QUI VIENDRA
A M. René Quinlon.
Mon cœur silencieux, par qui j'ai tant souffert, Chantera-t-il enfin son hymne sur la terre ? Hélas ! rien d'assez pur ici ne désaltère Cette éternelle soif dont je souffre, trop fier...
Qui viendra? Quelle femme aux yeux plus grandioses? Qui viendra ? Quel messie au front plus glorieux ? Je suis loin de la terre et je suis loin des cieux ; Et je n'aime plus rien des hommes et des choses.
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Moment prodigieux où tout semble perdu ! Du fond de ce désert qui s'enfle et se prolonge Un souffle d'oasis, plein d'ardeur et de songe, Se lève, et son parfum partout s'est répandu !
Non, je n'ai pas erré : le regard d'une femme Tremble là-bas, dans l'aube entr'ouvrant ses beaux cils Et je l'ai reconnu, sortant des longs exils, Le Héros souhaité, mâle et doux, qu'on réclame...
Le nouvel idéal, dont j'avais cru mourir, En l'ayant espéré jusqu'au désespoir même, Le voici, rassemblant dans un élan suprême Les deux forces qui régneront sur l'Avenir !
200 L nUMAMTi: DIVINE
<c LE FILS DE LA FEMME »
Après le Fils de l'Homme viendra le Fils de la Femme.
{Prophétie de Raymond Lulle).
A Mademoiselle Madeleine Roch.
Nobles femmes, vous qui souffrez dans le silence Et dardez vos regards émus vers l'Orient, Espérant le Héros familier, qui s'élance Le front tout traversé de ronce et souriant,
Votre attente et votre angoisse, longtemps trompées Rempliront l'univers de leur farouche appel ; Et, je vous le promets, au flambeau des épées. Vous le verrez surgir, l'Homme Surnaturel!
11 ne elierchera pas les gloires de ce monde. Il est peut-être là, tout près de vous, charmant, Accoudé dans les (leurs, et seul, tète profonde, Tendre cœur, magnifique et simple intiniment...
11 ne s'en ira point ({uèter, aux portes viles, L'encens et la rumeur ; car son orgueil divin Ne tend vers vos hochets que des bras malhabiles ; Et, s'il est ivre, ce n"est pas de votre vin.. .
Fortune monstrueuse et destinée amère !
Les roses et les lis qui parfument son corps Ne vous font respirer, ô femmes, que l'austère Dédain de votre chair et de vos plaisirs morts.
Mais pour vous il viendra, Voyantes, Prophétesses, Amoureuses que le dégoût rongea de pleurs : Il viendra réaliser toutes les promesses, En prenant pour lui seul vos sublimes douleurs...
11 posera sa main sur votre front aride,
Et de vous jaillira l'hymne des temps futurs,
iNu ainsi qu'un enfant et comme un roi splendide,
Car l'Archange a sonné vers Dieu; les Temps sont mûrs
Autour de lui, plus douces que les bayadères Et plus clémentes que les saintes d'autrefois, Vous serez les rayons tremblants de ses Mystères Et le grand flot d'amour ruisselant de sa Croix...
HIPPOLUTOS