RECEPTE POUR DEVENIR VRAY COURTISAN
« Trois livres d'impudence, mais de la plus fine qui croist en un rocher qu'on appelle Front d'airain. Deux livres d'hypocrisie. Une livre de dissimulation. Trois livres de la science de flatter. Deux livres de bonne mine. Le tout cuict au ius de bonne grâce par l'espace d'un iour et d'une nuict, afin que les drogues se puissent bien encorporer ensemble. Après il fault passer ceste décoction par une estamine de large conscience : puis quand elle est refroidie, y mettre six cuillerées d'eau de patience près trois de l'eau de bonne espérance».
Le temps que nos exilés passèrent à Cologne, en 1579, ne
dut pas leur sembler long. Cette belle ville, agréable séjour, était devenue le quartier général des émigrés : elle fut, pendant plusieurs mois, le siège d'une grande conférence chargée de négocier la paix entre le Gouvernement espagnol et le parti des Etats. Quantité de puissants seigneurs et de hauts personnages assistèrent à ce congrès — qui n'aboutit pas, d'ailleurs ; des banquets somptueux et des fêtes brillantes furent donnés en leur honneur.
François de Maulde en eut sa part. En outre, les loisirs ne lui firent pas défaut et il les mit à profit pour explorer les bibliothèques de la ville et des environs et pour donner ses soins à quelques publications. Il fit paraître en 1579, chez Materne Cholinus, l'Astyanax et le Vellus Aureum, poèmes de l'humaniste Maffeo Veggio de Lodi; en 1580, des éditions critiques, savamment établies et annotées, de Quinte-Curce et des écrivains militaires de Rome, Végèce, Frontin, Modestus, etc. (i).
Toutefois, ces heureux moments ne furent pas de longue durée. Par la scélératesse « d'hommes néfastes » que de Maulde qualifie sévèrement sans les nommer, Charles d'Egmont se trouva, du jour au lendemain, privé de toutes ses ressources. Il dut congédier tous les gentilshommes de son entourage, offrit à François, en souvenir, une coupe d'or ciselé et se retira à Mayence avec une maison réduite à sa plus simple expression.
Quel était le scélérat auteur de tout le mal ? On peut le deviner : sans doute, Philippe d'Egmont, l'aîné des enfants du malheureux comte, qui s'était rallié au parti espagnol et haïssait son frère et ses sœurs. Le même prince, envoyé plus tard, par Philippe II, pour soutenir la Ligue à la tête de 800 lanciers, aurait interrompu, en ces termes, le magistrat de Paris qui lui rappelait le souvenir de son père : « Ne parlez pas de lui, il a mérité la mort, c'était un rebelle ». Philippe
(1) Renseignements bibliographiques très complets dans : P. Lehmann, Fransciscus Modius als Handschriftenforscher », Munich, 1908, pages 39 et suivantes.
fut tué d'un coup de pistolet sur le champ de bataille d'Ivry en 1590.
A Cologne, François de Maulde s'était intimement lié avec un gentilhomme allemand, maréchal héréditaire de Hesse, que les négociations du « Congrès de la paix » avaient amené en cette ville. Il s'appelait Hermann Riedesel d'Aysenbach et résidait à Wurzbourg, à la cour de l'Évêque. Il demanda à notre compatriote s'il ne voudrait pas devenir son secrétaire et l'emmena en Franconie.
Ce n'était évidemment là qu'une position d'attente, car, neuf mois plus tard, Modius obtint la permission d'aller chercher à Cologne de fraîches nouvelles de Belgique.
Elles étaient déplorables. Toutes les réclamations de Charles d'Egmont étaient demeurées inutiles et, c'était en vain que de puissants protecteurs avaient intercédé pour lui, par écrit. Ce qui s'imposait, c'était l'envoi sur les lieux d'un homme dévoué, sûr et habile. Il fallait plaider auprès des États et du prince d'Orange la cause du jeune seigneur dépossédé. On supplia de Maulde de se charger de cette mission délicate et périlleuse. Il accepta, persuadé qu'il pourrait, du même coup, mettre ordre à ses propres affaires et se mit en route. Il était fondé de pouvoirs et porteurs de lettres de créance de trois princes allemands, parents du comte : c'étaient Charles-Louis, prince électeur palatin, le duc Jean-Casimir et le duc de Simmern.
Hélas I toutes les espérances étaient fausses et la désillusion fut complète 1 Le voyage fut long et coûteux, et des mois se passèrent en négociations inutiles. De Maulde y perdit son temps ... et son latin. Bien plus, il dut, à différentes reprises, subvenir de ses propres deniers à la détresse de son jeune maître.
