CHAPITRE II
MISSION D ALEANDRE (16-27 juillet 1520)
C'était peu de condamner Luther à Rome. Il fallait publier la bulle en Allemagne et Vy faire mettre à exécution. L'état des esprits dans ce pays rendait l'entreprise des plus difficiles. Sans doute, on pouvait croire que le nouvel empereur Charles-Quint serait fidèle à la cause de Rome (1). Les traditions de sa famille, l'éducation qu'il avait reçue d'Adrien d'Utrecht, l'utilité d'une religion unique dans des États nombreux et dispersés, toutes ces raisons faisaient bien augurer de ses dispositions en faveur du catholicisme.
Toutefois Charles et son entourage ne pouvaient oublier la faveur que Léon X avait accordée à François I^ dans la lutte pour l'élection à l'Empire. Que cette faveur ait été réelle, ou, comme on l'a voulu récemment, qu'elle se soit bornée à une simple fiction afin de rendre Charles plus accommodant aux désirs de Rome (2), il est certain du moins qu'elle était de nature ^ mécontenter le nouvel empereur. De plus, l'élection faite, Léon X continuait les hostilités sous forme d'alliance avec la France. Le 22 octobre 1519, un traité était signé par lequel le pape s'engageait à ne donner à Charles l'investiture de Naples qu'avec le consentement de François I"(3).
Du reste, si un roi de France était alors presque tout-puissant dans son royaume, qu'était dans 1 Empire un empereur d'Allemagne ? Les deux prédécesseurs de Charles^ Frédéric et Maxi-
(1) Le a8 juin 1 5 19, il avait élé élu à Francfort pour succéder à Maximilien. DeuUche Reichstagsakten mUr Karl V. T. I, (Gotha, 1893, in-4). DU Wahl 1519 (A. Kluckhohn).
(2) Rivista storica Italiana VI (1889), p. 768; X (1893). p. 443.
(3) F . Nitti, Documenii ed osservaxioni riguardanli la polUica di Leone X. dans Archivio deUa li, Società Romana di storia patria^ XVI (1893), p. aa9-a3i.
milieQ> n'avaient guère été que des suzerains désobéis. Réformes pour le bon ordre à l'intérieur^ subsides et soldats pour les guerres étrangères, on leur avait tout marchandé avec la plus parcimonieuse jalousie. Si récemment l'Allemagne avait rejeté François 1*" et choisi Charles d'Espagne, c'était surtout parce que, dans le roi de France, elle avait craint de trouver un maître.
Ainsi, le nouvel empereur ne pouvait guère avoir d'autorité que sur ses propres domaines : ses États héréditaires d'Autriche, et le Wurtemberg, que la ligue Souabe lui avait récemment cédé (1). En dehors de là, chaque électeur, chaque prince^ chaque ville d'Allemagne jouissait d'une indépendance presque absolue.
Pour promulguer la bulle en Allemagne, on fit choix de deux hommes de science et d'énergie : Jean Eck devait la publier dans la plupart des provinces de l'empire, Jérôme Aléandre la porter au nouvel empereur, aux princes et députés qui allaient se réunir autour de lui pour son couronnement et pour la diète qui suivrait, enfin aux provinces de l'Ouest où cette mission devait le conduire.
Jean Eck était prochancelier de l'université d'Ingolstadt et inquisiteur pour la Bavière et la Franconie. Versé dans la scolastique, ami des humanistes, instruit, éloquent, il jouissait, bien que jeune encore, d'une grande réputation de science. Très vite, malgré les avances de Luther, il s'était opposé à lui, avait publié sous le nom d'Obélisques une réfutation des thèses de Wittemberg et, en 1519, avait provoqué Carlstadt et Luther à la dispute théologique de Leipzig. Eck en était sorti brillamment. Mais la foule, qui aime le bruit et les nouveautés, s'était déclarée pour Luther. Aussitôt Eck s'était rendu à Rome où il avait poursuivi avec vigueur la condamnation de l'hérésiarque. Il avait été pour beaucoup dans le changement qui s'était produit à la cour romaine et dans la publication de la bulle Exurge.
Malheureusement, Eck était trop engagé contre Luther pour que le succès de sa mission n'en soufifrit pas. Avec les sentiments les plus désintéressés et l'abnégation d'un saint, il eût toujours
(1) RA. 11, p. Il elsuiv.
paru aux yeux de la foule exercer une vengeance personnelle. Or Eck était loin d^avoir pu du moins de paraître posséder un tel désintéressement.
