‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 18 sur 124 · Â CELLE QUI N'EST PAS VENUE · texte numérisé non relu

 CELLE QUI N'EST PAS VENUE

A M. Louis Lombard.

L'heure divine de mon cœur Sonne à l'horloge de ma vie...

Où fuyez-vous, ô Poursuivie A travers l'ivresse et l'horreur, Amante qui serait l'Amie, Épouse qui serait la sœur?

Depuis longtemps je te supplie, Sans te connaître, ô mon Bonheur ; Depuis longtemps je me recueille, Tandis que, triste, et feuille à feiiiUe, S'effeuille la fleur de mon cœur !...

30 i> hu:manitk divine

J'ai le visage de la cendre,

J'ai le sang brûlant des fiévreux;

Inconnue adorable et tendre,

Ouvre tes bras, montre tes yeux !

Révèle-toi loin du Mystère,

Et, comme la Lumière, sois !

Fais radieuse la Matière,

Existe, souris, parle et vois.

Accours ! L'heure divine sombre,

Les jours sublimes vont finir ;

J'allume un flambeau dans ton ombre.

Un soleil dans ton avenir !

Mais tout se tait et tout est sombre.

0 sœur, ne serais-tu qu'une ombre?...

Les jours sublimes vont finir.

L'heure divine de mon cœur Fuit à l'horloge solitaire.

Tu n'es pas venue !... Et la terre N'a pas supporté mon bonheur.

L'Extase ne pourra plus naître; Et je me meurs à la fenêtre, Hélas ! sans te voir apparaître, Bien-Aimée, Idéal, ô Sœur !

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