‹ L'hybridite dans la natureChapitre 19 sur 21 · RAS · texte numérisé non relu

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Herbert, qui a vu le spécimen dans la collection du comte d'Égremont à Petworth, se prononce d'une façon décisive et le croit produit du Ph. colchicus et du Tetrao tetrix.

En 1834, dans un meeting de la Zoological Society, M. Sabine appelait l'attention des membres présents sur un spécimen d'oiseau provenant du même croisement, et en donnait une description (1). |

En 1838,à une des réunions de cette société, on lut un rapport de M. Thomas C. Eyton sur un oiseau qu'on supposait avoir la même origine. Quelques années auparavant, on avait observé dans le voisinage de Merrington une femelle de Téetrao, mais on ne l'avait jamais vue avec aucun oiseau de son espèce, quand, au mois de novembre, sur les terres avoisinantes fut abattu un oiseau qui tenait du coq noir et du Faisan. Un autre individu ressemblant à ce dernier, quoique plus petit, fut tué un mois plus tard.

On lit dans l'History of the rarer British Birds (4), de cet auteur, que trois autres oiseaux présentant des caractères hybrides furent tués en même temps que la vieille poule Tetrix. La même année dans le Wigtownshire, sur les terres de Lochman, il fut abattu un spécimen que lon avait pris pour un Dindon sauvage, mais qui fut reconnu comme produit par l'union du Faisan et du Tetrix. Une très longue description en a été faite dans le Magazine of 200log. Botany, par William Thompson.

En 1837, M. Th. Yarrel avait exposé à la Société zoologique de Londres, de la part de M. John Leadbeaton, un hybride mâle du Faïsan et du Black Grouse (2). Dans son Histoire des oiseaux de l’ Angleterre (3), 1 mentionne trois autres spécimens que lui firent connaître le Rev. de Stoke et M.Selby de Tivizell ; deux furentrencontrés dans le Devonshire, le troisième dans le Northumberland en

(1) Voy. Proceedings of the zoolog. Society, partie ILE, p. 52. 1834. (2) Proceedings of the z0olog. Society, p. 139. 1837. (3) Hist. of British Birds, p.358.

1839 par lord Howick. Le Zoologist de 1854 mentionne un autre individu qui fut tué dans un grand bois appelé Staunton Springs, près de Melbourne, par le garde du comte Ferrers.

Puis, en décembre 1855, parmi le gibier tué dans les couverts du comte de Stafford à Enville, on trouva un très curieux et très bel oiseau qui tenait du coq de bruyère et du Faisan et ressemblait plus au premier qu’au second(1).

Enfin, en 1883, M. Burton exposait à la Société zoologique de Éondres un hybride du même genre acheté au marché de Leadenhall, et en 1886 M. le C Johann Harrach tuait près de Zèbe, en Bohème, un nouvel exemplaire (2).

Ces exemples nombreux paraissent mettre hors de doute l'existence d'hybrides provenant du Phasianus colchicus et du Tetrao tetrix; ils sont confirmés d’ailleurs par plusieurs savants, notamment par le Pce Ch. Bonaparte, qui, à la demande Is. Geoffroy Saint-Hilaire, ont bien voulu recueillir en Angleterre, sur les oiseaux désignés comme hybrides, des renseignements confirmant pleinement leur double origine. Celle-ci paraît encore avoir été admise par MM. Degland et Gerbe (3) qui citent Thompson, par Westwood (4) d'après Eyton, par Gloger (5), par M. de Quatrefages, etc. (6).

Des tentatives faites en 1857 pour obtenir des hybrides du petit coq de bruyère et de la femelle du Faisan en domesticité, d’abord restées sans résultat (7), paraissent avoir été ensuite menées a bien (8).

Mais, parmi les Gallinacés, l’hybride le plus répandu et qui paraît aussi le plus authentique, est assurément le Rac-

(1) Zbid.

(2) Fritsch. (M. O. Ver Wien, p. 98. 1886), cit. par M. le Dr Meyer de Dresde. (3) Ornithologie européenne, p. 48.

(4) Transactions of the entomological Society, vol. VIIL. London, 1841-1843. (3) Journal für Ormithologie, 1854, p. 408.

(6) Revue des cours scientifiques, p.740. 1867.

(7) Les Alpes, par Tschudi, p. 394. Strasbourg, 1857.

(8) Voy. Jour. soc. zool. 1883; p. 578, que nous n’avons pu consulter.

kelhane, produit du Tetrao tetrix et du Tetrao urogallus. Étudié depuis plus d’un siècle par une foule d’ornithologistes qui l'ont considéré tantôt comme espèce, tantôt comme variété, tantôt comme hybride, 1l doit à Nilsson (1) d'être bien connu. Celui-ci a, en effet, apporté des preuves si nombreuses en faveur de l’hybridité qu'il serait difficile de les récuser. Non seulement on a rencontré les poules du T. urogallus sur les jeux du petit coq, mais encore on a vu celui-ci sauter sur ces dernières, tandis que l’on n’a jamais rencontré de poules du T° fetrix sur les jeux du grand coq. — Le plus grand nombre de nos savants modernes se sont donc prononcés pour l’hybridité. Nous citerons parmi eux : Temminck ( Manuel d'Ornithologie, Paris 1820-1840, vol. IT); Naumann/Naturgeschichte der Vügel Deutschlands, 6 Theïl, Leipzig, 1833); Gould (Birds of Europa, vol. IV, London 1837); Burdach (Traité de physiologie, 1838), Macgillivray (History of British Birds, London 1837); R. Wagner ([Lehrbuch der Physiologie, Leïipzig 1839); Yarrel (History of British Birds); Gloger (Journal de Cabanis, 11° année, 1854); mais il donne indifféremment l’urogallus pour père et le tetrix pour mère; Morton (Hybridity in animals; in American Journal, 1847); Tschudi {Les Alpes, Strasbourg 1857); Is. Geoffroy Saint-Hilaire ç Hist. générale : des règnes organiques, t. TT); Quatrefages /Rev. des cours . scientifiques, 1867-1869); Degland et Gerbe /Ornithologie européenne); Brehm (Oiseaux, t. II, p. 393, trad. française), etc. : |

