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la collection d'Upsala, et quatre au musée de Bergen. M. Albert Collett, qui donne ces derniers renseignements, vient de publier dans les Proceedings of the z2oologieal Society of London, 1886, une histoire naturelle très complète de cet hybride, désigné, en Suède et en Norwège, sous le nom de Rype Orre. M. Wiebke a parlé dernièrement (1) de trois exemplaires tués en 1884, le premier dans les environs d'Helsingfors, le deuxième à Petrozavodsk le 23 décembre, et le troisième dans le gouvernement de Novgorod, le 17 janvier. Un quatrième a été abattu à Kasan au mois de mars de la même année. Nous apprenons par M. Schlüter, naturaliste de Halle, que le Musée de cette ville en possède aussi un exemplaire, et qu'il en existe un autre dans le Musée de Berlin.
Le Tetrix s’'accouplerait aussi avec la Bonasa betulina (Gelinotte). Dresser, dans les Proceedings of the zoological Society, en 1876 (2), a le premier signalé ce nouveau croisement. Il montra à une des réunions de la Société un spécimen paraissant avoir cette origine et appartenant à M. John Flower, qui l'avait acheté à un marchand d'oiseaux ; disséqué par M. Dresser, cet oiseau fut reconnu pour être mâle. M. Th. Pleske (3) vient de décrire dans - les Mémoires de l’Académie de Saint- Pétersbourg (4) deux exemplaires ayant la même origine et dont il donne une figure. Ce sont deux mâles, ils furent pris dans le même nid par M. Andrejensky en septembre 1860 à Toksowo; l'un appartient au musée de l’Académie des sciences, l’autre au cabinet zoologique de l'Université. Un troisième, une femelle, fut acheté au marché, sans que l’on sache d'où il venait. M. Pleske ne croit pas se tromper en désignant pour père de ces oiseaux la Bonasa betulina et
(1) Journal für Ornithologie, 1885, p. 394.
(3) Conservateur au musée zoologique de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
(4) VIT: série, t. XXXV, n° 5. 1887.
pour mère le T, tetrix; car on ne peut guère admettre, dit-il, qu'une Gelinotte femelle se rencontre dans les endroits fréquentés par les coqs de bruyère lorsque ceuxci sont en amour. M. Dresser avait fait la même observation au sujet du spécimen présenté par lui à la Société zoologique de Londres. M. Lindner, de Salzbourg, a fait savoir à M. Meyer (1) qu'un nouveau sujet avait été abattu dans les environs ; malheureusement, il avait été vendu et on n’a pu le retrouver.
La Bonasa betulina contracterait elle-même des alliances avecle Lagopus albus.
M. le comte Vertova, de Bergame, nous écrit qu'il possède dans sa collection un produit auquel on attribue cette origine et qui a été pris il y a longtemps dans les Alpes. On avait cru d’abord à un cas d’albinisme ; mais, après avoir été examiné avec soin par M. Vertova et Le professeur di Filippi, il a été reconnu pour un hybride de L. albus et de B. betulina. M. Kolthoff vient de décrire un autre exemplaire sous le nom de Lagopus Bonasioides dans les comptes rendus de l’Académie des sciences de Stockholm, (Band 13. 1888). Cet oiseau se trouve au musée d'Upsala. I existe aussi des croisements entre le Lagopus mutus et le T. tetrix. Le comte Alphonse Auersperg, de Laibach, a donné d'intéressants détails sur ces croisements (2). M. Newton, en 1878, a exposé à la Société zoologique de Londres la peau d’un oiseau qu'il supposait être un hybride de L. mutus et de L. scoticus (3). Enfin, ce dernier oiseau contracterait des alliances avec le tetrix dit M° Meyer.
Beaucoup de naturalistes ont cru, par l'examen des sujets qui leur étaient présentés, non seulement pour des Tétras, mais aussi pour beaucoup d’autres hybrides, pouvoir déterminer le sexe des deux espèces qui s'étaient mélangées. — Des expériences assez nombreuses nous ont
(1) Op. cit; p. 91.
(2) Voy. Meyer, Op. cit., p. 88.
(3) Voy. Proceed., p. 793, 1878,
prouvé que, dans une production hybride, le renversement des sexes n’est point, le plus souvent, cause de variation (1). Tantôt l'hybride est intermédiaire, tantôt il ressemble à un parent plus qu'à l’autre, quelquefois même c’est à peine s'il révèle sa double origine, ses caractères étant presque uniquement ceux d’une des deux espèces. Il ressort de là qu’on ne peut davantage déterminer quel est le degré de pureté des deux facteurs et avancer, comme on l’a fait quelquefois, que tel hybride provient d’un autre hybride croisé avec une espèce pure, parce qu'il paraît posséder plus de sang d’une espèce que de l’autre. — Nous croyons utile de faire ces remarques, parce que souvent, dans les faits qu'ils rapportent, les auteurs sont portés à indiquer le sexe des deux espèces mères. Cette détermination nous parait absolument impossible.
Rapaces.
Il n’y a que peu de chose à dire sur les oiseaux de proie; on trouve, il est vrai, une mention de leurs croisements dans Willoughby. Celui-ci dit que les Accipitres et les autres rapaces d'espèces diverses s’accouplent, « soit que leur aspect les rende semblables à eux-mêmes, soit parce qu'ils sont très portés à l’amour. +» M. Michel Menzbier en a fait aussi une mention dans sa conférence à la Société zoologique de France (2). Mais aucun fait positif n’a encore été cité, et tous les croisements qu’il énumère ne reposent que sur des conjectures. C’est ainsi que deux formes de Faucons réunies, à tort selon l’éminent professeur de Moscou, sous le nom de Falco Eleonora, se croiseraient entre elles ainsi qu'avec les oiseaux provenus de
(1) Sauf dans des cas très rares, comme dans l’union du cheval et de l'âne. Le bardot, produit du cheval et de l’ânesse,est absolument différent du mulet, produit par la cavale et par l’âne,
(2) Revue scientifique, p. 519.
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leurs croisements (1); deux Buses, Buteo vulgaris et Buteo vulpinus,agiraient de même ; l’Aquila pennata etYA . minuta ne formeraient plus une seule espèce comme l’ont pensé les zoologistes, et leurs produits devraient être déclarés hybrides, ete. M. Mentzhier réunit en ce moment les œuvres posthumes de N. A. Sewertzow ; plusieurs matériaux mis en ordre ont été déjà publiés dans les Mémoires de la Société des Naturalistes, années 1885 et 1888. On y trouvera des observations concernant les hybrides supposés d'Aq. chrysaëtos, nobilis et daphonea. L'expérience seule pourra confirmer ces dires. Il est toutefois intéressant de constater que ces hybrides paraissent provenir assez souvent d'individus importés, deux exemplaires recueillis par le professeur étaient échappés de captivité (2).