‹ L'humanité et la patrieChapitre 31 sur 61 · INTRODUCTION XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLIII

C'est ce que M. Favre a victorieusement établi à l'aide d'un calorimètre spécial, énorme thermomètre à mercure dont le réservoir portait deux cavités susceptibles de recevoir des corps d'un volume assez considérable.

M. Favre a d'abord placé dans l'une des cavités un élément voltaïque simple, c'est-à-dire un couple zinc et cuivre plongé dans l'eau acidulée et dont les deux lames étaient réunies par un fil de cuivre très gros et très court. Il a constaté que, dans ces conditions, s'il se dissout soixante-six parties — soit un atome — de zinc il se dégage 37,360 unités de chaleur.

Après avoir répété un grand nombre de fois cette expérience, et toujours avec des résultats identiques, M. Favre l'a recommencée, mais en remplaçant le fil de cuivre gros et court, qui n'oppose qu'une très faible résistance au courant, par un fil métallique fin de grande longueur, roulé en spirale, qui lui oppose une résistance considérable. La quantité de chaleur dégagée dans le calorimètre parla dissolution s'est trouvée alors diminuée, et cela dans une proportion d'autant plus forte que le fil était plus long.

Mais, d'autre part, le fil s'échauffait, et, en le plongeant dans la seconde cavité du calorimètre pour pouvoii* mesurer la chaleur dégagée par lui, le savant physicien a reconnu que cette quantité de chaleur était complémentaire de celle dégagée dans la pile. En d'autres termes, il résulte de ces expériences, que la somme des quantités de chaleur dégagées dans la pile et dans le circuit demeure égale à 37,360 unités par atome (soit 66 parties) de zinc dissous.

Supposons maintenant la machine en mouvement, élevant un poids, accomplissant un travail. Il est clair que, si la quantité de chaleur produite demeurait la même, la dissolution d'un poids donné de métal aurait pour équivalent, dans le cas de la machine en repos, une certaine quantité de chaleur ; dans le cas de la machine en mouvement, cette même quantité de chaleur, plus une certaine somme de travail utile. La chose est évidemment absurde puisqu'elle nécessiterait une création d'énergie de toutes pièces.

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