ÉPITAPHE
Ils ne m'auront compris que ceux qui m'ont aimé; Les autres passeront près de mon cœur fermé, Comme un troupeau de bœufs sur une tombe altière Mais timide, et sortant à peine de la terre... Quelques femmes viendront pleurer sous les cyprès. Des jeunes gens pensifs, que hantent les secrets D'un invincible amour ou d'un espoir rebelle, Consulteront l'écho d'une âme qui fut belle Et boiront l'héroïsme aux coupes de la mort ; Car le tombeau nous rend et plus pur et plus fort. Alors on me croira, parce que, sans faiblesse, Je serai cette voix qui réveille et caresse.
Cette voix qui conseille un avenir profond, Cette voix qui répand l'Idéal, et qui fond, Dans la chaude douceur d'une étreinte de rame, L'é}:îOïsme éternel et la sottise infâme !