LE VOYAGE DE L'ARTISTE
.1 Madame Seijond-Weber.
Je suis parti, laissant ce monde monotone, Pour rechercher là,-bas dans l'énorme inconnu Le frisson qui nous fuit, le cri qui nous étonne, Et j'en suis revenu !
Je fus le pèlerin du Parthénon sublime ; L'Egypte avec ses sphinx, ses tombeaux et le Nil, L'Inde, vertigineux et souriant abîme.
Et le Japon subtil,
Je les ai parcourus dans ma fièvre insensée, Et j'ai senti mon âme à leur contact grandir; Leurs cités ont cueilli mon rêve ou ma pensée, Et leurs cieux mon soupir...
Mais c'est sur tes chemins, ô maigre Palestine, C'est au mont de l'Olive ou bien à Jéricho Que j'entendis le mieux de la clameur divine Le plus divin écho.
Beaucoup d'autres pays m'ont inspiré des livres : J'ai chanté leur langueur, leur beauté, leur vertu ; Mais, ô Jérusalem, d'orgueil tu me déhvres. Là-bas je me suis tu...
Et lorsque j'ai prié le Dieu qui souffre et charme. J'ai dit ces simples mots en pliant les genoux : « Vous dont nul n'eut pitié, vous contre qui tout s'arme, « Seigneur, pitié pour nous ! »