Assurément il convient de ne pas s'arrêter au torrent d'injures que les anciens protestants ont déversé sur lui. Trop souvent néanmoins sa vigueur dégénérait en emportement, sa conduite décelait Tamour-propre et la recherche de soi. C*était la vanité, autant que Tamour du vrai, qui Tavait poussé à commencer la lutte; il Tavait poursuivie avec la passion que Ton apporte à une question personnelle et lorsqu'il s'était rendu à Rome pour y dénoncer Luther, c'était son ennemi propre qu'il avait semblé poursuivre autant que celui de l'Église et de Dieu. Un tel homme n'était pas fait pour remédier, à une situation presque désespérée (1).
Parti de Rome au mois d'août, Eck commença la publication de la bulle à la fin de septembre. Le 3 octobre, il l'envoya à Pierre Burchard, recteur de l'université de Wittemberg, sans oser la porter lui-même. L'électeur était en route pour assister au couronnement de Charles ; l'université objecta des vices de forme, et, peu après, Frédéric refusa de la publier (2). Leipzig, Erfurt, où Eck se présenta, ne lui firent pas meilleur accueil. Dans l'Allemagne du sud, les évêques d'Eichstadt et d' Augsbourg furent les seuls à la publier avant d'y avoir été contraints. Presque partout ailleurs on la méprisa ; parmi les catholiques eux-mêmes, beaucoup la rejetèrent, ne voulant y voir que l'œuvre d'un parti (3).
Plusieurs auteurs ont trouvé le choix d'Aléandre aussi surprenant que celui de Eck. Ils se sont demandé à quoi pouvait servir cet humaniste dans une affaire où il s'agissait de questions dogmatiques sur la grâce et la liberté, sur le pouvoir du pape et la constitution même de l'Église.
(1) Voir PallaYicini ; Tb . Wiedemann^^r Johann Eck, professor der Théo* logieander Uniuertitat Ingolsiadt (Regensburg. i865. in-8), p. i53-i8i, 361-391 ; Bonghï^Martin Lutero ; dans Nuova Ântologiay Ser. II, T. 43. p. 4^9- 45o; Nie. Paulus, Luthers I^bensende (Freiburg, 1898, in-8), p. 5.
(2) Voir, plus loin, eh. IV.
(3) Rinaldi, XII, p. 295 ; E. 8. Cyprian, Nûizliehe Urkande zar Erlaû" terang der Reformation, (Leipzig, 1717-1718. « vol. in-8), I, 439 et soiv. ; J. G. Walch, XV, col. 1873-187& ; KAsilin, I, 38a etsuiv. ; Dniffel, Ahad. der Wisienschajten za Mûnchen, Hist. Kl., SUzanggberiehie, 1880, cahier 5, p. 571 etsuiv. ; RA. II. p. 70.
Mais bien loin d*étre un obstacle à sa mission, le renom d'humaniste qu avait Aléandre devait )a faciliter à une époque où Ton mettait au-dessus de tout le culte de Tantiquité classique. De 1450 à 1550, il serait difficile de trouverun lettré qui n'ait été mêlé à des négociations diplomatiques (1).
Du resté, Aléandre n*était pas seulement « le docteur des trois langues » hébraïque, grecque et latine; il n'avait pas vingt ans qu'il soutenait en public une thèse de théologie sur la nature des esprits angéliques. A Tuniversité de Paris, la faculté . des Arts Tavait élu pour le représenter au concile de Pise et il , avait été de ceux à qui Ton avait confié Texamen du livre de Cajétan sur l'autorité du pape et du concile. Depuis son départ de Paris, il s'était exercé à Liège au maniement des hommes et des affaires. Devenu à Rome secrétaire du cardinal Jules de Médicis, ce n'est plus seulement au gouvernement d'une principauté, mais à celui de l'Église universelle qu'il avait été initié.
Bien loin d'être étranger aux difficultés de l'heure présente, il était peut-être, à la cour de Léon X, celui qui se faisait le moins d'illusions sur la situation de l'Allemagne. D'une famille d'origine allemande, il avait grandi sur les frontières de l'Empire. A Liège il avait vécu dans une principauté qui faisait partie du même Empire, et, en arrivant à Rome en 1516, il avait parlé des maux dont souffrait l'Église d'Allemagne; il avait montré l'imminence dupéril et prédit que, sans un prompt remède, on verrait bientôt dans ce pays de grands soulèvements contre le siège apostolique (2).
