LE MISOGYNE S'EXCUSE
Hélas ! tu répondis à nos rêves candides Par ton sarcasme, ô Femme, et ta lubricité ; Quand nous t'avons enfin comprise, il n'est resté De nos rêves détruits que tes formes splendides !
Et nous avons juré de n'aimer que ton corps, Ton corps souple moulé pour les luttes charnelles, Où nous puisons l'oubli des douleurs éternelles. Comme dans un abîme où dorment les remords.
l.i:S CONQUKHANTS 17H
DIALOGUE AVEC LA JOCOîS'DE
A M. Jean Finot.
Rêve de Léonard, ô monstre de Beauté, Ton sourire trahit l'énigme de l'amante ; J'ai lu dans ton regard plein de ruse savante Et sur ta lèvre illustre, un aveu redouté.
ïu m'as dit : « Je ne mens qu'au fat ou qu'au timide « Qui m'offrit des présents indignes de mon cœur; (( Tu me vois triompher de toute sa douleur, « Que je foule distraitement comme un fruit vide.
174 l'humaniti': divine
« C'est vous qui n'avez pas su comprendrerAmour, « Que j'attendais pareil au joug de la cavale, « Ferme et doux, maintenu par une force égale ; « Mais vous étiez brutaux ou lâches tour à tour.
« Nul n'a su me dompter ; j'ai puni la faiblesse.
(( J'évoquais Fldéal, la Déchéance vint.
« Votre ivresse grossière a corrompu le vin,
« Et vous avez sali la coupe enchanteresse.
« Mais pour toi mon mépris se trouble et se repent; « Vas-tu m'apprendre enfin l'esclavage et les larmes ? » Alors j'ai répondu : « Jamais tu ne désarmes, « 0 Sirène à moitié fée, à moitié serpent !
« Mon blasphème attendri devient une prière ; « Je te maudis en m'inclinant à tes genoux, « 0 Déesse qui n'eut jamais pitié de nous, « 0 Gioconda délicieuse et carnassière ! »