‹ L'Hydarthrose Hérédo-Syphilitique TardiveChapitre 12 sur 24 · STAR · texte numérisé non relu

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Comment expliquer la fréquence de cette localisation ?

Faut-11 invoquer des raisons d'ordre physiologique et « incriminer lé travail considérable auquel cette articulation est soumise » (DuPpuY DE LA BADONNIÈRE).

Faut-il, avec Broca, considérer que « le genou est une articulation facile à voir, facile à palper ; un gonflement, un épaississement des parties molles, un épanchement même léger ne nous échappent guère ».

CLurron, en 1886, écrivait : « Je ne puis pas expliquer pourquoi les genoux sont plus particulièrement pris, de préférence aux autres jointures ; avec une observation plus approfondie, on trouverait d’autres jointures affectées. »

Pour illustrer cette affirmation, nous pouvons citer l'observation de Fouquer (1913) qui, chez une malade de 21 ans, signale la multiplicité des articulations atteintes d’hydarthrose ; les genoux, les coudes, les poignets, les articulations sterno-claviculaires étaient atteintes simultanément et symétriquement.

L'’hydarthrose hérédo-syphilitique tardive est bilatérale et symétrique.

« Bilatéralité ne veut pas dire simultanéité », a dit Broca. La deuxième hydarthrose peut ne se déclarer qu'après un intervalle quelquefois long. La bilatéralité de l’hydarthrose, qui alors n’est pas simultané, est dite successive {Errorr). Lance et Huc ont observé des formes alternantes. L’alternance leur paraît être un des caractères spéciaux à la syphilis et ils déclarent : « La forme hydarthrosique se produisant aux deux genoux soit simultanément, soit alternativement, acquiert pour le diagnostic de l’hérédo-syphilis une valeur absolue. » Enfin l’hydarthrose peut demeurer unilatérale, rarement. Dans ce cas, le genou atteint serait presque toujours le genou gauche (DipuY DE LA BaADonniÈRE). Les formes généralisées à presque toutes les grosses articulations, comme dans l’observation de Fouquer de 1913, sont également rares.

La symétrie, lorsqu ‘elle existe, est un phénomène

capital. « L’hydarthrose bilatérale des genoux est, dans presque tous les cas, une manifestation syphilitique. » (Lance et Huc.)

Pour expliquer cette atteinte symétrique des articulations dans l'hérédo-syphilis, MaucLAIRE, en 1909, se demande « si bon nombre de ces hydarthroses hérédo-syphilitiques ne sont pas dues à une infection médullaire qui, à distance, provoque un épanchement articulaire de nature névropathique ».

Cette idée est reprise sous une autre forme par Mathieu-Pierre Wei en 1924 : « On peut se demander s’il ne faut pas incriminer une origine nerveuse, radiculaire ou névritique dans le déterminisme de certaines arthrites syphilitiques. On conçoit mal, en effet, sans l'intervention du système nerveux, la bilatéralité de ces arthrites et des hydarthroses qui les révèlent. »

Quoi qu'il en soit, cette atteinte bilatérale et symétrique se traduira différemment, suivant que nous aurons affaire à une hydarthrose essentielle ou à une hydarthrose symptomatique.

Dans le premier cas, nous aurons une hydarthrose bilatérale symétrique.

Dans le second, « la symétrie n'implique pas toujours l'identité des lésions anatomiques : on peut avoir une hydarthrose d’un genou, par exemple, et une arthrite fongueuse de l’autre genou » (Lance et Huc). MénarD et Mozer signalent les associations suivantes : « hydarthrose d’un côté et simple épaississement synovial de l’autre, hydarthrose simple et hydarthrose avec épiphysite ; hydarthrose et fausse tumeur blanche ».

Si nous examinons maintenant le genou, ou l’un des genoux atteints, nous lui trouvons une peau de coloration normale. La température locale, pas plus que la température générale, n’est augmentée, sauf rarement en cas de poussées subaiguës. Nous trouvons un épanchement liquidien de volume variable, parfois minime, parfois considérable, donnant des

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genoux énormes. Mais il n'est jamais sous tension.

Quel que soit le volume de l’épanchement, l'impotence fonctionnelle est nulle ou peu intense ; la motilité est normale, il n'existe pas de contracture, pas d’attitudes vicieuses. L’atrophie musculaire est modérée, relativement légère, même dans les cas anciens.

Enfin, signe très important, l’adénopathie satellite est absente dans l’hydarthrose hérédo-syphilitique.

Cette hydarthrose non traitée, ou insrffisamment traitée, va évoluer. Son évolution sera chronique. l’hydarthrose persistera pendant des mois et même des années, revêtant parfois une forme intermittente.

Des complications locales pourront survenir : « La synoviale s’épaissira, les ligaments se relâcheront et, dans certains cas, des subluxations ou des luxations complètes pourront se produire. En tout cas, la restitutio ad intregrum sera impossible si on laisse l’articulation sans traitement spécifique » (Dupuy p£e LA BADONNIÈRE).

Des complications générales, qui ne seront que des manifestations cliniques postérieures à l’hydarthrose de la maladie syphilitique du sujet, surviendront également. Nous en parlerons dans d’autres chapitres.

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