‹ L'humanité et la patrieChapitre 42 sur 61 · INTRODUCTION LXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXV

traire, à la fois appareil de production et de consommation de l'énergie. Partout où se fait la combustion se fait aussi la transformation de la force en travail.

Chaque organe qui travaille brûle lui-même et constitue son propre combustible. Il y a dans les organismes animés une décentralisation qui n'existe pas dans nos machines.

Une expérience bien simple met en lumière la combustion qui s'opère dans un organe en travail. Un muscle mis à nu et plongé dans de l'eau de chaux limpide n'y détermine pas le moindre trouble. Mais le fait-on contracter en le pinçant ou en le soumettant à l'action d une décharge électrique, on voit aussitôt se produire au sein du liquide, un nuage blanc de carbonate de chaux dû au dégagement d'une certaine quantité d'acide carbonique. Le muscle a brûlé en se contractant, et sa combustion a été accusée par la précipitation du sel calcique.

De là cette conséquence que l'organisme animal se renouvelle sans cesse sous la double influence des aliments et de la respiration, et qu'au bout d'un temps relativement court, il ne contient plus trace des matières qui le constituaient à un moment donné.

Mais quoique la machine animale ou humaine soit plus décentralisée que les machines industrielles au point de vue de la production et de la consommation de la force, au point de vue de l'origine de l'énergie et du travail réalisé, les deux systèmes sont absolument identiques.

Vie végétale. — Pour que les animaux puissent brûler des substances à affinités non satisfaites, tout comme les foyers de nos machines, il faut que ces substances se rencontrent quelque part.

En attendant qu'elles soient fabriquées par voie synthétique, comme peuvent Têtre déjà quelques-unes d'entre elles, c'est le règne végétal qui est chargé de nous les fournir.

C'est lui qui, directement ou indirectement, constitue le grand magasin où les animaux puisent les substances qui doivent les nourrir, comme l'homme y puise le combustible dont il se sert pour alimenter ses machines (1).

Comment les végétaux produisent-ils des composés à affinités non satisfaites?

Ils ne le peuvent évidemment qu'en décomposant des corps à affinités satisfaites, telles que l'eau, l'acide carbonique, l'acide sulfurique, l'acide phosphorique, l'acide azotique..., etc.

Or, nous avons exposé plus haut que la séparation des éléments réunis par l'affinité chimique, la conversion

(1) Je dis directement ou indirectement à cause des carnivores. Ces animaux n'absorbent pas de végétaux. Mais ils se nourrissent d'autres animaux, herbivores pour la plupart, qui, eux, ont puisé leur subsistance dans le règne végétal.

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