‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 66 sur 124 · LA RÉDEMPTRICE · texte numérisé non relu

LA RÉDEMPTRICE

.4 M. Charles Le Goffu-

ELLE

Le soir descend. Viens, toi dont mon âme est avare, Goûter le soir ainsi qu'un fruit délicieux : Les roses du couchant apaiseront tes yeux, Et ma main soutiendra ta course qui s'égare.

N'es-tu pas, ô cœur fou qui s'enivre à souffrir, Semblable comme un frère à ce soir magnifique, 0 toi trop dédaigneux et trop mélancolique, ïoi qui saignes d'angorsse et ne veux pas guérir !

l'A L HUMANITE DIVINE

LE JEUNE MALADE

Pourquoi me tentez-vous, ô femme tutélaire? Le soir perfide n'est qu'un poison languissant. Le val s'est endormi, la montagne s'éclaire, Mais la lueur du soir a la couleur du sang.

ELLE

Ne les regrette pas, ces torrides journées. Où nous dépérissions sous un soleil brutal. Aux pavots de la nuit nos jeunes destinées Boiront une douceur qui charmera ton mal.

LE JEUNE MALADE

C'est l'heure où l'Inconnu meurtrit l'homme timide. Non, je ne viendrai pas. Les fantômes tremblants Du fond de la forêt sortent en foule avide. Et déjà je vous vois avec des cheveux blancs.

M.\LADI::S ET INQUIETS 155

ELLE

Ne crains point. J'ai vingt ans, tout sourit, toutaccueille. Les flots se sont calmés, le ciel est sans rigueur ; Tu n'entends même plus le frisson d'une feuille... N'écoute en ce moment palpiter que moneo^ur!

LE JEUNE MALADE

Le soleil disparait... Tandis que la nature S'exalte de ses feux ou s'éteint s'il s'endort, Je vis des seuls baisers de votre bouche pure ; Mais quand le soir descend je songe à notre mort !

ELLE

Je sais exorciser le démon qui t'assaille ; Trop longtemps tu gémis de son joug irréel. Enfant, serre ma main sans que tamain tressaille... Aimons-nous sans remords sous la bonté du ciel !

l.-,6 L IIUMANITi; I)l\ INE

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