Le retour fut marqué par des incidents qui méritent d'être rapportés. Notre émissaire avait couru de si réels dangers, en se rendant dans nos provinces, qu'il décida de faire un immense détour pour revenir à son point de départ. Il s'en
fut à Amsterdam avec l'idée d'y prendre la mer jusque Brème et de gagner, de là, Cologne en remontant le Weser et en traversant toute la Westphalie, Cette route lui paraissait plus sûre et puis, il le confesse, il avait le désir de s'instruire et de voir du pays.
Mais, il sera toujours vrai que la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre !
Parti d'Amsterdam, le 6 juillet 1581, le navire portant Modius et sa fortune quittait à peine la côte qu'il tomba aux mains des corsaires. Ceux-ci, qui n'étaient, sans doute, autres que les Gueux de mer, visitèrent le bâtiment et firent main basse sur tout ce qui était à leur convenance : on avait à bord plein chargement de vins. Les passagers étaient d'inoffensifs marchands. Notre gentilhomme, qui était, certes, le personnage le plus distingué de la compagnie, fut aussi le plus maltraité. Il eut beau protester avec la dernière énergie et faire état des recommandations émanant de princes du sang, les pillards le traitèrent comme un ennemi personnel et ne lui rendirent la liberté qu'en échange de quelques pièces d'or.
Le vaisseau put enfin reprendre sa route. Mais, il fut assailli, peu après, pendant plus de trente-trois heures, par une tempête si furieuse que le vieux timonier, qui depuis quarante ans tenait le gouvernail, déclara n'en avoir jamais vu de plus épouvantable. Les cris de terreur des matelots et des voyageurs alternaient avec le bruit de la mer et les lamentations du vent. Seul Modius ne proféra aucune plainte et il nous apprend lui-même qu'en ces terribles moments il ne lui échappa aucune parole, qui fût indigne d'un philologue ou d'un chrétien.
Il priait Dieu en silence.
Son oraison fut écoutée, car le transport atteignit enfin l'embouchure du Weser, et notre navigateur sain et sauf, mais absolument démuni d'argent, put rentrer à Cologne. Le comte Charles dut se résigner à partir pour la cour du duc de Juliers et Modius se mit en devoir de regagner son ancien poste. Pour comble de malheur, il rencontra le maréchal de
Hesse, à la grande foire de Francfort, et celui-ci lui apprit que, désespérant de le voir revenir, il avait accepté les services d'un gentilhomme thuringeois.
Fort heureusement, de Maulde trouva du secours chez le doyen de Combourg et de Wurzbourg, Erasme Neustetter, un ancien élève de Louvain, qui avait résidé à Gand, à Malines et à Anvers. Très libéralement, ce prélat invita notre compatriote à venir demeurer chez lui. Il le traita avec une exquise bonté et en fit son compagnon de voyage et de villégiature, notamment à Carlsbad et à Wiesbaden, à Francfort, à Rothenburg a. d. Tauber, etc. Il pourvut, en outre, avec une munificence princière, à tous ses besoins. Il ne négligea pas non plus le « cadeau utile » et Modius, qui avait la mémoire du cœur, tint soigneusement note de ces largesses : un pourpoint de soie gros-grain, fourré de peau noire ; un justaucorps de drap avec douze agrafes d'argent; une tunique de buffle avec passements d'or; des bottes à revers doublées de taffetas, avec des franges. Sans compter les manteaux de drap doublés de soie, les gilets à passements d'or avec boutons d'argent, les hauts de chausse, et ce que l'on appelait alors « la petite-oie », les accessoires de toilette : bas, chaussures, gants, etc.. Chapitre des chapeaux : un bonnet de voyage, bordé de martre, une coiffure de gala avec cordelière dorée, une barette de soie.
Notre humaniste demeura dans ce séjour enchanteur du 26 octobre 1581 au 17 septembre 1584. En avril 1584, il fit le compte de ses déplacements, soit 404 milles allemands, parcourus depuis son entrée dans la maison. Il calcula aussi le total des gratifications qu'il avait reçues de son bienfaiteur, indépendamment du principal. Elles atteignaient le chiffre de trois cents florins de Brabant : somme considérable, car le florin de Brabant valait quatre francs poids argent et la valeur de l'argent était alors relativement bien plus grande qu'à notre époque.
C'était « le bon temps )» et ce fut aussi un temps de fécond labeur. En 1583, François de Mauldc publia le récit, en prose et en vers, de son voyage à Carlsbad : « Hodœporicum Francicum seu Thermae carolinas ».
Puis, il offrit au doyen un joli volume de vers latins : « Poemata ». Ce recueil comprend vingt-deux élégies, vingt-cinq « funera », dix-huit « silva3 », soixante-trois épigrammes et quelques poèmes religieux. On y remarque d'innombrables pièces concernant tous les amis de l'auteur et donnant sur eux des détails qui sont fort caractéristiques. D'autres pages sont dédiées à une jeune beauté, qui avait touché le cœur du poète et demeura insensible. L'élégie xxi, intitulée « i^lchymia » est une spirituelle adaptation latine de la « Comparaison des alquimistes à la bonne femme qui portoit une potée de lait au marché » de Bonaventure Des Périers, cette épreuve avant la lettre de la célèbre fable de La Fontaine.
