EXAMENS DE LABORATOIRE
Nous venons d'étudier les principaux signes cliniques de l’hydarthrose hérédo-syphilitique tardive, son début insidieux, son développement aphlegmasique, son indolence, sa localisation bilatérale et symétrique, son évolution chronique.
Nous serons très bref sur les signes radiologiques. Nous insisterons seulement sur la nécessité de demander toujours, pour les comparer, les radiographies
des deux articulations symétriques. Certaines radiographies prises dans ces conditions semblent démontrer l'intégrité osseuse juxta-articulaire, d'autres mettent en évidence des lésions osseuses plus ou moins discrètes. Nous en avons parlé précédemment, nous n’y reviendrons pas. Il serait peut-être intéressant de rechercher radiologiquement la fréquence du « contingent ostéo-articulaire » signalé par Dupuy DE La Baponière. Mais cette recherche systématique est impossible pour des raisons pécuniaires, chez l'enfant et chez l'adolescent.
Nous nous proposons maintenant d'étudier dans quelle mesure le laboratoire peut nous venir en aide pour étabilr la nature hérédo-syphilitique d'une hydarthrose.
Nous étudierons successivement : 1° la evtologie du liquide d’hydarthrose ; 2° le Wassermann du sang ; 3° le Wassermann du liquide d’hydarthrose.
Fouquer, en 1913, signale une formule Ivmphocytique ; Derocque, en 1930, publie une formule identique. Ces cas semblent l'exception.
Dupuy DE LA BADONNIÈRE, en 1921, cite les chiffres trouvés par le Professeur FABRE pour ses malades, et conclut à une formule nettement inflammatoire.
Farou, en 1924, affirme le caractère histologiquement purulent des épanchements articulaires de l’hérédo-syphilis tardive. Il insiste sur le caractère paradoxal de cette formule cytologique, aui se maintient, même dans les formes les plus chroniques.
« Les polvnucléaires sont le plus souvent intacts. TE Te a toujours varié entre 70 et 95 %, la lymphocytose variant de 0 à 5 %, le complément du pourcentage étant fourni par des cellules de desquamation. »
« Cette polynucléose est permanente, persistant au cours d'un traitement énergique, jusqu'à l’assèchement de l'articulation. »
Et nous trouvons, dans les travaux ultérieurs de Farou et dans les thèses qu'il a inspirées : « Ces
hydarthroses sont, histologiquement parlant, des pyarthroses ».
Error conclut, en 1930 : « Il semble que le tréponème soit pyogène comme l'avait soutenu GnRaN- CHER. »
Le Wassermann du sang, dans le cas d’hydarthrose hérédo-syphilitique tardive, à été beaucoup moins étudié que le Wassermann du liquide d'hvdarthrose.
Fouquer, en 1913, note la positivité du Wassermann dans le liquide articulaire.
Rouaier, en 1924, insiste sur la grande valeur de la réaction de Wassermann positive au maximum dans le liquide articulaire, alors qu’elle peut être négative dans le sang, comme il arrive dans l’hérédo-syphilis tardive.
Brum et Farou, en 1927, notent la « positivité maxima de la réaction de Wassermann dans le liquide articulaire, même alors que le Wassermann du sang est devenu négatif » et montrent l'intérêt qu'il y a à rapprocher ce fait de la persistance de la réaction de Wassermann dans le liquide céphalo-rachidien, dans le liquide d’hydrocèle, dans le liquide péritonéal ou pleurétique prélevé chez des syphilitiques atteints de localisations correspondantes de la maladie.
Ces deux caractères, la polynucléose paradoxale fréquente du liquide d’hydarthrose hérédo-syphilitique tardive et la positivité maxima de la réaction de Wassermann de ce même liquide, nous paraissent vraiment dignes d’être toujours recherchés. Cependant, comme en clinique rien n’est absolu, nous pouvons, dans certains cas, supposer leur carence. Ce ne sera pas pour nous une raison suffisante pour écarter 1mmédiatement le diagnostic d’hydarthrose hérédosyphilitique tardive si, d’après les antécédents héréditaires, collatéraux et personnels du malade la coexistence possible d’autres lésions ou l'aspect clinique de l'hydarthrose, nous avons des raisons sérieuses de penser à sa nature hérédo-syphilitique tardive.
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