CHAPITRE VII
UN ARCHEOLOGUE PIGHIUS
Etienne Winandus Pighius naquit, en 1520, à Kampen dans rOver-Yssel. A son nom de famille qui était Wynants, il adjoignit celui de Pighius, en souvenir de son oncle maternel, le célèbre théologien, Albert Pigghe ou Pighius. Souvenir bien mérité, car le savant prêtre avait pourvu généreusement à l'éducation de son neveu et l'avait envoyé étudier les lettres à l'Université de Louvain.
Le jeune homme s'y lia d'étroite amitié avec Antoine Morillon, fils du secrétaire de Charles-Quint. Par la suite, les deux condisciples vécurent fraternellement ensemble, en Italie et à Bruxelles.
En 1547, Etienne partit pour la Péninsule. Il y séjourna pendant huit années, recherchant avec une ardeur infatigable les vestiges du passé, décrivant les monuments, collectionnant les monnaies, copiant les inscriptions antiques. Fait à noter, pour ses travaux épigraphiques, il usait déjà du procédé mécanique de l'estampage que Lepsius et Philippe Le Bas devaient vulgariser trois cents ans plus tard (i). De plus, Pighius était un dessinateur doué d'un talent très souple : il remplit son album de croquis documentaires des plus intéressants.
(i) S. Chabert, « Histoire sommaire des études d'épigraphie grecque », Paris, 1906, page i52.