Quelques mois après, parurent les « Novantiquae lectiones», ouvrage capital que Modius avait préparé de longue main et qui devait le placer au premier rang des philologues contemporains. Il y examinait un très grand nombre de passages des auteurs latins et les corrigeait presque toujours par la comparaison des manuscrits. On est frappé du nombre considérable de « codices » qu'il a pu collationner. Il n'épargnait ni le temps ni les peines pour aller les étudier partout où il s'en trouvait, ni les instances pour en demander l'envoi à leurs heureux détenteurs.
Il mettait à les découvrir l'énergie, la ténacité et le flair du plus passionné des chasseurs en quête de son gibier favori. On lui avait promis des manuscrits de Plante, il les réclame en ces termes : « Éveillé, endormi, lisant, écrivant, mangeant, buvant : je les veux, j'y pense, j'en rêve » (i).
(i) « Vigilans, dormiens, legens, scribens, edens, bibens : hos volo, hos cogito, hos somnio ».
De la sorte, et tout en réagissant contre les abus de la critique conjecturale, l'auteur put améliorer le texte de plusieurs discours de Cicéron, d'après des manuscrits de Cologne. Il étudie Properce, d'après un manuscrit de Sambucus, de Vienne ; Fulgentius Planciades, d'après des manuscrits de Cologne, de Siegenberg, de Wùrzbourg et de Louvain ; Germanicus, d'après un manuscrit de Malines, fort ancien, appartenant à Jacques Susius. Pour Lucain et Martial, il a eu entre les mains des manuscrits que Johannes Weidner, directeur de l'école de Halle, lui a envoyés ; pour Sénèque, des manuscrits réunis par Posthius et plusieurs codices des couvents de Wùrzbourg. Il trouva, dans la bibliothèque de Sturmer, de bons manuscrits des épîtres de Pline ; à Cologne, des manuscrits de Macrobe et de Censorinus ; à Aysterbach, un « codex longe antiquissimus » de Celse. Outre ces nombreux auteurs, il a encore pu collationner Stace, Tite-Live, Tertullien et Valère Maxime. Mais, les écrivains auxquels le savant critique s'attache de préférence sont Hygin, Calpurnius, Lucain, Silius Italiens, Censorinus et Fulgentius Planciades. Il avait l'intention de donner des éditions complètes des trois derniers. « De Silius Italiens », a dit L. Roerscli, « il avait collationné un manuscrit » d'une valeur exceptionnelle, qui se trouvait à Cologne. » Déjà L. Carrion avait connu ce manuscrit et en avait publié » quelques leçons dans ses « Emendationes », publiées à » Anvers en 1576 ; il semble même avoir collationné tout » le manuscrit sur une édition gryphienne de Silius, qui se » trouvait encore, au xvii^ siècle, au collège des Jésuites, à » Anvers ; mais le manuscrit lui-même, ainsi que la collation » de L. Carrion, sont malheureusement perdus. Il faut » attacher d'autant plus de prix aux extraits que Modius » nous a donnés de l'importante copie, et il est heureux qu'il » les ait largement prodigués ».
Aux auteurs qui viennent d'être cités, il convient d'ajouter Tacite, qui fut pendant longtemps l'objet des recherches spéciales de l'auteur des « Novantiquae lectiones ». Celui-ci
mit fort coraplaisamment à la disposition de Lipse, l'illustre éditeur de Tacite, un exemplaire de cet écrivain annoté par Rodolphe Agricola. Il lui passa également des notes que lui avait suggérées la comparaison de l'ancienne édition de Rome avec la Vulgate, et enfin un manuscrit qu'il avait trouvé à Bamberg et acheté pour Sturmer. Cet envoi fut à Lipse du plus grand secours pour sa célèbre édition de 1585 (Anvers, Plantin).
C'est sous forme de lettres que Modius présente dans son livre ses observations critiques. Ses épîtres, au nombre de cent trente-trois, sont adressées aux représentants les plus illustres de la philologie classique et à quantité de personnages célèbres : le géographe Ortelius, l'imprimeur Henri Estienne, Marc-Antoine Muret, Fulvio Orsini, le botaniste Dodonée, le prince Philippe de Croy, André Schott, Charles van Utenhove, François Nans, Guy Laurin, Juste Lipse, Etienne Pighius, etc.