Personne alors ne voulut être attentif à ses paroles; on dut se les rappeler quelques années après, lorsque l'orage eut inopinément éclaté. Léon X estima sans doute que celui qui avait annoncé le péril serait le plus capable de le conjurer (3).
(1) Deplus,le8 élèves allemands qu*il avait eus à Paris étaient de ceux qui l'avaient le plus admiré et aimé: ils avaient rendu son npm célèbre dans leur pays.
(2) Balan, p. 74 ; Brieger, p. 78, a54.
(3) Enfin, la connaissance du français devait faciliter à Aléandre les rapports avec Tempereur et la cour : le français était la langue de Tentourage de Charles, la j«ule qu'il possédât bien lui-même.
Le choix de Léon \ lui fut-il indiqué par quelques personnages de Rome, par exemple par le parti de Taction énergique contre Luther P 11 se peut qu'Alberto Pio, Gilles de Viterbe, Giberti, Schomberg, Laurent Pucci ou d'autres encore aient Influé sur Léon X. Mais nous n'avons aucun renseignement sur ce point, et cette influence ne parait pas probable ; Aléandre n'y foit aucune allusion dans ses papiers, et Léon X, aidé de Jules de Mé* dicis, connaissait assez Aléandre pour se décider par lui-même.
Le choix de Léon X fixa pour jamais Aléandre au service de J*Église. ïi est glorieux pour ce pape d'avoir su s'attacher un homme qui, dans les vingt années qui suivirent, fut l'un des soutiens du siège apostolique, l'un des plus décidés adversaires de la réforme protestante, et l'un des plus ardents promoteurs de là réforme catholique.
Là bulle contre Luther était du 15 juin. Avant d'envoyer le nonce, on voulut sans doute être fixé sur l'époque où Charles serait couronné. Le l** juillet, le nouvel empereur fit savoir que le Couronnement aurait lieu le 29 septembre à Aix-la-Chapelle (1). Du 16 au 22 juillet, la Curie donnait à Aléandre les papiers qu'il devait emporter. Les plus importants étaient les Instructions publiques et secrètes, qui devaient le diriger pendant sa mission (2).
Dans les premières, Léon X rappelait sa conduite à l'égard de Luther, la patience dont il avait usé à son endroit, la bulle qu'il s- était vu contraint de lancer enfin contre lui. Il voulait que cette bulle fût fidèlement publiée et son contenu mis à exécution comme il devait l'être. C'est pourquoi, connaissant les nombreuses et éminentes qualités d'Aléandre, il l'envoyait vers l'empereur, les électeurs, évêques, barons, villes de la haute et basse Allemagne et en général vers tous ceux qui y possédaient quelque autorité^ l'accréditant en outre pour tous les lieux où il passerait. A tous ces princes et à tous ces pays, Aléandre devait communiquer la bulle papale, leur demander de lutter pour la cause de Dieu, de travailler à ramener Martin Luther dans la voie de
(1) RA. lî. 7».
(2) Au départ d*un nonce, la Curie lui remettait d'ordinaire quatre sortes d'écrits : des lettres de créance sous forme de brefs adressés au chef et aux principaux personnages de i*Étatoù il se rendait, des instractions sur la ligne de oondlitle qu*il aurait à tenir, des Jacultês, ou pouvoirs spirituels sur les lois de rÉglise ; enfin, un chiffre pour les affaires d'un caractère particulièrement secret. (A . Pieper, Zur Entstehangsgeschichte der stàndigen iVo/UJaturen (Fribourg, 1894, in-8*), p. i5 et suiv.). Aléandre ne reçut pas de chiiTre ; la Curie en remit un à Caraccioio (Baian, 168). A part oelie qui fût adressée à Frédéric de Saxe (Waich, XV, 1918-1919 : 17 jidllet i6ao), les lettres de créance ne nous sont pas parvenues. Mais il nous est facile de nous iklre une idée de leur contenu par les deux Instructions^ que nous analysons id (BaUft, p, 4-10. V Instruction putjîique (Balan , n<> 3) se trouve aunl Arch. VaUc. iieg, LeonisX, lib. ir6s, f 19^0). Outre ces //utrocl Jo)u, nous ponédons aussi la bulle de Facultés remise à Aléandre.
l'obéissance au Saint-Siège, ou d'employer leur pouvoir à abattre sa témérité. On devait tenir une conduite analogue envers ceux qui avaient suivi Thérésiarque. Les livres hérétiques ou dirigés contre le Saint-Siège devaient être publiquement livrés au feu, et leurs auteurs réprimés selon les lois.
