XLII INTRODUCTION
jourd'hui ce qu'ils étaient il y a trente ans. On utilise mieux, sans doute, à l'heure actuelle la force électrique qu'à cette époque si rapprochée de nous par le temps écoulé, et si éloignée par les progrès accomplis dans les sciences ; mais il n'y a rien de changé dans la théorie. L'exposition de M. Verdet pouvait donc être conservée sans qu'il fût nécessaire d'y apporter le moindre changement.
Comment se rendre compte de l'ensemble des phénomènes exposés par le savant ingénieur?
Supposons d'abord la machine maintenue à l'état de repos par des obstacles malgré le passage du courant. La pile ou la dynamo d'une part, les diverses pièces de la machine, de l'autre, forment alors deux systèmes où se passent simultanément deux ordres distincts de phénomènes.
Dans la pile des réactions chimiques se produisent : un métal se dissout dans un acide, et dans tout le circuit on observe un développement de chaleur.
Avec la dynamo les phénomènes sont d'ordre semblable quoique un peu plus compliqués. La pile fournit directement l'électricité par l'action chimique des corps qui se combinent. Il n'en est plus de même dans le cas de la dynamo; le courant électrique prend ici naissance dans un appareil mis en mouvement par une machine thermique ou hydraulique. Mais il y a toujours à la base consommation d'une somme d'énergie qui se convertit en électricité. Le phénomène étant cependant plus simple avec la pile, puisque la production d'électricité y est directe, c'est sur elle que nous raisonnerons, bien que, dans la pratique, les piles soient universellement abandonnées aujourd'hui et remplacées par les dynamos.
Si la pile fonctionne et que la machine soit maintenue au repos par un obstacle, l'élévation de température que l'on observe dans tout le circuit est, sans contestation possible, le résultat de l'action chimique. Pour une même quantité d'action chimique, et quelle que soit d'ailleurs la distribution du calorique, on doit donc observer un même dégagement de chaleur.