‹ L'humanité et la patrieChapitre 25 sur 61 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

entre la théorie et la pratique, une apparente contradiction qu'il s'agissait d'expliquer.

On s'est demandé d'abord si la déperdition de force n'était pas due à certaines résistances passives, telle que le mouvement imprimé à l'air et aux supports. Mais les résistances passives n'en représentaient qu'une fraction infinitésimale.

Obligé d'abandonner cette première hypothèse, on a cru voir la cause du phénomène dans les réactions réciproques des diverses parties de la machine les unes sur les autres. Cette seconde explication n'était pas plus heureuse que la précédente. La machine revient périodiquement aux mêmes positions ; et la mécanique enseigne que si, dans une série de transformations successives, il arrive aux corps du système de se retrouver dans les mêmes situations, la somme des forces vives est la même à ces deux époques, et la somme des travaux des forces est nulle dans l'intervalle qui les sépare.

Cette loi repose sur les notions les plus certaines que nous puissions nous former à l'égard du mode d'action des forces naturelles. C'est le principe même sur lequel repose l'impossibilité du mouvement perpétuel. Elle ne laissait rien subsister de la nouvelle explication, et celle-ci s'évanouissait aussi complètement que l'autre.

Enfin, on a attribué la dépense d'une partie du travail moteur à l'usure des diverses parties de la machine. Mais à mesure que les machines se perfectionnaient, l'usure diminuait, sans que cela affectât sensiblement le travail utile; celui-ci n'en demeurait pas moins très inférieur au travail moteur.

Il y avait là une première antinomie inexpliquée.

D'autre part, lorsqu'une machine travaille, il y a échauffement des parties qui subissent des frottements. Comme, d'ailleurs, aucune partie de l'appareil ne se refroidit dans une proportion égale à celle suivant laquelle s'échauffent les parties frottées, l'élévation de température observée implique de toute nécessité une production de chaleur de toutes pièces.

Mais la création d'une force est chose tout aussi contradictoire que sa disparition, puisque rien ne se perd et

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