Pareil ouvrage constitue, faut-il le dire, indépendamment de sa valeur intrinsèque, qui est considérable, une mine précieuse de renseignements sur les bibliothèques de l'époque, et sur les trésors qui s'y trouvaient contenus (i). Que de richesses inventoriées par l'auteur sont à jamais perdues I
A la fin de l'année 1584, cédant aux instances de ses proches et de ses amis, Modius se décida à quitter la Franconie et à reprendre la route des Pays-Bas. On lui avait
(i) La chose est si vraie que tout récemment M. Paul Lehmann, « op. cit. », a consacré tout un volume à étudier les renseignements donnés par Modius sur les bibliothèques qu'il a visitées. Il nous y fait connaître avec le plus grand détail, s'il y a lieu, les différents manuscrits que Modius y a copiés ou collationnés et le parti qu'il en a tiré. De plus, M. Lehmann nous renseigne également sur ce que nous pourrions appeler la destinée ultérieure des dits manuscrits. Parmi ceux-ci, il en est de tout à fait excellents : parfois, ils existent encore, l'auteur les a identifiés et sait où ils se trouvent ; d'autres, au contraire, comme le Justin de Fulda et le Silius Italiens de Cologne sont malheureusement détruits ou perdus.
assuré que tout y était rentré dans l'ordre et qu'il y trouverait le calme et la sécurité. Il fit de touchants adieux à celui qui l'avait accueilli comme un fils. Au moment du départ, le généreux doyen lui glissa dans la main cent thalers impériaux.
Les deux amis ne devaient plus se revoir.
Sur le chemin du retour, François s'arrêta quelque temps à Fulda et à Francfort ; puis, au cœur de l'hiver, il se rendit à Cologne par eau. En débarquant, il tomba dans le Rhin, mais cet accident fut sans conséquence. De là, il gagna Aix-la-Chapelle et Liège en voiture, remonta la Meuse jusque Namur et fit en voiture le trajet de Namur à Mons, Tournai et Courtrai. A Courtrai, il dut attendre, pendant trois semaines, avant de pouvoir rentrer à Bruges, tant le chemin battu en tout sens par les garnisons anglaises de l'Ecluse et d'Ostende offrait peu de sécurité. Il y parvint enfin, sans encombre, à la fin du mois de mai, en compagnie de trente à quarante cavaliers, de trois cents hommes d'armes et d'une foule immense de voyageurs résolus à se défendre avec la dernière énergie. Mais, là, il ne trouva que ruine et misère, son patrimoine était tombé à rien ; de ses propriétés, les unes étaient sous l'eau, les autres ne pouvaient se louer.
Presque tous ses anciens amis s'étaient vus contraints de quitter « l'Athènes de la Belgique ». Marc Laurin était mort en exil à Calais, après avoir été dépouillé de ce qui faisait la joie de son existence, ses collections bien-aimées. Le docteur Giselinus exerçait son art à Rouen, n'ayant pu réussir à entrer dans la faculté de Leyde. Nans et Meetckerke avaient passé au protestantisme. Le premier était devenu professeur de belles-lettres en Hollande. Le second, diplomate et homme politique, avait été envoyé en mission par les États auprès d'Elisabeth d'Angleterre et du duc d'Anjou ; puis, avait pris part à l'administration calviniste de Gand. Carrion résidait en France. Guillaume Pantin reposait en l'église Sainte- Walburge. Mort aussi le vieux Jacques Cruquius. Seul, Jean van Leernout vivait à Bruges : il avait été nommé conseiller
en 1578, lorsque la ma^s^istrature était tombée aux mains du parti protestant. Depuis lors, les nobles et les ecclésiastiques étaient suspects. Toutes les sources de prospérité étaient taries. La ville était épuisée, affamée, exsangue. Ce sont les propres expressions de notre voyageur.
Il ne demeura qu'un mois dans ce lieu d'infortunes et reprit désolé le chemin de l'Allemagne. Il rentra à Francfort ayant laissé en route, à tous les buissons du chemin, ses meilleures espérances et ses dernières illusions.
A Francfort, Modius dut vivre de sa plume et, de même que Rabelais, se trouvant un jour fort dépourvu, s'engagea comme correcteur d'imprimerie chez Gryphius à Lyon, notre gentilhomme entra, le 22 septembre 1585, au service du grand éditeur Feyerabendt. Il y resta jusqu'à Pâques 1587, gagnant d'abord un florin, puis deux thalers, par semaine, et la table. Il fut employé ensuite, en la même qualité et aux mêmes conditions, par le typographe Wechel. Ce salaire paraîtra modeste. Cependant, joint à ce que rapportait à notre auteur la vente de ses ouvrages, il ne fut pas sans constituer un joli revenu. En un an, François gagna chez Feyerabendt 1.690 florins de Brabant : c'était un traitement magnifique. D'autre part, les personnages et les corps constitués auxquels il dédia ses volumes lui firent tenir, suivant l'usage, de généreuses gratifications et de riches présents : une chevalière, une montre en or, une coupe d'or avec couvercle, un curedents orné de pierres précieuses.