Les Instructions secrètes indiquaient à Aléandre la ligne de conduite que Ton jugeait propre à assurer le succès de sa mission. 11 devait éviter avec le plus grand soin tout malentendu avec Jean Eck ; les deux envoyés devaient se garder d'empiéter sur leurs attributions respectives. Comme preuve de sa mission, il devait avoir constamment avec lui la bulle qui le créait nonce apostolique et inquisiteur spécial contre Luther et ses adhérents, avec pouvoir de les incarcérer, et d'invoquer contreeux l'appui dubras séculier.
Il devait se rendre directement auprès de Tempereur, lui remettre un exemplaire de la bulle Exurge scellé du sceau de plomb et le décider à protéger la religion catholique. Charles était tenu de s'opposer à cette contagion, au lendemain surtout de son élévation au trône, alors qu'il venait d'affirmer par serment qu'il prendrait en mains la défense de l'Eglise. Léon X avait agi avec la plus grande prudence ; maintenant qu'il avait fait ce qui dépendait de lui, il invoquait le bras de la puissance impériale dont le devoir était, avant tout, d'extirper les hérésies. Aléandre devait s'efforcer en outre d'obtenir de Charles des lettres exhortant les princes allemands à mettre la bulle à exécution.
On lui donnait une autre bulle plombée : elle était pour le Grand de la Cour ou de l'Empire à qui il jugerait le plus convenable de la remettre. Il devait en outre distribuer de nombreuses copies de la bulle, en donner à ceux qui en demanderaient, faisant tous ses efforts pour qu elle fût rapidement connue dans tous les diocèses de l'Allemagne.
Le nonce devait particulièrement veiller à ce que Luther ne pût venir se justifier devant l'empereur. Le Souverain Pontife avait déjà offert au novateur un sauf-conduit pour se rendre près du siège apostolique, où devait se juger et se définir tout ce qui regardait les hérésies. Maintenant surtout que le Pape avait condamné ses erreurs, il serait contre tout droit divin et humain d'examiner ailleurs les actes de Sa Sainteté. Que si, aujourd'hui encore, Martin voulait venir à Rome pour y être entendu, le Saint- Père,
selon la teneur de la bulle, était tout disposé à lui donner le plus ample des saufs-conduits et à l'entendre avec la plus grande bienveillance.
On n'espérait plus à Rome la conversion de l'hérésiarque. La bulle publiée, et le laps de soixante jours écoulé, Aléandre, disaient Jes Inslruction», devait exhorter l'empereur et les princes à s'emparer de Luther et à l'envoyer à Rome enchaîné, afin qu'il y reçût la punition qu'il méritait. Du moins le nonce devait-il faire tous ses efforts pour que Luther et ses adhérents fussent expulsés de l'Empire. Récemment aussi, des livres mauvais et hérétiques avaient été imprimés en grand nombre ; il devait rappeler aux ordinaires les décrets du dernier concile de Latran et veiller à ce que ces livres fussent brûlés.
Pour faciliter sa mission, il devait user des bons offices de l'évoque de Liège ainsi que des autres prélats et seigneurs de la cour et les rendre le plus favorables qu'il pourrait à Tœuvre sainte qui lui était confiée.
Enfin, lorsqu'il se trouverait avec Caracciolo. il devrait n'avoir pour lui aucun secret, et demeurer toujours avec lui en parfait accord.
Aléandre, en effet, n'était pas le seul nonce envoyé à la cour impériale. Comme on le voit par ces Instrucdons, il n'avait à s'occuper que de l'affaire de Luther et de la publication de la bulle. Pour les affaires temporelles, Léon X, séparant la politique de la religion, avait déjà accrédité auprès de Charles le protonotaire Marino Caracciolo (1).
