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LE RÊVE DE LA FUTURE ÉPOUSE

A la Comtesse Albert (TAbiac,

Le crépuscule enveloppait, tendresse immense, Les épis renversés, les arbres triomphants, Et le soleil vieilli reposait sa clémence Sur les cheveux dorés ou noirs de vos enfants.

Vous, vous étiez assise auprès de votre mère. Toutes deux au devoir de grâce et de douceur; Vos mains, tenant le fd et Taiguille légère. Semblaient broder la trame étrange du bonheur.

Alors votre tillette agile, aux yeux de fée, Qui vous portait dans sa main câliiu^ une fleur, Vous l'avez en riant juscjnes à moi poussée ; Et le parfum sauvage a chassé ma douleur.

Merci pour avoir plaint ma solitude obscure ! Vous avez eu pitié du cœur désert et lourd ; Près de vous j'entrevis mon épouse future; J'ai rêvé l'amour fort pareil à votre amour.

Vos enfants à mes yeux ont fait monter des larmes, J'ai sangloté d'espoir entre leurs petits bras, Et j'ai béni dans l'avenir et les alarmes La mère de mes fds que je ne connais pas...

La Pomélie, 1903.

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