Modius apportait, du reste, à ses fonctions le plus grand zèle. Il publia, au cours de ces deux années, de très nombreux volumes, enrichis de notes et commentaires de sa main, notamment d'importants ouvrages de droit (i). Je ne puis ici les faire connaître en détail : je considère, du reste, ces
(i) J'en ai donné la liste dans la « Biographie nationale », tome XIV, colonnes 932-933.
travaux plus comme des besognes de librairie que comme des œuvres scientifiques proprement dites.
Notre humaniste collabora également à deux charmants recueils, illustrés de fort belles gravures du célèbre artiste Josse Amman (i). Ils reproduisent les costumes de tous les dignitaires de l'Église et de tous les ordres religieux, ainsi que les habillements féminins de toutes les contrées de l'Europe. Chaque planche est accompagnée de quelques vers latins. Le second ouvrage, le « Gynécée ou Théâtre des femmes », dédié à la reine de France Elisabeth (Isabelle) d'Autriche, veuve de Charles IX, a été réimprimé en fac-similé à Manchester en 1872 et à Munich en 1880. Il comprend 122 planches très curieuses ; notre Belgique y est représentée par une jeune fille, une dame de qualité, une bourgeoise flamande et une servante.
En 1586, de Maulde termina, après de longues et patientes recherches, un ouvrage des plus considérables qu'il intitula : « Pandectes triomphales ».
Il y décrit les grandes cérémonies de l'antiquité et des temps modernes : inaugurations et joyeuses entrées, joutes et tournois, cortèges solennels ; et notamment, l'entrée de Philippe le Bon et du duc d'Orléans à Bruges en 1440 et celle de Philippe II à Gand en 1549. Puis, il donne de nombreux détails sur les principaux tournois et combats singuliers qui ont eu lieu, tant en Allemagne que dans le reste de l'Europe, avec la liste de tous les personnages de distinction qui y assistèrent. Les ordres équestres de Franconie, de Souabe et du Rhin, auxquels les « Pandectes » furent dédiées, firent parvenir à l'auteur la somme de 791 florins de Brabant.
Peu de temps après, Modius fit paraître une édition de Justin qu'il dédia à Frédéric, comte palatin du Rhin. Elle reproduisait avec des notes fort intéressantes le texte de Bongarsius et fit autorité jusqu'en ces dernières années.
(i) « Cleri totius Romanae ecclesiae... habitus », Francfort, i585. « Gynaeceum sive theatrum mulierum », ibid., i586.
Tels sont les principaux monuments de l'activité de notre compatriote pendant son séjour à Francfort. Il nous reste encore un autre souvenir tangible de sa résidence en cette ville : son portrait, par le graveur renommé J. Sadeler. Cette œuvre, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque royale de Belgique, est pleine de caractère. L'original avait perdu cependant toute la fraîcheur de la jeunesse : figure ravagée d'intellectuel à l'air maladif, à l'œil inquiet, légèrement m3^ope, physionomie triste d'un homme désabusé. Les cheveux coupés court et la petite moustache tombante feraient prendre le personnage pour un contemporain, n'était le pittoresque costume du temps : le mantelet seigneurial, la large fraise avantageuse, le justaucorps en ventre d'oie, la grande chaîne d'or faisant trois fois le tour du cou. D'une main, de Maulde s'appuie sur la garde de son épée ; de l'autre, il tient un volume à fermoirs. Au-dessus, ses armoiries ; au bas, ces deux vers, qui dépeignent heureusement l'homme, sa philosophie et ses aspirations :
« Tristia sive secunda fluant, in utrumque parato, Dulce mihi in libris vivere, dulce mori est » (i).
A cette époque, notre philologue s'était constitué une fort belle bibliothèque. Le manuscrit de Munich en donne le catalogue avec de curieuses indications sur le prix des volumes qui la composaient.
Et cependant, de Maulde rêvait de revoir sa patrie. L'Allemagne demeurait pour lui une terre d'exil. Plusieurs de ses compatriotes y occupaient avec distinction des chaires universitaires et s'y étaient établis sans espoir de retour : à ce moment-là, il ne songea pas à les imiter.
En Belgique, dans certaines régions tout au moins, la paix revenait et les nuages de tempête qui avaient si longtemps obscurci le ciel semblaient se dissiper. Charles d'Egmont était
(i) Viennent la bonne ou la mauvaise fortune, prêt à l'une comme
[à l'autre, Dans les livres, il m'est doux de vivre, il m'est doux de mourir.
déjà rentré au pays. Il était revenu à meilleure fortune et pressait vivement son ami de venir le rejoindre, non pas en Flandre, toujours en plein bouleversement, mais dans le Hainaut, plus sûr, mieux défendu. Pour un avenir plus éloigné, le comte songeait aussi à un voyage en Italie et se voyait déjà pélerinant vers cette terre classique des sciences et des arts, avec son ancien professeur.
Celui-ci ne balança pas longtemps. Son seigneur l'appelait: il suffisait. Il quitta, le 12 décembre 1587, la ville où il avait passé peut-être le meilleur de son existence, deux années laborieuses et calmes, dans l'atmosphère sereine du cabinet d'études, au milieu des vieux livres et des chers manuscrits...