Déjà au siècle dernier cette hypothèse avait été soulevée et admise par Rutenskiold {Kongl. Svensk. Vetensk. Handling, 1744) ; Linné [Faune suéd., 1761); Klein (Ova avium plurimarum, Leipzig 1776) ; Pennant {Arctic Zoology, vol. I, 1785) ; D" Sparmann [Museum Carlsonianum, Holmiæ 1786) ; Latham //ndex ornithologicus,

(1) Skandinavisk F'auna.

7," Mrs

Londini, 1790) ; Bechstein {Gemen. Natur. Deutsch. Leipzig 1793); Gleichen {Découvertes dans le règne végétal). — Cependant il faut reconnaître que d’autres naturalistes s'étaient prononcés pour l'opinion contraire ; c’est ainsi que Brisson /Ornithologie, t. I, 1760); Buffon [Du petit Tétras, p.189, Œuvres comp., édit. de 1844); Langsdorff, Mém. de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, t. IT, 1811), Meyer /Mag. für die neue. Ent., Berlin 1811), et plus récemment le pasteur Brehm /Handbuch der Naturgeschichte der Vügel Deutschlands, menau, 1831) (1), et Jagareff /Tidser, 1832) font du Rackelhane soit une espèce, soit une variété.

De nos jours encore des doutes ont été émis dans le Magasin de zoologie. M. J. B. Jaubert, sans se prononcer d'une façon catécorique, critique les raisons alléguées par le D' Gloger, et expose au contraire les motifs qui militent en faveur d’une véritable espèce.

M. Schintz, dans son ÆEuropæische Fauna, 1840 (2), n'ose pas se prononcer et « laisse la chose indécise ». Enfin, Faivre et Godron, le premier en 1868 (3), le second (4) en 1872, disent, l’un, que les croisements entre les deux Tétras méritent confirmation; l’autre, en parlant des produits, qu’il s’agit seulement de variétés.

Quoi qu’il en soit, le Rackelhane est généralement admis comme hybride; nous en avons eu encore la preuve tout dernièrement dans les communications qu'ont bien voulu nous faire les directeurs ou conservateurs des musées où figurent ces oiseaux, répandus aujourd'hui dans toutes les collections, que l’on rencontre dans les moindres cabinets et même sur les marchés, à Saint-Pétersbourg comme à Paris.

I nous serait impossible de donner ici l’histoire de ce

(1) Cité par Nilsson.

(2) P. 279. Stuttgart.

(3) De la variabilité des espèces et de leurs limites. (4) De l'espèce et des races dans les êtres organisés.

curieux hybride, chassé dans toutes les forêts de l’Allemagne, de la Russie, de la Norwège, de la Suède, que l'on voit aussi en Suisse, dans les Alpes, et en Écosse. — M. À. B. Meyer, de Dresde, vient de faire paraître un ouvrage très important sur les Tétras (1). Il s’est étendu très longuement sur les hybrides de ces oiseaux. Il cite des faits récents et admet que les hybrides peuvent se croiser avec les espèces pures. Il a donné la description de treize exemplaires de Rackelhane nouvellement tués. De magnifiques gravures accompagnent le texte. Le prof. Sewertzow a également donné des détails très intéressants et tout à fait nouveaux sur cet hybride.

On trouvera encore dans le journal de chasse Jagd- Zeitung, années 1883 et suivantes et dans Mittheilung der Ornithologischen, plusieurs faits concernant les Rackelhanes racontés par le Kronprinz Rudolph. Une expérience bien curieuse vient d’être tentée par M. Kralik, de Vienne. Celui-ci, pour la première fois croyons-nous, a obtenu dans ses volières le croisement de l’urogallus et du fetrix. Ses essais ont été racontés par M. von Tschusi (2) et par Student (3), (cités par M. Meyer).

Nous ajouterons que le mâle du T. tétrix se croise avec la femelle du Lagopède (Ptarmigan), et produit des hybrides qui ont été décrits par Nilsson (4), Naumann (5), Yarrel (6), et autres naturalistes. Les musées de Milan, de Darmstadt, de Varsovie et de Stockholm nous ont fait savoir qu'ils en possédaient des exemplaires. Huit spécimens sont conservés au musée de Saint-Pétersbourg ; la plupart sont des mâles avec leur livrée d'hiver ; onze autres existent à l’université de Christiania, quatre dans

(1) Unser Auer- Rackel- und Birkwild und seine Abarten. Vienne, 1887.

(2) Mittheilungen der Ornithologischen, Vienne, 1884.

(3) Waidenaustheil, 1885. M. Wiebke. dans le Journal für Ornithologie, année 1885, a parlé sur le même sujet.

(4) Skandinavisk Fauna.

(5) Naturgeschichte.

(6) British Birds.

À rl

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