‹ L'humanité divine, poèmesChapitre 84 sur 124 · PRÊTRE DE DIANE · texte numérisé non relu

PRÊTRE DE DIANE

A M. Emile Faguel.

Tu dévoras mon cœur, Diane insatiable : L'élégiaque espoir, qui naissait dans mon sein, Mourut à la clarté de ton flambeau divin ; Et je verrai passer les amants sur le sable, Mordant leur lèvre chaude et s'étreignant la main. Sans confier au vent ma chanson périssable, — Moi pris dans l'Éternel comme en un piège saint !

204 L HUMAMTE DIVINE

Je ne pleurerai pas, le soir, quand les collines Apaisent de leur ombre étrange la cité, Je ne pleurerai pas quelque amour redouté, Tandis qu'en les chemins d'ivresses clandestines, Deux par deux, et suivi du désir irrité, L'idyllique troupeau, rapprochant ses poitrines, Glisse vers le Mystère et vers l'Obscurité...

Et je ne rirai pas non plus parmi les fêtes, Je resterai hautain au milieu de vos fleurs ; Mes yeux vers l'Invisible Amante dont je meurs, Et le front exilé des humaines tempêtes. Puisque je n"ai trouvé mes frères ni mes sœurs. Je clorai la maison de mes fiertés muettes, Et je mépriserai la joie et les douleurs.

Alors Ils railleront ma solitude austère,

//.s voudront de leur poing, de leur glaive outrager

La porte qui n'est pas ouverte à TÉtranger ;

Mais le Seuil Surhumain vaincra toute la terre.

Et je ne craindrai pas cet assaut passager.

De l'Amour qui s'allie enfm avec la Guerre,

Moi qui n'implore pas l'Étoile du Berger !

LF.S SURHUMAINS 205

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