‹ L'humanité et la patrieChapitre 26 sur 61 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

lien ne .se crée. Cette production spontanée de calorique nous place donc en face d'une seconde antinomie tout aussi redoutable que celle résultant à nos yeux de Fin- Tériorité du travail résistant sur le travail moteur.

Or, — c'est une loi de la logique — dès qu'une antinomie est constatée, dès qu'un fait présente un rapport contradictoire et développe ses conséquences en deux séries opposées, il y a lieu d'attendre le dégagement d'un fait nouveau dans lequel se résout l'apparente contradiction : une thèse et une antithèse supposent une synthèse.

Dans l'ordre des phénomènes qui nous Occupent, cette synthèse a été la théorie mécanique de la chaleur.

Placés en présence des deux phénomènes inconcevables que je viens de signaler, les savants ont pensé qu'ils pourraient peut-être s'expliquer l'un par l'autre. L'élévation de la température ne paraît pas être autre chose que l'accroissement d'intensité du mouvement ondulatoire des molécules dont se compose le corps qui s'échauffe. Il paraissait dès lors plausible d'admettre que le mouvement mécanique était susceptible de se transformer en mouvement moléculaire, c'est-à-dire en chaleuf, et que, s'il en était ainsi, la chaleur produite, créée en apparence par le frottement, n'était que la représentation de la quantité de force disparue.

Il n'y aurait alors ni création ni anéantissement de force ; il y aurait simplement transformation d'un genre de mouvement donné dans un autre, les deux mouvements se compensant réciproquement d'une manière exacte.

Si cette nouvelle hypothèse était conforme à la réalité, il devait exister un rapport constant entre la quantité de travail moteur anéanti, et la quantité de chaleur dégagée. La constatation expérimentale de ce rapport constant apporterait la preuve indéniable de la justesse de la théorie.

Certes! l'expérience n'était pas aisée. Elle était pourtant possible et Joule l'a réalisée en faisant mouvoir une roue à palettes dans de l'eau et dans du mercure. La

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