‹ L'humanité, ses droits et ses devoirs, ses joies et ses douleurs, avec une carte morale de la vie depuis le berceau jusqu'à la tombeChapitre 11 sur 55 · HOMMAGE DE RECONNAISSANCE A MM. VICTOR HUGO ET EMILE DE G1RARDIN · texte numérisé non relu

HOMMAGE DE RECONNAISSANCE A MM. VICTOR HUGO ET EMILE DE G1RARDIN

Oui, je suis fou! fou d'amour pour la France,

Pour la justice et pour la liberté !

Et, dans mon cœur, je nourris, dès l'enfance,

Le sentiment de la fraternité.

Vous, mes amis, qui connaissez ma vie,

Dont plus d'un trait pourrait me faire honneur,

Gardez-vous bien de plaindre ma folie !

Car ma folie est pour moi le bonheur.

Oui, je suis fou ! car, dans ma solitude, M'entretenant avec d'illustres morts, Je sais trouver, dans le sein de l'étude, De vrais plaisirs, des plaisirs sans remords. Trop indigent pour exciter l'envie, Comme trop fier pour demander pardon s Je me complais, amis, dans ma folie, Car, que ferais-je, hélas! de la raison ?

Oui , je suis fou ! puisqu'un serment m'oblige, Et que mon cœur se souvient des bienfaits; Puisque Philippe , aujourd'hui sans prestige, Demeure encor l'objetTie mes respects.

Or, vous, amis, avec qui dans la vie Je marche droit, sans gr3nd bruit, mais sans peur, Gardez-vous bien de plaindre ma folie!

Car ma folie est pour moi le bonheur.

(2) On appelait Saturnales, dans l'ancienne Grèce, des fêtes consacrées à Saturne, qui duraient trois jours (comme notie carnaval, d'ailleurs, qui tire d'elles son origine) , et

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pendant lesquelles, pour rappeler Y Age d'or au peuple (les Grecs comptaient quatre âges depuis l'origine du monde : l'âge d'or, l'âge- d'argent, l'âge d'airain et l'âge de fer ; ils voulaient censément exprimer par là, au figuré , la décroissance successive du bonheur des hommes), on lui donnait le droit de tout faire et de tout dire. Les Maîtres, pendant ces jours religieux, servaient humblement leurs Esclaves à table, au lit, aux bains, à la promenade, aux théâtres, aux temples , etc.; ils les ondoyaient des parfums les plus précieux de l'Arabie ; les revêtaient de leurs plus riches tuniques ; cuisinaient pour eux les mets les plus délicats; leur versaient , forcément et à pleines coupes, le cécube de leurs plus vieilles amphores ; couronnaient leurs têtes des fleurs les plus rares et se trouvaient fort heureux, encore souvent, de n'en être pas assommés. Il est vrai qu'après les fêtes venait le quart d'heure de Rabelais et que les esclaves payaient, à leur tour , fort cher, parfois même de leur vie , les excentricités qu'ils s'étaient permises en l'honneur « bon vieux Saturne.

(3) Nous savons que ce langage nous attirera les colèr de certains journaux, prétendus libéraux , qui crient bea coup, aujourd'hui, pour pêcher des goujons (des abonn s s'entend) , contre tous les actes du gouvernement de l'Er pereur, et qui, en 1818, lorsque tous leurs amis étaient Pouvoir, depuis le Dictateur de la République jusqi

Y allumeur de lampions de la place de la Concorde, trc vaient que tout était pour le mieux et dans le meilleur c mondes possibles; nous nous moquerons hautement de \ colères; nous ne sommes plus, grâces à Dieu I dans les < banonsde Bicêtre, et nous avons une plume d'oie et, au soin, de fer pour nous défendre aujourd'hui contre n'i porte qui.

(4) Il y avait autrefois, en Suisse, une admirable coutume : un accusé, faussement condamné aux galères, à la prison ou à une peine quelconque , recouvrait-il enfin sa sainte liberté, il comparaissait devant une grande assemblée de notables et de peuple, et une jeune fille, choisie parmi toutes ses compagnes, lui offrait une rose blanche pour proclamer son innocence.

Et dire que chez nous la Loi ne permet pas même de réhabiliter la mémoire de Lesurques qui, accusé d'avoir

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