‹ L'hybridation chez les ScillesChapitre 4 sur 5 · The Garden · texte numérisé non relu

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germination est hypogée et le bulbe annuel est dépourvu d'amidon. C’est pourtant en vain qu’on a essayé de croiser la Jaointbe des bois avec Camassia Cusickii S. Wats., plante très robuste, à bulbe énorme, et qui fructifie abondamment sous notre climat, Ou avec Camassia montana Hort., plus petite et qui d’ailleurs ne se croise pas avec l’espèce précédente.

Somme toute, les croisements obtenus jusqu’ici entre Scilles sont fort peu nombreux. Seules, des espèces aussi voisines les unes des autres que les Endymions s’hybrident facilement. Joignons-y les croisements, naturels ou non, entre les Chionodoxa et les Scilla bifolia et cilica, et nous aurons énoncé, tous les. cas de succès. C’est assez dire qu’il ne faut pas faire trop de cas des caractères morphologiques pour juger du degré d’affinité des plantes et conclure' aux possibilités d’hybridation. Aussi bien, des convergences comme on en remarque chez les Scilles existent entre celles-ci et des plantes beaucoup trop éloignées pour que l’idée puisse venir à l’esprit de les croiser : les Narcisses, par exemple, germent selon le mode de la Jacinthe des bois ; Ornithogalum pyrenaicum germe, lui, selon le mode des Scilles.

Serait-ce alors au chimisme que reviendrait le dernier mot en matière d’affinité ? Il est bien certain que la différence de composition chimique ne saurait être considérable entre deux plantes qui se croisent ; mais une différence qui n’entrave pas la fécondation dans un cas peut suffire ailleurs pour arrêter tout développement. Il n’est que de se rappeler le cas des Iris et des Graminées.

Ainsi que l’a montré Carles x , les trois espèces d’iris de la région parisienne. Iris germanica L., /. pseudoacorus L., /. foetidissima L., sont trois types incompatibles entre eux et nul n’a jamais pu les croiser. Le premier est à rhizome amylacé, le second contient une fructosane, l’irisine, et le troisième renferme à la fois de l’amidon et deux fructosanes spéciales. Ces trois types se retrouvent dans l’ensemble des Iris ; au premier se rattache une soixantaine d’espèces, à peu près autant au troisième, cinq seulement au second ; entre Iris de même type, les croisements sont toujours possibles ; ils ne le sont pas entre espèces de types différents.

Chez les Graminées, la nature des glucides de réserve est loin d’avoir la même importance : Elymus et Agropyrum, dont les fructosanes diffèrent peu il est vrai, se croisent bien 1 2 et il y a longtemps que les génétistes russes ont croisé le Blé avec divers Chiendents, dont les glucides lévogyres sont très dissemblables. Alors où est la limite et comment décider ?

Au surplus, pour s’en tenir aux seuls glucides, il faut reconnaître

1. J. Carles, Chimisme et Classification chez les Iris, Thèse, Paris, 1934.

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