TRAITEMENT
La quinine et la liqueur de Fowler ont été autrefois très en honneur ; l'emploi d'agents physiques, cautérisations ou courants galvaniques, a été suivi d’améliorations, il est vrai bien passagères et inconstantes.
En 1880, Seliegmuüller conseille l'emploi de l’ergotine ; Pletzer, quelques années plus tard, pratique chez une de ses malades, une série de dix injections, au moment d’une poussée : après deux injections, le gonflement articulaire a disparu, la mobilité est revenue ; à la dixième interruption du traitement ; pas de récidive après trois ans et demi.
Kennedy, en 1886, a un échec, après l'emploi de l’ergotine.
En 1910, Ribierre et Marquet constatent les bons effets de l’opothérapie thyroïdienne.
Schlesinger, tout récemment, a obtenu des améliorations grâce à l’opothérapie ovarienne et placentaire.
A la même époque, Weismann-Netter obtient l'arrêt, qu’on peut considérer comme définitif, de poussées d’'hydarthrose périodique survenant avec une régularité désespérante par l'emploi du tartrate d’ergotamine en injections sous-cutanées ; il enregistre une améliora-
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tion très nette, chez un autre malade, après une série de dix injections. Les doses employées oscillent entre un quart et un demi-milligramme ; elles n’ont pas provoqué d'accident.
Il semble bien que les améliorations enregistrées après emploi de ces différentes médications ont été obtenues grâce à leur action directe ou indirecte sur le . système nerveux sympathique.
Obs. I. — Communiquée à la Société médicale des hôpilaux, par le D' Wgismann-Nerrer, en juin 1929.
Mme Gé..., 26 ans, employée de bureau, n’a aucun antécédent personnel, ni héréditaire qui mérite d’être signalé. C’est en août 1926 que sont apparus les phénomènes articulaires.
Trois mois auparavant elle avait été opérée d’une appendicite.
Cette opération avait été immédiatement suivie d’une « congestion pulmonaire » droite ayant évolué en un mois.
L'hydarthrose, d'apparition et de disparition brusque, affecte toujours le genou droit. Sa régularité est chronométrique, le cycle étant de 7 jours et la durée de 3 jours. Elle est précédée par une sensation de gêne dans le genou. Celui-ci gonfle brusquement, le plus souvent dans la nuit. Les méplats disparaissent, les culs de sacs synoviaux bombent,le choc rotulien est très net.
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Seule l'abondance du liquide est légèrement variable
d’une poussée à l’autre.
Lors de la poussée, les téguments de la région sont chauds, légèrement rosés. IL n’y a pas à proprement parler de douleurs, mais une gêne persistante plus marquée à la marche. |
Dans l'intervalle des poussées, l’hydarthrose disparait entièrement. Le genou présente alors un aspect normal. Il y a des craquements articulaires, mais existant aussi de l’autre côté. La recherche des ganglions: inguinaux est négative. Mais on note une atrophie très nôtable du quadriceps droit. |
Il y a une différence de six centimètres entre la circonférence des deux cuisses et la malade insiste elle-même sur « l’amaigrissement » progressif de la cuisse droite.
La radiographie des genoux ne montre aucune lésion articulaire ni osseuse visible. H n’y a même pas de décalcification notable fémorale ou tibiale à droite.
L'état général au cours des poussées ne présente aucune modification manifeste. Tout au plus, la malade : est-elle plus nerveuse, plus irritable. Cependant lors des poussées se produit une sudation abondante au niveau des extrémités.
A l’état normal, d’ailleurs, la malade a constamment les pieds et les mains moites et au niveau des doigts existent souvent des éléments de dyshydrose. La température centrale n’augmente pas au cours des poussées. Mais il y a lieu de signaler que, d'une façon conti nuëé, la malade présente un certain degré d'hyperthermie ; 37°3 le matin, 37°6 à 38°1 le soir. Nous verrons que cette hyperthermie ne peut être rattachée avec certitude à aucune infection déterminée.
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Le pouls de 78 à 86, la tension artérielle à 14-9 ne se modifient en rien lors des poussées.
De même, il n’y a aucune modification quantitative ni qualitative des urines.
La périodicité est absolument remarquable. Jamais elle n’a été en défaut pendant tout le cours de la maladie, d'août 1926 à janvier 1928.
Les caractères de la fluxion ne sont nullement changés lorsque celle-ci coïncide avec les règles. Ces dernières, apparues à l’âge de 13 ans sont aussi chez notre malade d’une périodicité presque horaire, et de durée et d’abondance normales.Il va dans ce même organisme deux cycles diversement réglés qui se déroulent indépendamment.
Notons que la malade, mariée depuis août 1923, n'a jamais été enceinte. Notons également que ni chez elle, ni chez ses ascendants, n'ont jamais existé de migraines, d'asthme, d’urticaire, ni d'autres manifestalions analogues.