Dix jours après, Modius se trouvait à Bonn. Il était allé y saluer de vieux amis, notamment le doyen Jacques Campius. Il se disposait à continuer sa route le 23 décembre, lorsque, pendant la nuit qui précédait son départ, il fut réveillé en sursaut par une formidable détonation. C'était Martin Schenck de Nideggen, un des plus cruels « condottieri » de l'époque, qui venait surprendre la coquette cité rhénane. Parti de Neuss avec trois cents hommes décidés, le farouche capitaine, qui guerroyait pour le compte des Etats néerlandais, avait tout ravagé sur son passage. Il venait de faire sauter une des portes de la ville et faisait irruption avec ses soudards et sa cavalerie dans les rues endormies. La résistance fut courte et vaine. Schenck occupa promptement le marché et la grand'garde. Le gouverneur de Bonn, Charles de Billehé, baron de Vierset, gentilhomme liégeois, s'enfuit mi-vêtu à travers les fossés des fortifications ; une partie de la garnison suivit son exemple. Le reste fut fait prisonnier et la ville fut livrée au pillage.
Modius, qui avait sauté sur son épée, fut promptement désarmé, grièvement blessé à la tête et au bras gauche et jeté brutalement en prison. On lui enleva tout ce qu'il possédait et on ne consentit à lui rendre la liberté que, deux mois après,
moyennant une forte rançon. Le pauvre chevalier dut payer 225 florins de Brabant en espèces sonnantes et trébuchantes et, suivant l'usage de l'époque, faire face lui-même aux frais de son entretien pendant toute son incarcération : soit deux thalers et une mesure de vin par jour, sans compter les honoraires du chirurgien, le compte de l'apothicaire (douze florins dix-sept sous) et autres menues dépenses.
Le 12 février 1588, il put abandonner son cachot humide et froid et recouvrer sa liberté, non sans avoir laissé encore entre les mains de son geôlier quatre-vingts thalers et offert un double ducat à M"^ la geôhère. Il avait perdu toutes ses économies dans cette aventure et grevé l'avenir en empruntant une forte somme à son ami le doyen. Il était malade et grelottait la fièvre. Ses blessures se cicatrisaient lentement, et comme un malheur n'arrive jamais sans un autre, il fut attaqué, peu après sa sortie de prison, par un vilain molosse qui lui fit à la jambe droite une morsure très cruelle et très longue à guérir. Enfin, le 17 février, François de Maulde quitta ces lieux maudits et prit place, pour quatorze florins, sur un bateau à destination de Cologne.
Mais les souffrances, les privations et l'inquiétude l'avaient complètement épuisé. A Cologne, il se trouva dans l'impossibilité de continuer sa route : il dut se mettre au lit et fit une grave maladie. Il y demeura, du 23 février au 24 août, chez Guillaume Pryngheel, chanoine de Sainte-Marie, et nous savons exactement ce qu'il y dépensa :
1° Bois, chandelles, bière et pain 49 florins de Brabant ;
2° Logement, service, etc. . .
3° Nourriture et boisson . . .
4° A la pharmacie « Im Roose ».
5° Port de lettres
6*» Un messager 11 —
7° Procurations, actes notariés
Quant à son chirurgien et à son médecin, le docteur Adam Knauff, il ne put les payer.
La santé revint avec l'été et François put songer à terminer
sous ;
0 sou ;
sous ;
sous ;
sous ;
sous 1/2
son voyage. Il répare le désordre de sa garde-robe et se met en garde contre de nouvelles attaques. Il achète des vêtements et des armes :
1° Étoffe, drap et fournitures . . . 146 florins ;
2<^ Au tailleur, pour façon .... 9 — 7 sous 1/2 ;
3° Deux paires de chaussures et une
paire de mules 3 — 8 sous ;
4° Une paire de bottes, éperons . . 3 — 16 sous ;
5° Un bonnet de soie 2 — 6 sous ;
6° Une paire de bas 2 — 16 sous ;
7° Chemises, mouchoirs, etc. ... 7 — o sou ;
8° Une valise 2 — 16 sous ;
9° Une écritoire 2 — 16 sous ;
10° Une rapière 2 — 10 sous ;
11° Un poignard i — 16 sous 1/2 ;
12° Un sac 3 — 4 sous.
Le croirait-on ! Notre vo5^ageur eut toutes les peines du monde à arriver à Trêves. Du 25 août au 26 septembre, il dut s')^ prendre à trois fois, tant les routes étaient peu sûres. Il y parvint enfin, le 3 octobre, mais dans quel état, grand Dieu I et après quelles péripéties ! Dévalisé par une bande de pillards qui ne lui firent grâce de rien, pas même de ce qu'il avait soigneusement caché dans son haut-de-chausses : notamment, un double ducat, six réaux d'or, cinq philippes d'argent, quatre rixdales et demi, et deux thalers en monnaie de Brabant et de Cologne. Des soldats espagnols intervinrent heureusement et lui rendirent son caban et son manteau, sans quoi il se serait trouvé dans le plus simple appareil. A ces braves militaires, de Maulde offrit — avec quel argent, nous nous le demandons — deux florins cinq sous de gratification.