(1) C*était la seconde mission que Caracciolo remplissait en Allemagne. Déjà, le 37 février i5i7 Léon X l'avait nommé nonce € pour toutes les parties de| l'empire. » (Bologne., Univ. 954. f. i4i'"-i44; Vat. 8444, p. 492-498. Cum nos hodie te ad universa). Parti de Rome au mois de septembre suivant (Pieper, Oav. cité, p. 53), il avait assisté avec Cajétan à la diète d'Augsbourg (Sanuto, Diarii, T. XXVI, col. 47), et était demeuré en Allemagnejusqu'à 1 élection de Charles-Quint (A. Kluckhohn, lieickslags^ akten.,, T. 1, Die Wahl iôfOj: Gotha 1898, in-4°). passim, et surtout 83a- 834). Revenu alors à Rome, il était quelques mois après accrédité comme nonce auprès du nouvel empereur et, dès le milieu de mai i5ao. il partait pour la Flandre ( Bergenroth, Calendar of State Papers, — Spanish, II, 3o4) ; le 3 juin, il recevait de nouveaux pouvoirs pour TAllemagne et pour les Pays-Bas. (Bol. Univ. 954, f. 147'" sqt. Vat. 8444, p. 507îno, CGnm alias nos te. — Alias te ad saper iorem) . Au commencement d'août, il était arrivé ù Gand avec Raphaël de Médicis, marchand flo-
Avec ses Instructions publiques et secrètes, Aléandre recevait un sauf-conduit et une bulle de facultés. Le sauf-conduit ;1) en> joignait à tous les sujets de Léon X et demandait à ceux des autres princes de laisser passer le nonce sans frais ni ennuis. La bulle de facultés(2) lui donnait entre autres privilèges de grands pouvoirs pour la collation des bénéfices ; il pouvait échanger ceux qu*il possédait lui-même, conférer ceux qui ne seraient pas sous le droit de patronat et régler les différends qui pourraient s*élever sur ces matières (3)
rentin de la famille de Léon X, et que celui-ci employait aussi dans ses relations avec TAllemagne. (Le Glay, Négocialions diplomatiques entre la France et C Autriche, (i84r>), II, aap, a8a ; Brieger, lôi, note i: Pieper. Ouv. cité, p. 54). Le 5 août, le nonce avait eu de l'empereur sa première audience. (J. S. Brewer, Letters and Papers... of Henry VI IL vol. III, P. U, append. VIII; (Spinelli à Wolsey : Gand, 6aoùt i5ao). — C«araccîolo était le représentant ordinaire de lAon X. (Balan, ii « Principal Nuntio »), Aléandre, l'envoyé extraordinaire. Mais. àTépoque, cette distinction était encore peu connue : dans les papiers de la Curie, le môme titre de nonce est également donné aux deux envoyés pontificaux.
Souvent, duns d'autres circonstances, Léon X avait mêlé les intérêts temporels aux spirituels. (Voir sur ce point un article de G. de Leva dans la Rivista storica lialiana, VI. p. 705). Dans cette double mission, il serait donc hardi de voir la manifestation d'une idée toute moderne : la distinction des deux puissances. Plus probablement se sentait-il alors trop engagé contre l'empereur au point de vue politique ; il craignait que la cause de la religion n'en souffrit beaucoup, et il essayait momentanément de séparer les deux choses.
On ne possède rien de la correspondance de Caracciolo avec la Curie, et tous les elTjrts que nous avons faits nous-méme pour en retrouver quelque chose sont demeurés infructueux. Toutefois, dans le ms. Univ. Bologne, 954, f. i^i-i^g. et, copiés de ce ms., dans le ms. Vat. 8444, p. 49a-5ia, nous avons trouvé 7 bulles ou brefs de Léon X à Caracciolo (37 février i5i7, i4 fév., la oct. i5i8; ag mars lôig : 3 juin lôaoideux): 3 janvier i5ai). Elles roulent sur les facultés et pouvoirs du nonce dans le domaine spirituel.
(1) Balan, p. 4.
(2) Arch. Vat. Reg. laoi, f. 1 63- 166 : Grala Jamiliaritatis obsequia.
(3) Aux environs de i5ao, Léon X créait « son bibliothécaire et commensal perpétuel » Jérôme Aléandre, comte et chevalier du palais de Latran, et il lui donnait tous les privilèges attachés à ces titres : le droit, en dehors de Rome, de couronner les poètes, de conférer, pour toutes les facultés, la série complète des grades universitaires : baccalauréat, licence, doctorat et maîtrise, d*anoblir ceux à qui il conférerait ces grades, de nommer aux charges de notaire, de tabellion et de juge, de légitimer, et de conférer trois titres de comte du palais de Latran . Ces privilèges faisaient peut-être l'objet d'une autre bulle de facultés qui lui aurait été octroyée lors de sa première nonciature.
Nous connaissons ces faveurs par un bref où Clément VII les énumère
Cette bulle est du 22 juillet ; cinq jours après, Aléandre quittait Rome pour aller rejoindre Charles-Quint dans les Pays Bas (1).
pour ie5 renouveler : Bologne, Univ. 954, f. 68-70 ;Vat. 8444, p. 45o-453. Dudamje. re, Léo, Rome, a 8 février 1537.
(1) Ârm. 64, T. 17, i. Not autographie d*Aléandre. < 27 julii, qua exivi Urbe. »