X INTRODUCTION
siècle et des siècles antérieurs ont dû admettre, pour expliquer les phénomènes physiques, chimiques et vitaux, toute une série d'entités ontologiques.
Ils avaient établi l'existence d'un certain nombre de catégories scientifiques ou philosophiques indépendantes, et à chacune d'elles ils avaient supposé une cause particulière.
Ils avaient, en le faisant, respecté les règles les plus rigoureuses de la méthode scientifique. Si ces catégories ne s'étaient pas ultérieurement fusionnées en une seule, il aurait même fallu peut-être plus tard en accroître le nombre lorsqu'ont été découverts les rayons chimiques, puis les rayons Rœntgen.
Nos prédécesseurs voyaient un barreau aimanté attirer un morceau de fer doux, et attirer ou repousser un autre barreau semblable à lui, selon qu'on lui en présentait l'une ou l'autre extrémité. Lorsqu'ils le plaçaient sur un pivot où il pouvait se mouvoir avec liberté, ils lui reconnaissaient une tendance naturelle à s'orienter spontanément, et à prendre une direction toujours identique à laquelle il revenait par une série d'oscillations dès qu'on l'en écartait.
Après avoir rangé ces phénomènes et beaucoup d'autres encore en une catégorie spéciale, ils les considéraient comme résultant de l'action d'une cause particulière le magnétisme, et pour arriver à une plus satisfaisante explication des faits, ils admettaient l'existence de deux fluides magnétiques distincts, le boréal et Vaustral, dont ils exprimaient la loi dominante par ces mots :
« Les fluides de nom contraire s'attirent ; ceux de même nom se repoussent. »
Un morceau d'ambre frotté avec du drap acquiert la propriété d'attirer les corps légers quels qu'ils soient ; il en est de même d'un morceau de verre. Seulement, les corps qui ont reçu le contact de l'ambre frotté, si l'on a soin de les tenir suspendus à certains supports dits isolants, sont repoussés au lieu d'être attirés par le même ambre et sont au contraire attirés par le verre préalable-
TNTRODUCTION XI
ment soumis à une friction au moyen d'un tissu de laine.
Voilà une nouvelle classe de phénomènes auxquels d'autres vinrent successivement se joindre : ceux qui se produisent dans l'atmosphère, tels que les éclairs et les tonnerres; ceux que l'on détermine à l'aide de diverses espèces de piles..., etc., etc. On les fit dériver d'une seconde cause générale qui reçut le nom d'ÉLECTRiciiK ; et, comme on l'avait fait pour le magnétisme, on supposa deux fluides électriques différents, le positif et le négatif, obéissant ainsi que les fluides magnétiques à cette loi : « Les électricités de nom contraire s'attirent ; les électricités de même nom se repoussent. »
Même lorsque les objets qui nous entourent sont distants de nous, nous avons la faculté de les percevoir, faculté due à une fonction spéciale qui porte le nom de vision.
La vision est soumise à des conditions déterminées : Il faut, pour que l'objet soit perçu, que notre œil et lui se trouvent placés sur une même ligne droite, sur le trajet de laquelle il n'y ait aucun corps opaque.
Il y a cependant des cas où nous apercevons un objet, quoiqu'il ne soit pas sur la ligne droite dans la direction de laquelle nous regardons : Il en est ainsi lorsqu'il y a un miroir placé dans une position convenable ; ou lorsque l'objet étant plongé dans un liquide, l'œil qui l'observe se trouve dans l'air ; ou encore, lorsqu'on interpose entre l'objet et l'œil un corps transparent plus « réfringent » que l'air.
Tous ces phénomènes et un grand nombre d'autres connus sous les noms de dispersion, d'interférences, d'anneaux colorés, de polarisation, étant reliés par des rapports étroits mais paraissant indépendants de tous ceux qu'en dehors d'eux nous offre la nature, on convint d'en faire une catégorie particulière; et on les rapporta à une troisième cause qui reçut le nom de lumjèke.
Nous sommes impressionnés par le froid comme par la chaleur, et il en est de même de tous les corps de la