Cette courte expédition, qui aurait pu tourner plus mal, lui coûta 140 florins 17 sous. Des fonds lui parvinrent, d'ailleurs, promptement . Modius en profita pour passer en paix vingt- trois jours à Trêves. Ce n'était pas trop pour se remettre des
fatigues et des émotions de la dernière étape, pour visiter les magnifiques monuments de la ville, feuilleter les manuscrits de la bibliothèque de l'abbaye et flâner dans les boutiques des libraires. Il y fit l'acquisition de quelques volumes de piété et de quelques ouvrages d'érudition, et fit relier, pour 7 sous, son Tite-Live in-folio qui venait de paraître : excellente édition, souvent réimprimée par la suite (i).
Dans ses promenades aux environs de la ville, François vit un endroit où d'innombrables poteaux témoignaient que plus de cent victimes, hommes et femmes, avaient péri récemment, brûlés vifs, convaincus de sorcellerie. Durant son séjour, un docteur célèbre et très fortuné, qui avait souvent administré la cité au nom de l'archevêque, y fut incarcéré pour le même crime. « La région tout entière est, du reste, livrée aux maléfices ». Modius, de même que les esprits les plus distingués de son temps, croyait fermement à la magie (2).
A Luxembourg, notre gentilhomme fit l'acquisition d'un cheval qu'il paya "jz florins 18 sous et dépensa plus de 10 florins en poudre, plombs et munitions. Il reprit sans encombre le chemin de la Belgique et arriva à Arlon le 31 octobre. Le reste de son voyage se passa sans incident. Son agenda signale, de relai en relai — Saint-Hubert, Wellin, Givet, Petit- Mortagne, Couvin, Chimay, Glageon — ses dépenses quotidiennes sans autre commentaire. Les mauvais jours étaient passés.
Le 5 novembre enfin, il parvint à destination, à Glageon, près d'Avesnes (département du Nord) et put se jeter dans les bras de Charles d'Egmont. C'est à ce jour que s'arrête le mémorandum contenu dans le manuscrit de Munich.
(i) Voir les indications bibliographiques complètes dans Lehmann, op. cit., page 46.
(2) Juste Lipse tomba un jour de cheval, aux portes de Louvain, et se fit une blessure assez sérieuse, « parce qu'il avait rencontré une femme suspecte d'avoir commerce avec le diable » : c'est, du moins, le motif qu'il en donna lui-même dans sa correspondance.
On comprendra facilement quelle dut être la joie des deux amis, réunis enfin après tant de traverses. Quelles délices de pouvoir reprendre en commun, sur le sol de la mère-patrie, sinon en face des horizons familiers, les conversations interrompues et les travaux commencés. Voir se réaliser enfin ces chères espérances si longtemps caressées et toujours déçues!
Les malheurs avaient mûri le jeune comte et il songeait au sacerdoce. Le 15 mars 1588, il avait été nommé par le roi Philippe II prévôt du chapitre de l'église collégiale de Saint- Pierre d'Aire en Artois. « L'on a pris des informations sur ses qualités, idonéités et mœurs, dit la lettre royale ; il est délibéré pour tourner à l'état ecclésiastique, continuant ses études au dict effet et il est d'âge compétent. » Charles prit solennellement possession de son siège, le 4 juin 1589, et fut reçu à Aire avec les plus grands honneurs.
Peu après, à son intervention spéciale, une prébende de chanoine «non sujette à la prêtrise » fut accordée à Modius, «son pédagogue et gouverneur ». C'était r«otium cum dignitate ».
Toutefois, une calme existence, à l'ombre d'une église, dans un coin de «province»^ ne pouvait convenir, semble-t-il, au sire d'Egmont: Modius ne sut non plus s'en accommoder, tout d'abord. Le comte quitta Aire en 1591 pour n'y plus rentrer. François l'accompagna pendant quelque temps dans ses voyages; puis, il se sépara de lui.
En 1591 et en 1592, nous retrouvons notre philologue, cherchant quelque situation en Allemagne. Il réside à Heidelberg, à Augsbourg, à Nuremberg, à Ingolstadt.
Peu s'en fallut qu'il ne fût nommé, en octobre 1591, professeur de droit canon à l'Université de Wurzbourg; mais sa santé était si délabrée qu'il dut renoncer à revêtir la toge. Le même motif l'empêcha, un peu plus tard, d'entrer à la cour de l'évêque de Bamberg et de partir en ambassade pour le Danemark avec Charles d'Egmont.
