‹ L'humanisme & la réforme: Jérôme Aléandre de sa naissance à la de son séjour à Brindes (1480Chapitre 41 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

PREMIER PROFESSORAT A PARIS f4 juin 1508 — 8 décembre 1510;.

Aléandre fut très courtoisement accueilli. Les recommandations d'Érasme, la renommée d'Aide Manuce, la réputation de savoir que les Italiens avaient alors (1) lui furent sans doute d'un grand secours. Aussitôt, il donna des leçons de grec à Budé et à un petit cercle choisi. Mais comme les livres qu'il avait commandés à Venise (2) n'étaient pas encore arrivés, il ne put inaugurer aussitôt son enseignement public.

« D'ailleurs, écrivait il à Aide Manuce(3), Mgr Budé me conseille de m'abstenir pour le moment; j'aurais bien, dit-il, une foule d'écoliers dépenaillés et pouilleux (4), mais de gain fort peu. Il m'a promis de tout disposer pour le mieux ; en attendant, il groupera quelques personnages de marque, qui voudraient prendre des leçons de grec. J'espère donc que tout marchera bien pour le profit. Quant au nom (faut-il parler de se faire un nom par ce moyen ?), déjà beaucoup de gens de distinction et autres connaissent le mien, et ils me font mainte politesse. Au reste, quand même je n'aurais pas de profit, j'ai trouvé une autre occu-

(1) Etienne Dolet le constatait avec amertume. R. Gopley Ghristie, Oav. cité, p. i45. .

(2) Ci-dessus, p. a8.

(3) Paris. aS juillet i5o8. P. de Nolhac, Le Grec à Paris sous Louis XII ; dans Revue des éludes grecques, I. (i888), p, 61-67 (trad. française) ; Les Correspondants d'Aide Manuce (Rome 1888), p. 66-69 (texte italien), (Extrait de Siudi e documenti di sloria e diri«o (1887-1888) ; H. Omont, Essai sur les débuts d^ la iyp. gr, à Paris (1891), p. 68-70, (texte italien) ; Paquier. dans Revue des Questions Historiques, i*»" oct. 1898, p. 38i-383 (traduction française); ci-dessus, fac-similé de la plus grande partie du texte.

(4) Sur la misère des étudiants au début du xvi* siècle, voir Thurot Ouv. cité (i85o), p. 39 ; Massebieau, Les Colloques scolaires du XVI* siècle et Uurs auteurs iU80'io70) (Paris, 1878, in-8), p. 85 et suiv.

pation qui me fait espérer de n'avoir pas à me repentir d'être venu en France ; nuit et jour, j'étudie les arts avec enthousiasme, et, bref, j'espère que lorsque nous serons à l'Académie^ nous ferons encore quelque chose de bon en matière péripatétique et mathématique. Lefèvre d'Étaples est mon guide, et d'autres personnages de dictinction. »

Ensuite, Aléandre parle des débuts de la typographie grecque à Paris, et il fait une nouvelle commande de livres grecs ; çà et là, ses expressions trahissent son dédain pour les Barbares au milieu desquels il se trouve. « Après mon diner, dit-il, je donne une leçon de grec à quelques hommes de marque. D'autres me demandent instamment de leur enseigner les Erotemata. Cependant, jusqu'à présent, je n'en ai rien fait, parce qu'on ne trouve pas ici les Erotemata de Constantin Lascaris, et je ne veux pas me fatiguer pour un ou deux élèves ; je voudrais en avoir une classe de quinze ou seize à la fois. II est vrai que, dans ce pajs, on a imprimé les Erotemata de Chysoloras, de l'édition de Regius, ainsi que Théocrite. Mais les lettres sont faites ici. et bien que je ne les aie pas vues, je crois qu'elles ne sont ni belles ni bonnes. Pourtant, comme c'est bon marché, on en veut ; on ne se préoccupe que de dépenser peu, dans ce monde-ci. Ils voulaient que je les instruisisse avec ces Erotemata ; moi, je leur ai proposé les vôtres, comme étant meilleurs pour l'enseignement et comme... etc. Parlez-en à Messer Andréa et faites-moi envoyer sans manque, le plus tôt possible, soit pour la prochaine foire de Lyon, soit môme auparavant : Erotemata, de Constantin, douze exemplaires au moins : Lexicon, six exemplaires ; Lucien^ six exemplaires ou même davantage, et tout autre livre que vous jugerez bon, de manière à en emplir une caisse ; j'espère vous les faire écouler tous. Dans le nombre, mettez les ouvrages suivants, que m'a demandés spécialement un gentilhomme : Aristote, De Animalihus, texte grec ; Théophraste, Ùe Plantis, texte grec ; Aristophane et d'autres livres que vous trouverez dans la liste.

