillit la réglisse, le lilas, le glaïeul, la tulipe, le marronnier d'Inde et les introduisit, par la suite, en Europe.

riches en manuscrits grecs et latins. Pantin mit à profit le long séjour qu'il fit dans la Péninsule pour les rechercher, les inventorier et, dans la mesure du possible, les copier. Il le fit avec autant de zèle que de succès. Il put aussi en acquérir un grand nombre.

Le fonds de Don Garcia n'était pas un des moins remarquables du royaume : Pantin y trouva plusieurs pièces rares provenant des archives du cardinal de Mendoza; entre autres, une homélie de Germain de Constantinople qu'il mit en valeur en 1601.

En 1587, le corps de sainte Léocadie fut transféré de l'abba3^e de Saint-Ghislain en Hainaut, à Tolède, sa ville natale. Ce fut, pour notre compatriote, le sujet d'un poème qui vit le jour à Anvers, chez Plan tin, en 1587.

Tout en résidant en Espagne, Pantin restait en relations avec les savants de nos provinces et surtout avec Nicolas Oudart et Juste Lipse. De Tolède, il mande à ce dernier, le 23 juillet 1589, combien il est apprécié à l'étranger. En janvier 1593, il lui fait part de son désir de regagner le sol natal. Mais, il en remet l'accomplissement jusqu'au jour où le pays sera complètement rentré dans le calme.

En réalité, il n'attendit pas aussi longtemps. Il y revint, en février 1596, à la suite de l'archiduc Albert qu'il avait appris à connaître à la Cour et à Tolède, à l'époque où le prince y occupait le siège archiépiscopal.

En Belgique, de même qu'en Espagne, de hautes dignités furent conférées à notre helléniste. L'année même de son retour, il fut investi de la charge de doyen de Sainte-Gudule, à Bruxelles. Il n'avait que quarante ans. Peu après, il fut successivement nommé aumônier-général des armées de Sa Majesté, protonotaire apostolique, prévôt de Notre-Dame de Condé, chanoine de la cathédrale d'Ypres.

Malgré les devoirs absorbants du ministère, Pantin poursuivit avec ardeur, à Bruxelles, ses travaux d'érudition. Son

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