LE DOYEN DE SAINTE-GUDULE PIERRE PANTIN
L'histoire de l'humanisme belge à l'époque de la Renaissance peut se diviser en deux grandes périodes.
Tout d'abord, nos humanistes chassent « la barbarie » des écoles. Ils renouvellent les méthodes d'enseignement, ils répandent la connaissance du grec et du latin et rendent accessibles au grand public les monuments de la littérature classique. Ils retrouvent la civilisation antique ; ils en dégagent le caractère humanitaire, universel, éternel.
C'est la période de vulgarisation. S'il fallait assigner à celleci une limite extrême, on^ pourrait dire qu'elle se termina en 1536, année de la mort d'Erasme.
Après les siècles d'initiation et de diffusion, la période d'érudition.
La science avance, ses progrès sont rapides, la méthode se constitue. A publier, à traduire et à « mettre à la mode » les œuvres de la littérature grecque et de la littérature latine, l'humaniste a bientôt fait de s'apercevoir que les textes qu'il étudie se sont altérés au cours des âges. Parfois, ils sont tout à fait incompréhensibles ; souvent, ils sont obscurs. Ces textes, il s'agira de les restituer, de les rétablir en leur pureté primitive. On n'y arrivera qu'au prix de longs efforts, soit par la comparaison des manuscrits, soit en prenant pour guide la raison ou la science. Critique diplomatique et critique con-