Cet usurier de Jean-Pierre vend ici vos livres au prix d'un œil d'homme,de sorte qu'ils ne s'écoulent pas facilement et que beaucoup en sont détournés d'apprendre le grec. On le surnomme le Juif. Il a vendu à im gentilhomme d'ici votre édition des £pi-

grammes grecques deux ducats et dix sous de notre monnaie de' Venise (î). Ils en étaient complètement découragés, et il m'a fallu leur relever le moral. On commençait à faire bruit autour d'un' Finançais qui sait le grec, et à faire imprimer, comme je vous l'ai dit plus haut. Mon arrivée a ruiné ses projets, et je crois qu'il' n'enseigne plus. Je ne le connais que de nom ; il s'appelle, je crois,' François Tissard.

Je vous prie donc de me faire faire une caisse de livfes et de me Texpèdier, avec une lettre à mon adresse, au collège du cardinal Lemoine. qui est voisin de chez moi et dont le principal étudie le grec. Je vous les vendrai avec le zèle que j'apporte à tout ce qui vous touche, et je vous rendrai votre argent, sur votre ordre, de la façon que vous m'indiquerez. Vous ferez votre compte d'après les prix de Venise, je donnerai les livres un peu meilleur marché que Jean-Pierre, parce que, par Dieu, il en est besoin; la différence entre le prix d'achat et le prix de vente servira en partie à payer les dépenses ; le reste sera pour mon bénéfice, car, par Dieu, on n'en fait gros, de bénéfice. Croyez-en ce que je vous dis : dans ce pays-ci. on a tellement l'habitude de payer les maîtres en sous, qu'ion se décide à grand'peine à donner des ducats, aussi bien pour des livres que pour des maîtres de grec. II faut donc que nous nous prêtions assistance de toute manière, selon le proverbe grec : « C'est à ichaque main à laver l'autre. » Du reste, à l'avenir me rappelant votre conseil, je ne veux pas courir après eux, et je n'ai pas encore touché un sou, parce que je veux les forcer peu à peu à venir à moi.

Le 2 septembre suivant arrivèrent les livres qu' Aléandre avait commandés à Venise avant d'en partir (2). Ceux qu'il demandait dans sa lettre d uren t être également envoyés . Pour s'en convaincre, il suffit de voir de quel ton lyrique, dans la préface des opuscules

(I ) 8ur:le catalogue qu*Â.lde Manuce publia en i5o3, cet ouvrage est coté Ix livres. Le ducat valait six livres k sous de Venise. Le libraire de Paris vendait donc la livres i8 sous ce qui valait 4 livres à Venise. La livre de Venise correspondait à peu près à i fr. 36 de notre monnaie Pour finir le calcul, il faut tenir compte de la différence entre la valeur de l'argent, alors et ai^gourd'hui. Voir H. Omont, Catalogues des livres grecs et latins imprimés par Aide Manuce à Venise, iU98, 1503, 15i3 (Paris, 189a, in-fol.), p. 6.

" (2) fi. Omont, Journal, p. 62.

de Plutarque (30 avril 1509), Aléandre parle du libraire de Venise (1).