L'examen des différents appareils est absolument négatif. Physiquement et intellectuellement, Mme G..., est bien développée et bien équilibrée. Elle ne présente aucun des caractères d’une dysthyroïdienne. Les téguments sont normaux.
Du côté du système pileux, (out au plus peut-on noter l'épaisseur des sourcils qu'elle tient de son ascendance paternelle.
I n’y a d'autre trouble vaso-moteur que la moiteur des pieds et des mains déjà signalée et augmentant lors des poussées d’'hydarthrose.
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Disons immédiatement que le métabolisme basal fait par deux fois, en dehors des poussées et pendant l’une d'elles, a été sensiblement normal. Rien n’est à relever du côté de l’appareil digestif, de l'appareil circulatoire ni de l'appareil respiratoire. Notre examen de ce dernier a été particulièrement attentif, certains auteurs ayant invoqué l’étiologie tuberculeuse possible de l'affection (Chiray et-Michelowsky). Or, l'examen clinique et radiologique des poumons est ici entièrement négatif. Cependant, il importe de signaler que le, mari de Mme G..., a été atteint en 1924, c’est à-dire postérieurement au début de l’hydarthrose périodique de sa femme, d’une pleurésie droite et qu’il présente depuis 1928 une seconde pleurésie gauche avec atteinte pulmonaire, mais sans expectoration bacillifère.
En dépit de quoi, Mme G..., semble être jusqu’à présent indemne de toute tuberculose décelable. Nous avons pratiqué chez elle des cuti-réactions à la tuberculine au cours et en dehors des poussées d’hydarthrose. Ces cuti-réactions ont été positives au degré habituel chez un adulte normal. Nous verrons, d'autre part, que l'examen biologique du liquide articulaire et que son inoculation à des cobayes ne témoignent en rien en Îfaveur de l'origine tuberculeuse de l'affection.
L'examen de l’appareil génital ne montre de même rien d’anormal. La malade n’a jamais eu de pertes blanches. Elle ne présente aucun antécédent ni aucun stigmate de syphilis acquise ou héréditaire. La réaction de B. W. du sang et celle du liquide articulaire ont été l’une et l’autre négatives.
Outre les examens cliniques, biologiques et radiologiques rapportés, nous avons pu étudier les caractères du liquide articulaire.
Une ponction du genou en pleine poussée nous à permis de retirer plus de 40 cc. de liquide ceitrin à réaction de Rivalta positive, et coagulant spontanément. L'examen cytologique a montré quelques hématies, d’assez nombreux leucocytes avec en proportion égale des polynucléaires et des lymphocytes peu altérés..
L'examen bactériologique direct, l’ensemencement immédiat du liquide sur gélose au sang, en bouillon ordinaire et en bouillon ascite, n’ont révélé aucun microorganisme. Inoculé à deux cobayes, aucun de ceux-ci n’a été tuberculisé.
Examen chimique (Cf. anatomie pathologique).
L'examen hématologique a montré des chiffres normaux de globules rouges, de globules blancs et un pourcentage leucocytaire normal.
Au point de vue physico-chimique, une analyse du sang prélevé à la terminaison d'une poussée a donné pour 1 litre de sérum :
Urée RON REP Albumines totales. . . 67gr.9 :
Cholesténines er SN AG reTe GIYCAMIR SES RTE Chiorurémies re NT
Fes PRE PNR EC UPS D LAN Le 2 Réserve alcaline . . . 51gr.6
Il ne nous à pas été possible malheureusement de.
faire à nouveau de tels examens bien qu’il eût été intéressant d'étudier les modifications sanguines et en particulier celles du pH. et de la réserve alcaline avant, pendant et après les poussées. Il y a lieu d’insister sur le chiffre bas du pH. (7,22) après la poussée. Ce résul: tat, ainsi que le chiffre un peu trop élevé de l’urée nous a fait rechercher vainement d’autres stigmates d’insuffisance rénale.
Dans un autre ordre d'idées, nous avons à plusieurs reprises étudié l’état du système nerveux végétatif de notre malade. Que la recherche ait été faite, avant, péndant ou après la poussée d'hydarthrose, il ne nous a pas été possible de considérer notre malade comme une sympathicotonique. La compression oculaire a déterminé le plus souvent une diminution du nombre de pulsations (moins 5 à moins 10). Rarementil se produit une augmentation (plus 4 à plus 6). Les différents tests (hypophyse, thyroïde, adrénaline) nous ont paru également décevants.
Lorsque nous avons examiné pour la première fois cette malade, en 1927, elle avait essayé déjà divers traitements, tous inefficaces. A notre tour, nous avons essayé chez elle bien des médications sans aucun résultat tout d’abord et qui la laissaient chaque fois plus découragée. Quelques cas d’hydarthroses périodiques ayant été guéris par l'extrait thyroïdien, nous avons d’abord recouru à cette opothérapie en utilisant des extraits de diverses provenances et en atteignant des doses importantes. Nous y avons joint ensuite l'extrait ovarien, la rétropituitrine. Puis, considérant la malade comme étant le