‹ L'humanisme & la réforme: Jérôme Aléandre de sa naissance à la de son séjour à Brindes (1480Chapitre 75 sur 113 · R. A. II · texte numérisé non relu

R. A. II

A. la fin de juin, Aléandre se félicitait que les modifications introduites en vue de grandir lautorité impériale eussent été peu considérables (Balan, a6o-. Brieger, a4o). Comme on le voit, cela n'est pas vrai de Tédition allemande.

Au résumé, il y eut :

r Projet latin d Aléandre, présenté le a mai à l'empereur et à son conseil

En même temps que l'ëdit s'imprimait , Aléandre en procurait à Worms même une première exécution. Le 29 mai, les livres de Luther y furent brûlés pendant que le dominicain Burchard prêchait le peuple. Aléandre lui-même lui avait indiqué les points à développer; le prédicateur devait insister sur Tusage de détruire les livres dangereux dès Tépoque des apôtres et des conciles grecs et latins (1).

Restait à répandre l'édit dans TEmpire. Pour la promulgation

secret (Balan, 2o5, 206 ; Brieger. 178, 179). Cette minute ne nous est pas parvenue.

2« Textff latin original (Arch. Vat. Arm. Il, caps, i, n^ga). Des modifications furent indiquées à Aléandre et introduites par lui du a au 7 mai, 'Brieger, a4o-a4i, la» ligne). Contre Wrede [Hisiorische ZeiUchrifl. art. cit. ; et R A. II, 454, 64t, 6491, il faut en eflct appliquer à Tédit latin ce qu'Aléandre dit dans ce passage. Après avoir reçu les indications qu'il y mentionne, il composa le texte latin original, qu il remit le 7 mai. Cette minute ne nous est pas parvenue davantage. Mais en la transcrivit au propre (Brieger, 19a), et c'est l'original latin que Charles signa le a6 mai. Dans cette transcription, faite du 8 au 10 mai (Brieger, ipa), il ne parait*pas que les secrétaires aient fait de modifications.

3" Texte allemand original. (Arch. Vat. Arm. II, caps. I, n» 98). C'est la la traduction allemande de Ziegicr et Spiegel, faite le 8 mai, mise au propre du 8 au 10 et signée par l'empereur Ift afi. (Brieger, 19a ; RA. II. 64a, note). Quelques passages diffèrent d'avec le texte latin (n*> a), en général pour rendre l'édit plus conforme aux règles de la chancellerie.

li^ Texte allemand imprimé ; Worms. a6-3o mai loai. (RA. H, 454, 64o- 609). Quelques divergences assez notables, préparées du 8 au a5 mai. C'est donc cet imprimé, et non le manuscrit allemand signé par Charles, qui est le texte officiel pour VEmpire,

Ainsi le conseil de Charles était parvenu à introduire dans l'édit toutes les modifications qu'il avait désirées. En même temps, il s'évitait toute récrimination de la part d'Aléandre et de Rome. Très probablement, en effet, le nonce n'eut connaissance daucune de ces modifications. Du reste , le nonce ou la Curie les eussent-ils remarquées qu'ils n'auraient pu faire aucune réclamation : ils devaient oiliciellcment s'en teiiir au manuscrit allemand signé par l'empereur et remis à .Aléandre pour être présenté à la Curie. (Balan, a6a ; Brieger, 242)

5*^ Texte latin imprimé ; Louvain, iQ-aG juin i5ai (Brieger, a39, a4a, a43). Une dizaine de divergences d'avec l'original latin ms., mais sans importance. La plupart ont pour but de donner au texte plus de clarté. (RA. II» 640-C59, 011 Wrede donne aussi l'histoire de plusieurs des textes latins aujourd'hui en circulation).

C" Texte français (Bri^^gcr, a44). Arch. Val. Ad. Worm. f. 157-160.

7" Texte flamand [Bv'iegcr, a.\\\. Arch. Vat. .-le/. Worm. (, 167-175.

Voir aussi sur ces trois derniers textes les Œuvres d'. Aléandre, ci-dessus, p. VIII-IX

(1) Balan, a5a ; Brieger, aaG ; RA. II, 948, 953

des autres actes de la diète, il y eut en général une surprenante négligence : la plus grande partie de ces actes ne furent Tobjet d'aucun envoi officiel fl). Au contraire, nombre de documents contemporains prouvent qu'avant la fin de Tannée 1521, Tédit contre Luther était déjà universellement connu en Allemagne ; renvoi général en avait eu lieu officiellement au commencement d'août (2). De divers points il se répandit dans le reste du pays (3).

Aléandre pouvait donc se rendre le témoignage que, dans cette affaire, il avait fait tout ce qui dépendait de lui.

Dans la suite, avec une vanité qui tient de Thumaniste et un zèle qui dévoile le catholique militant, il se montrera toujours fier du coup qu'il a porté à Thérésie. En parlant des résolutions prises par les deux diètes de Nuremberg de 1522 et de 1524. il note qu'elles étaient déjà comprises dans l'éditde Worms(4). En 1530, dans une lettre à Clément VII, il rappellera « ce très saint édit obtenu au prix de tant de peines et de négociations. (5) » Le 26 décembre 1540, il écrira au vice-roi de Naples don Pedro de Toledo qu'il le connaît depuis le temps de la diète de Worms où, nonce apostolique, « il obtint de Sa Majesté Impériale et de l'Empire ledit contre Luther ^6). »

Dans ses papiers se rencontre fréquemment l'édit de Worms : on le trouve en latin, en allemand, en français, en flamand, tantôt manuscrit, tantôt imprimé (7).

La nonciature de Worms fut le point culminant de la vie d'Aléandre. Elle orienta ses préoccupations et ses travaux pour le reste de 3es jours. De leur côté, les protestants allemands

(I) K\. II, G:>(); 1007 * Balan, a'>2 ; 281 Jléponse de J. de M. à une Icllrc perdue d'.V., du 3 août liiai ; Uiieger. aaG.

(•A) a.\. II, 454, oôQ.

(4) Vat. 391Ô, f. 198-aoi .

(5) Friedciisburg, IV, 4^7 (juillet i53o).

(P)) Val. 391 3, r. 2o5^

(7) Aicli Vat. Arm L\IV, T. 17 (Ac/a Wonnatieiisia), f. 130-175 ^^voir. ci-dessus, p. W); Arckioio di CaslaUo, Arm. II, caps, i, n*»* 92, 93 (originaux); Vat. 3913, f. 7-16 (Voir, ci -dessus, p. IX); Val. 3918, f. 9."»- 106 (latin nis ).

vouèrent dès lors la plus violente haine à « l'homme de Tédit de Worms. » A Tépoque, Luther et les siens n'ont jamais parlé de lui que pour Tinjurier ; ces injures ont continué jusqu'à nos jours.

Sa mission finie, Aléandre avait pensé retourner aussitôt à Rome. Mais Jules de Médicis écrivit aux deux nonces de suivre l'empereur (1). Cet ordre permit à Aléandre de parfaire son œuvre : les mois suivants, il fit exécuter l'édit dans la principauté de Liège et dans les Pays-Bas.

(I) Balan, a5a ; Brieger, aa6. (Méandre à J. de Médicis, aO mai lôai). Dans les lettres de J. de Médicis on ne trouve aucun passage du genre de celui auquel Aléandre renvoie ici. Il se trouvait probablement dans une lettre perdue, écrite entre le ag avril et le la mai. Voir Balan, ai5; R.\. II, 912.

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