Pourquoi, dès lors, ne commença-t-il pas son enseignement public? Peut-être trouvait-il à la fois plus agréable et plus fructueux de continuer à instruire une élite, jusqu'à ce que l'éclat de son nom attirât la fouie autour de sa chaire. Le 2 avril 1509, Michel Hummelberg annonçait enfin à Beatus Rhenanus l'ouverture prochaine de cet enseignement (2). On l'attendait avec impatience : beaucoup pensaient avec Beatus Rhenanus que peu* là « TAcadémie de Paris allait enfin recevoir la lumière et sortir des ténèbres plus que cimmériennes où elle était plongée depuis tant de siècles (3). n Toutefois Aléandre tarda encore; il est probable qu'avant de débuter, il voulait que sa première édition grecque, les opuscules de Plutarque, fût sortie des presses de Gourmont. Sa préface à ces opuscules est du 30 avril 1509 ; le 8 octobre suivant^ il les expliquait devant un nombreux auditoire (4). Ce premier enseignement devait durer jusqu'à la fin de Tannée suivante.

Rien d'uniforme comme la vie d'un professeur, même celle du plus brillant. Du reste, on a peu de détails se rapportant spécialement à ce premier séjour d'Aléandre à Paris. Toutefois, dans sa préface aux Camaldalenses Qaaestiones (5), Michel Hummelberg dit qu'à l'enseignement du grec Aléandre joignit dès lors celui du latin, et, dans sa lettre à Pietro Bonomo, Aléandre dit qu'il enseigne à Paris les langues hébraïque^ grecque, et latine : a Quoique le dernier des professeurs de notre époque, ajoute-t-il, cet enseignement n'est pas sans quelque gloire, au dire de ceux qui sans doute ont trop d'afifection pour moi (6;. » En même temps, comme il écrivait à Aide, il s'occupait de son propre avancement dans les sciences : le 20 septembre 1508, un registre de l'Université le compte déjà parmi les bacheliers et les

(1) H. OmoQt, Esioi. . . (1891), p. 56.

(2) A. HorawiUu. K. Hartfelder, BriefwechseldetB. Rkenanus {Leipzig, 1886, in-8), p. 31.

(3) Item, p. 39 (3o juillet 1509).

(4) H. Omont, Journal, p. la.

(5) Plus loin, eh. VI.

' (6; Voir cette lettre ci-après.

Kcenéiés (1) *, trois; ati6 HpfèS) îl se fera recevoir dotteur» es arts (2).

. En dehors de la. lettre qu*oti [a lue plus haut, nous en avons quatre autres de lui à cette époque. Les deux preipières sont du 5 juin 1610.. Dans Tune, adressée à un confident de Louis XII, vraisemblablement du chemcelier Jean de Ganay (3), il parle de tincendie d'une école ; il demande à son correspondant d'obtenir du roi la prolongation des secours destinés à réparer les pertes C4). L^autre lettre du môme jour, plus longue et plus intéressante, est adressée à Paul Emile (5), Le roi était alors sur la fin d'un voyage qu'il faisait de Paris à Lyon en passant par la Champagne et la Bourgogne (6), et l'historien l'accompagnait. Aléandre lui écrit une lettre pleine d'enjouement et d'entrain : « Paul Emile parle du repos et de la félicité « trois fois enviable >x d'Aléandre : que ne change-t-il pas avec lui ses prétendues charges! En réalité, les plaintes de Paul Emile ne sont qu*une nouvelle application des vers d'Horace : «A la vue de l'Africus se déchaînant sur les flots de la mer Icarienne, le marchand a peur ; il vante le repos et les campagnes de son village... jusqu'à ce que bientôt il répare son navire. »

' « Pour moi, continue Aléandre, j'ai ce que, dans votre dédain d'homme dé cour, vous ne vous êtes pas abaissé à venir voir lors^ que vous étiez ici: une maison fort agréable, et cela dans la grande ville de Paris. Oh I elle n'est pas vaste comme vos palais, mais çlle suffit amplement à me contenir; elle n'est pas ornée de

(1) H. Omotit, Journal^ p. i4. Nous avons vainement recherché à Paris des documents inédits sur Aléandre ; les différents dépôts n> contiennent rien sur lui« en dehors de ce qu'a publié M . Omont.

