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Nous ne pouvons nous étendre plus longuement sur un sujet qui déborde le cadre de cette thèse. Nous avons tenu cependant, en l’effletrant, à montrer son importance. De toute façon, des recherches ainsi conduites éviteront au médecin ce reproche formulé par MoresrTin en 1907 : « La syphilis est fréquemment méconnue. Ce n’est pourtant pas toujours sa faute ».
La reconnaissance du terrain hérédo-syphilitique du sujet ne nous permettra pas de conclure d'une façon certaine à la nature hérédo-syphilitique de son hydarthrose. En effet, on peut être hérédo-syphilitique et faire une hydarthrose tuberculeuse, gonococcique ou traumatique. Le terrain hérédo-syphilitique est un excellent lit pour la tuberculose articulaire et osseuse.
Il est encore une autre façon d'envisager la question, c’est de se demander si, chez un hérédo-syphilitique, une hydarthrose ne peut pas être due à l'influence locale simultanée de la syphilis et de la tuberculose, de la syphilis et de la gonococcie, de la syphilis et du traumatisme.
Quoi qu'il en soit, notre recherche du terrain hérédo-syphilitique n'aura pas été vaine dans ces cas. Nous pourrons le modifier favorablement en prenant bien soin de choisir des médicaments dont l’action soit utile, ou tout au moins ne soit pas nuisible à l’évolution heureuse de l'affection associée.
Nous avons trouvé, où nous n'avons pas trouvé des signes de certitude ou, plus modestement, de probabilité, d’un terrain hérédo-syphilitique. Nous considérons maintenant l'hydarthrose et nous nous posons la question : « Est-elle hérédo-syphilitique ? » Si elle est hérédo-syphilitique, elle sera forcément tardive, car nous n'avons pas trouvé un seul cas d’hydarthrose hérédo-syphilitique précoce mentionné dans toute la littérature que nous avons parcourue.
En faveur de la nature hérédo-syphilitique de cette hydarthrose, nous aurons tous les signes cliniques, cytologiques et sérologiques que nous avons précédemment mentionnés.
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Il existe un autre signe que les ophtalmologistes ont bien étudié, c’est la coexistence fréquente d’une kératite interstitielle.
Les ophtalmologistes, pour affirmer la nature hérédo-syphilitique d’une kératite interstitielle et éliminer la possibilité d’une étiologie tuberculeuse, cherchaïent les autres signes de la triade d'Hutchinson, malformations dentaires et surdité. Ils se sont bien vite aperçus qu'il existait un autre symptôme d'hérédo-syphilis sur lequel Hurcxinsox, en 1857, n'avait pas suffisamment insisté : l’hydarthrose, principalement localisée aux genoux.
C'est ainsi que Puecu, de Bordeaux, en 1901, propose de transformer la triade d’Hutchinson en « pléiade ». CanrTonxerT, en 1919, préfère le terme « tétrade ».
Cette hydarthrose, nouveau symptôme de la triade d'Hutchinson, transformée, à la demande de CANTON- NET, et « pour les besoins de la clinique moderne », en tétrade, est bien plus fréquente que le symptôme surdité.
Puecu, en 1901, sur 27 cas de kératite interstitielle, trouve 11 sujets atteints d’hydarthrose, tandis que les troubles auditifs n’existaient que dans 5 cas.
Jacqueau, de Lyon, en 1908, dans une communication faite au Congrès de la Société Française d’Ophtalmologie, estime que la kératite interstitielle s’accompagne d’hydarthrose dans la moitié des cas.
« Dans plus de la moitié des cas, kératite et hydarthrose vont ensemble, surtout lorsque le clinicien connaît leur corrélation et qu'il la recherche », écrit MER- LIER, élève de CANTONNET,, en 1918.
Dupuy DE LA BADONNIÈRE, en 1921, publie 8 nouvelles observations de kératite interstitielle accompagnée d’hydarthrose du genou et dans lesquelles une seule fois la surdité est relevée.
CLkéMeNT, en 1922, signale 19 cas de kératite interstitielle associée à l’hydarthrose, note 7 fois les dents d'Hutchinson, une fois seulement la surdité.
Le
LAURENT
L'hydarthrose est donc fréquente par rapport à la kératite.
La kératite est-elle fréquente par rapport à l’hydarthrose ?
Cet aspect de la question a été très peu étudié. CLurrox, en 1886, sur 11 cas d’hydarthrose hérédosyphiltique, trouve 10 fois la kératite interstitielle, 5 fois les dents d'Hutchinson, 4 fois des exostoses tibiales et 2 fois seulement la surdité.
L'’hydarthrose est-elle fréquente par rapport à l’hérédo-syphilis ?
Léo, en 1932, sur 292 cas d’hérédo-syphilis, trouve 7 % d’'hydarthroses.
KcauDper et RoBEerTrsow, en 1934. sur 363 hérédosyphilitiques, trouvent 17 % d'hydarthroses.
Le plus souvent, lorsque la kératite et l’hydarthrose doivent coexister, elles éclatent en même temps; mais « parfois l’hydarthrose précède de quelques mois, d’un an au plus, la manifestation oculaire » (Puecn). Aussi MERLIER, en 1918, écrit-il que « la constatation d’une hydarthrose hérédo-syphilitique tardive doit commander un traitement antisyphilitique intensif pour prévenir l'apparition d’une kératite ».
À notre avis, l’hydarthrose, du seul fait que sa nature syphilitique est reconnue, doit commander un traitement intensif. Mais nous connaissons trop bien les malades et leurs familles pour savoir avec quelle facilité ils se dérobent à un traitement de longue durée, même gratuit, lorsqu'ils ne souffrent pas. Aussi saurons-nous à l’occasion agiter l’épouvantail de la kératite et de la cécité possible, pour démontrer à des malades peu dociles, en ce cas particulier. l’utilité du traitement.
Les ophtalmologistes, à qui nous devons décidément beaucoup dans l'étude de l'hydarthrose hérédo-svphilitique tardive, ont insisté sur l’insouciance avec laquelle les malades considèrent ce symptôme indolore et qui ne diminue pas sensiblement leur activité, et sur la nécessité de sa recherche systématique.
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« Parents ou malades ne vous parleront pas d’une affection qui ne saurait avoir pour eux la moindre relation oculaire. Cette relation est du reste ignorée de beaucoup de praticiens. » (Puecx, 1901.)
« Cette hydarthrose est indolore, ni l’enfant ni les . parents ne la signalent au médecin; celui-ci doit donc la rechercher systématiquement, sinon elle passera inaperçue. » (CANTONNET, 1919.)
Ne nous est-il pas permis de conclure, par analogie : beaucoup de malades, lorsque l’hydarthrose est l’unique symptôme apparent de leur maladie syvphilitique héréditaire, ne consultent pas.