En avril 1592, le pauvre Modius, qui n'était pas encore
parvenu à payer les dettes contractées à Bonn, se vit forcé de faire appel à la générosité des Fugger, les opulents financiers d'Augsbourg. Il s'offrit à traduire pour eux en latin tous les documents français, italiens, allemands ou «belges» — c'està-dire flamands — qu'ils voudraient lui confier.
Enfin, en 1593, il se résigna au seul parti raisonnable qu'il pût prendre. Désireux de jouir du repos et du bien-être qui lui étaient si nécessaires, il revint à Aire et s'y adonna dès lors, sans aucune arrière-pensée, à ses études favorites.
Sa correspondance avec Juste Lipse et d'autres humanistes nous le montre tout à ses travaux, projetant de publier des éditions savantes de quelques auteurs latins. Il put reconstituer, en Artois, une belle bibliothèque ; j'en possède un inventaire contemporain que j'ai publié en 1900, dans le bulletin de la Société des antiquaires de la Morinie.
En juillet 1595, de Maulde tint sur les fonts baptismaux le petit François Ogier, fils du poète Simon Ogier. L'heureux père, dans une de ses plus jolies pièces, nous fait le gracieux portrait du « moutard » suspendu au sein de sa mère, à la chevelure dorée,
La fréquentation d'amis cultivés, les recherches poursuivies en toute liberté à travers livres et manuscrits et, par dessus tout, la sécurité, le calme et la paix retrouvés après une existence aussi agitée, embellirent, espérons-le, les dernières années de Modius et lui firent oublier ce qu'il avait souffert. Il mourut à Aire le 22 janvier 1597 et fut enterré en la collégiale. Il n'avait que quarante ans I
Suivant l'usage, ses amis célébrèrent son mérite et ses vertus en vers latins, et c'était vraiment là l'oraison funèbre qui convenait à ce poète et à ce philologue.
Telle fut l'existence de ce Brugeois du XVI^ siècle, véritable chevalier errant, éternel exilé, mort prématurément après avoir traîné de par le monde vingt ans de misères et de déceptions.
A tout prendre, ce fut une triste odyssée.
Mais son héros, on me l'accordera, valait d'être connu. Il m'apparaît comme un type accompli de la noble race flamande, intrépide dans le danger, persévérante dans l'effort, courageuse dans l'infortune, dévouée à ses amis. A son seigneur, il demeura inébranlablement fidèle.
Et ce gentilhomme de bonne trempe fut aussi un vaillant chevalier de la plume. Ses travaux ont sauvé, à tout jamais, son nom de l'oubli. Si nous devons toute notre sympathie à l'ouvrier, son œuvre commande notre admiration.
Certes, l'auteur des « Novantiquae Lectiones » ne s'est pas acquitté de sa tâche avec la rigueur, la précision et la méthode que réclamerait la critique contemporaine. Il a travaillé en vrai savant du xvi^ siècle, décrivant arbitrairement et incomplètement les manuscrits qu'il avait sous les yeux, faisant preuve à la fois de perspicacité et d'inexpérience, admettant de pair des corrections excellentes et des leçons tout à fait fausses.
Mais, si notre compatriote eut les procédés de travail et les défauts des hommes de son époque, il en eut aussi toutes les qualités : la puissance et la fécondité, l'énergie, le courage, la ténacité et l'entrain.
A ces titres, François de Maulde demeure une des gloires les plus pures de l'humanisme belge.
Enfin, par-dessus le personnage que je me suis attaché à faire revivre par tant de menus détails, m'apparaît l'époque à laquelle il vécut, notre pauvre et grand xvi^ siècle, sombre temps... mais si fertile en hommes de valeur et en beaux caractères, si fécond en exemples salutaires, si prodigue d'utiles leçons.
SOURCES
On trouvera toutes les références et indications bibliographiques dans les travaux suivants que nous avons consacrés à Modius :
1. Notice sur Modius, dans la « Biographie nationale », tome xiv, colonnes 921-935.
2. « La bibliothèque de François Modius et de Richard de Pan à Aire et à Saint-Omer », Bulletin historique de la Société des Antiquaires de la Morinie, Saint-Omer, 1900, 192^ livraison.
3. « Les aventures d'un gentilhomme flamand », Revue Générale, Bruxelles, 1907, numéros de mai et juin.
4. « Particularités concernant François Modius », Musée belge, tome XII, 1908, pages 73-85.
Deux travaux importants ont été consacrés en Allemagne à notre personnage :
1. G. K. Seibt, « Francisons Modius, Rechtsgelehrter, Philologe und Dichter der Corrector Sigmund Feyerabends », Francfort, 1882 (Studien zur Kunst-und Culturgeschichte 11).
2. Paul Lehmann, «Franciscus Modius als Handschriftenforscher», Munich, 1908 (Quellen und Untersuchungen zur lateinischen Philologie des Mittelalters, herausg. von L. Traube, m, i).