(2) Plus loin, ch. IV. — En outre, en 1609, il obtint des lettres de naturalisation. Vat. lat. 8075. f. 216'' (Aléandre à GuUlaume Petit ; Rome, ^oct. lôig); Ciaconius, V itœ Pontiftcam et Cardinalium (Romae, 1677, in-fol.),III, col. 6a4. Mélanges d* Archéologie et d'Histoire publiés par t École Jrançaise de Rome (1888), p. 384.

(3) P. Anselme. VI, 44».

(4) Ms. Vat. lat. 3918, f. 1 r"" (minute autogr . d'Aléandre).

(5) Ms. Vat. lat. 3918, f. i v (minute autogr. d'Aléandre); Barberini. XXX, ia6 (copie).

(6) Le Glay, Négociations diplom. entre la France et f Autriche (Paris^ i845, in-4). I. p. 335-347).

tapis, mais de livres ; elle n*est pas somptueusement aménagée, ' mais elle est proprette; pleine, en un mot/ de toute sorte de biens hormis ceux de la fortune, et pour cela peut-être plus ' agréable aux Muses, qui n'eurent jamais comiherce avec là richesse. Si vous voulez y venir, ce n'est pas comme hôte, ou ' comme un ami ordinaire, mais comme maître du logis que vous y entrerez. En attendant, je me félicite d'être mon maître ; mais c'est en votre absence : car « au lever du soleil s'obscurcit le . disque sacré de la lune ».

Janus Lascaris accompagnait aussi le roi. Naguère, Aléandre l'avait connu à Venise. (1) « Veuillez le remercier, écrit-il à Paul: Emile, de ce que, sur sa pecommandation, des jeunes gens de la meilleure marque, à ce que j'entends dire, se disposent à venir chez moi. A vrai dire, aucun n'est encore venu ; mais je ne lui en sais pas moins gré de m'avoir ainsi distingué parmi tant de professeurs de belles-lettres, alors surtout qu'il avait dans cette ville tant d'€uxiis de vieille date. »

La troisième lettre, écrite d'un grec facile et savant, est adressée à Michel Hummelberg. Aléandre remercie Humn^elberg de la lettre qu'il lui a écrite, et il l'engage à lui écrire encore. Il lui parle de l'édition d'Ausone qui, l'année suivante, devait paraître chez Josse Bade : il n'y a encore rien de fait parce que Josse voyage en ce moment dans les Flandres (2j.

La dernière lettre est adressée à Pietro Bonomo, évêque de Trieste (3). Ce personnage occupait ime place considérable dans ^ l'Empire (4). Aléandre ne le connaisait pas ; mais il avait étudié quelque temps à Venise en compagnie de son frère Francesco, et, d'après ce que lui avaient dit ses parents, il y avait entre les Aléandre et les Bonomo d'anciens liens de parenté. Or, au mois

fl) Lascaris y était ambassadeur de Louis XII auprès de la république. Legrand, Bibliographie hellénique^ p. GXLII, et p. \kk, i5o.

(2) Munich, Bibl. royale y ms. la t. 4007, i, ^^ (Dans la vie de M. Hum-melberg, A. Horawitz n'a publié que des lettres latines). Cette lettre, du i5 de mémactérion, est donc du f5 septembre (Cf. Legrand, Bibliog. helL ii885), I, p. GXXXJV), et très problabement de i5io.

(S) Ms Yat. lat 8076, f, aSa v». Sans date (fin de novembre i5io).

(4) Ughelli, lialia sacra, V, p. 5o8 ; Gams, Séries Episc, p. 819. Voir aussi A. Wrede, Reichstagsakten anier Zeii KarVs V, T, II (Gôtha, 1896, ib-4), p. 94, etc.

de septembre 1510, Matthieu Lang, évéque de Gurck (1), vint en France au nom de Maximilien ; il était chargé de renouveler la ligue de Cambrai et d'obtenir de Louis XII quelque assistance pour l'empereur, dont les affaires n'allaient pas aussi bien que celles de la France en Italie (2).

