‹ L'humanisphèreChapitre 3 sur 6 · QUESTION GÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

QUESTION GÉOLOGIQUE

c Si on leur dit (aax civilisés) qne notre tourbillon d'enTiron deux cents comètes et planètes est l'image d'une abeille occupant une alvéole dans la ruche ; que les autres étoiles fixes, entourées chacune d'un tourbillon» figurent d'antres planètes, et que l'ensemble de ce vaste univers n'est compté à ton tour que pour une at>eille dans une ruche formée d'environ cent mille univers sidéraux, dont l'ensemble est un BntiVERS, qu'ensuite viennent les Trinivers formés de plusieurs milliers de binivers et ainsi de suite ; enfin, que chacun de ces univers, binivers, trinivers est une créature ayant comme nous son àme, ses phases de jeunesse et vieillesse,

mort et naissance ; ils ne laisseront pas

achever ce sujet, ils crieront à la démence, aux rêveries gigantesques ; et pourtant Us posent en principe l'analogie universelle ! »

(Ch. Fouribe)

On connaît la physionomie de la Terre, sa conformation externe. Le crayon, le pinceau, la plume en ont retracé les traits. Les toiles des artistes et les livres des poètes l'ont prise à son berceau et nous l'ont fait voir enveloppée d'abord des langes de l'inondation, toute molle encore et avec la teigne des premiers jours ; puis se raffermissant et se couvrant d'une chevelure végétative, animant ses sites, s'embellissant au fur et à mesure qu'elle avançait dans la vie.

On connaît aussi su conformation interne, ^a physiologie; on a fait Tanatomie de ses entrailles. Les fouilles ont mis à nu sa charpente osseuse à laquelle on a donné le nom de minéral ; ses artères, où Teau circule, ses intestins enduits d'une mucosité de feu.

Mais son organisme psycholo^^ique, qui sVn est occupé ? Personne. Où est chei elle le siège de la pensée? où est placé son cerveau ? On Ti- ^nore. Et cependant les globes, pour être d'une nature différente de la riôtre, n'en sont pas moins de» êtres mouvants et pensants. Ce que noub avons pris jtisqu'ici pour la surface de la terre, en ett-il bien réellement la surface ? Et en la dépouillant, en la scalpant des atmosphères qui l'enveloppent, ne mettons-nous pas à vif sa chair et ses fibres, ne lui entamons-nous pas le cervelet jusqu'à la moelle, ne lui airachons-uous pas les os avec la peau ?

Qui sait si, pour le globe terrestre qui, lui aussi, est un être animé et dont l'étude zoologique est si loin d'être achevée, qui sait si Phu- . manité n'est pas la matière de ? a cervelle ? Si l'atome lumain n'est pas l'animalcule de la pensée, la molécule de rinttlligence planétâi re fonctionnant sous le vaste crâne de ^es cer-

des almo^^phériques? Connaît-on quelque chope à la nature de ses sens intimes? Et qu'y aurait-il dYtranire à ce que toutes nos actions sociales, fourmillement de sociétés homonculairos, fussent les idées ou les rêves qui peuplent d'un pôle à l'autre le front du globe ?

Je ne prétends pas résoudre de prime abord la question, Taîtirmer ou l'infirmer absolument. Je n'ai certainement pas assez médité sur ce sujet. Seulement, je pose la chose sous forme interrogative, afin de provoquer des recherches, un'î réponse. Gelite réponse peut-être bien la ferai-je moi-même. Il ne me parait pas sans intérêt de s'occuper de l'organisme intellectuel de l'être au sein duquel nôus avons pris naissance, pas plus qu'il ne me paraît sans intérêt de s'occuper de son organisme corporel. Pour qui veut étudier la zoologie des êtres, animaux ou planètes, la psychologie est inséparable de la physiologie.

Ce prologue terminé, laissons la terre rouler sur son axe et graviter vers son soleil, et occupons-nous du mouvement de l'humanité et de sa gravitation vers le progrès.

Page 1