‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 108 sur 124 · POUR LA SICILE · texte numérisé non relu

POUR LA SICILE

A Madame Julia Barlel.

Tu songeais, souriante et câline, ô Sicile, Mollement accoudée au divan de la mer, Entre l'Afrique énorme et l'Italie agile, Écoutant dans l'air pur comme un chant de Virgile L'écho lointain de Naple et les cris du désert.

Tout à coup les démons des vagues, les Furies Souterraines, dardant leurs sulfureux flambeaux, Ont ravagé ta couche et tes rives fleuries... Elle n'est plus, Messine aux blanches rêveries, Que décombres hurlants, incendie et tombeaux !

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0 toi qui vis passer le navire cV Ulysse

Fendaiît avec sa proue oblique le Ilot bleu,

Tu vois, pour soulager ton deuil et ton supplice,

Les cuirassés géants frôler de leur hélice

Tes flancs d'amphore grecque aux blessures de feu!

Autrefois tu craignais le Titan volcanique Dont le courroux fui par Empédocle affronté... Aujourd'hui le Mystère augmente la panique, Et le fléau, rué sur ton sol hellénique, Vient d'un gouffre que nul humain n"a visité.

Autrefois Théocrite, au versant des collines. Evoquait les amours des pâtres jouvenceaux... Le silence des morts couvre les voix divines, Et ce sont des sanglots que jettent aux ruines La source d'Aréthuse et le chant des roseaux...

Ile odorante autant qu'une chambre d'ivresse,

Si tes monts redoutés sont couverts de frimas.

Avec tes orangers le soleil blond te tresse

Un diadème pur d'amour et de caresse ;

Tes chemins sont sacrés comme ceux de Damas !

Tu guériras, Sicile adorable et meurtrie,

Princesse italienne aux destins éclatants ;

Ils renaîtront bientôt les palais de féerie,

Afin que soit toujours plus belle ta patrie;

Caries Latins seront vainqueurs dans tous les temps

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LATHÉNIENNE

A M. André Andreadis.

L'Athénienne a l'Ame vive De Toiseau qui chante el reluit; Un frisson court quand elle arrive, Un regret naît quand elle fuit.

Sous des chapeaux et sous des voiles Qu'elle fait venir de Paris, Ses yeux, plus doux que les étoiles, Ont le^ caprices des houris.

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Mais sa chevelure très noire Est le soyeux et long turban Oiie lui légua, pour plus de gloire, Dieu, ce magnanime sultan !

Elle est fière d'être une Hellène; Et tout son passé merveilleux, Qu'elle traîne comme une traîne De sa robe aux plis onduleux,

Tout son passé que l'on admire, Et que ma jeunesse adora. Ne vaut pas son nouveau sourire Et la lleur qu'elle respira.

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