La cour était alors à Blois. Lang y resta une partie de l'automne, et, vers la fin de novembre, il passa à Paris pour retourner en Allemagne. Aléandre crut pouvoir aller lui présenter « sa petite offirande et quelques grainà d'encens, c'est-à-dire lui faire l'hommage absolu de sa personne, comme un esclave à son maître. »

« Dans un si grand concours de princes, apportant des présents de toute sorte », la petite offrande fut favorablement agréée: Aléandre ne sait comment en exprimer sa joie, et rendre l'admiration qu'il ressent pour l'ambassadeur : « Plus je le regardais^ plus je croyais voir « le visage et le port d'un dieu ». Son regard brillait d'un tel éclat, il y avait une telle majesté di&ns ses traits et dans tout son maintien, que je n'ai pas souvenance d'avoir jamais contemplé homme plus aimable, plus charmant et plus beau. Mais, comme Socrate, je désirais l'entendre afin de le mieux voir ; lorsqu'il prit la parole, s'exprimant en latin, « la parole insinuante de Nestor, l'abondance d'Ulysse, la grâce du jeune Atride » pâlirent devant la facilité, l'à-propos, l'agréable enjouement de son langage. Je ne crus pouvoir le comparer qu'à Périclès, qui, selon le mot d'Eupolis, « seul de tous les orateurs, enfonçait soû dard dans l'esprit de ceux qui l'écoutaient. » Bref, sa conversation insinuante a produit sur moi l'effet du lotus sur les compagnons d'Ulysse : oublieux de mes livres et de la charge d'enseigner que j'avais prise dans cette très scolastique académie, je partais avec Lang si, le jour même, une lettre du grand chancelier de France ne m'avait dit de rester : cet homme, à qui je dois beaucoup, me défendait de quitter Paris sous aucun prétexte. Il avait entendu dire qu'à

(1) Sur lui, voir IJlmann, Kauer Maximilian I (Stuttgart, Gotta, ia-S), I (i884), 8 10 et suiv. ; et, sur la présente ambassade, II (1891), 4io et suiv.

(2) LeGlay, Négociations.., (i845), I, p. XXI, 35g. G*est aussi pendantcette ambassade que devait se décider la oonvoeation de Ck>acile de Pise.

cause du manque d'élèves, que la peste a fait s'éloigner, j'avais conçu je ne sais quel dessein de quitter la France, d

Ensuite, Aléandre raconte à Bonomo comment il a été amené à lui écrire ; Gurck l'y a engagé et il s'est oflfert à porter la lettre lui-même ; de peur d'incommoder un si grand personnage, Aléandre la lui fait remettre*par François Médulla, « Prélat plein de doctrine, de bonté et de douceur, lui dit-il , recevez donc comme votre petit esclave Jérôme Aléandre, qui enseigne à Paris les lettres hébraïques, grecques et latines ; avec hardiesse et labeur, comme je ne le sens que trop moi-même, non sans succès ni sans gloire, comme le disent ceux qui peut-être ont trop d'aflfection pour moi ; recevez-le , et gardez-le à jamais comme un parent fsi vous voulez bien me permettre ce titre), comme un client, comme un esclave, comme u^ être qui, corps et âme, vous appartient tout entier. Que si, quelque jour, il lui arrivait de partir pour la cour, ne dédaignez pas, je vous en prie, de le recevoir avec bienveillance, et, maintenant qu'il vous est recommandé, de le recommander chaleureusement à votre tour à Tévéque de Gurck ».

Comme on le voit par cette lettre, la peste sévissait alors à Paris (1). Un grand nombre d'étudiants s'étaient éloignés. Ayant ou! dire qu' Aléandre songeait à quitter la France, le chancelier Jean de Ganay lui avait écrit pour l'en empêcher. Aféandre obtempéra d'abord à un désir qui était presque un ordre. Mais, le fléau continuant, la pensée de s'éloigner l'emporta ; il partit le 8 décembre pour aller enseigner à Orléans.

(1) Voir aussi pré£àoe des CamaldaUnses QaaesUones (Paris, i5ii, f, 2**). Suivant Liruti {Noiizie.., I, 467), cette peste consistait en un certain mal d*yeux qui forçait à s*entourer la tôte de linges^ ce qui la fit nommer CacuUakLy en français Coqueluche.

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