‹ L'Hydraulique au MarocChapitre 23 sur 33 · D' Bonjean, op. cii., p · texte numérisé non relu

D' Bonjean, op. cii., p

dans les villes principales, nous verrons que tous ces procédés ont été employés, mais que si la question de l’alimentation en eau des centres urbains semble actuellement satisfaisante au point de vue quantité, elle exige toujours une surveillance sévère, en ce qui concerne la qualité du liquide.

Parmi les villes du Maroc transformées par l’établissement des Européens, toutes n’ont pas les mêmes caractères. Dans les unes : (Casablanca, Kenitra) l’afflux incessant des non-Marocains a fait prendre à la ville européenne une extension telle que les indigènes ne forment plus qu’un petit noyau insignifiant groupé dans la Médina. D’autres, au contraire (Marrakech, Fès) ont gardé toute leur importance de capitales indigènes, mais en face de la ville arabe, qui n’a rien perdu de sa grouillante activité est venue s'établir une ville française beaucoup moins peuplée que sa sœur musulmane mais bien souvent tout aussi étendue parce que bâtie selon les conceptions d’un urbanisme moderne.

C'est principalement dans les cités du premier groupe qu'un besoin urgent d’eau potable se fit sentir. Dans les autres, la ville marocaine, la Médina, avait son réseau existant depuis longtemps, mais outre qu’il ne donnait la plupart du temps qu’une eau suspecte au point de vue hygiène, l'importance des nouveaux besoins était telle qu'elle exigeait la mise en exploitation de ressources nouvelles.

Casablanca. — C’est à Casablanca que le problème de l’eau souleva le plus de difficultés en raison d’abord de sa situation peu favorable, quant à l'abondance des ressources actuelles et à cause de l’extrême concentration de la population.

De 1926 à 1931, les deux derniers recensements ont

donné les chiffres suivants : la population indigène est passée de 34.984 individus à 55.291, la population européenne de 71.624 à 106.127, 1l n’est donc pas étonnant que depuis sa création la ville de Casablanca manque d'eau l'été, et en réclame avec une insistance qui ne s’est pas démentie depuis vingt ans.

A notre arrivée, la Médina n'avait pas d’adduction d’eau potable. Elle était alimentée par des puits, des citernes installées sous les patios des maisons et quelques sources. Le génie militaire capta en 1914 les sources du Tit Mellii, à 17 kilomètres au sud-est de la ville, qui devaient continuer à alimenter Casablanca jusqu’à ces dernier temps. Le débit en était de 1.200 mètres cubes par jour.

En 1921, un projet d’amenée de lAïn Ouzoud (sur l’Oued el Abid) ne reçut pas l’approbation de l’Administration des Travaux qublics qui se contenta d’améliorer le débit de Tit Mellil porté à 10.000 mètres cubes par l’exécution de puits nouveaux.

Non seulement les besoins augmentèrent avec régularité, mais le débit ne cessait de décroître. Aussi en 1922 on réalisa le captage de sept sources superficielles à 25 kilomètres de Casablanca, donnant un débit quotidien de 7.000 mètres cubes. Le manque d’eau qui se reproduisit chaque année provoqua en 1926 la création d’un Comité des eaux présidé par le contrôleur chef de la région de Casablanca et comprenant parmi ses membres le Directeur général des Travaux publics. Trois projets furent étudiés et proposés. L'aménagement de l’Oued el Abid; celui de l'Oum-er-Rebia et enfin celui de l’Aïn Riba (près de Meknès). Quelques mois après, un dernier projet, celui

du Fouarat, semble obtenir l'approbation de l’administration.

En 1927, captage d’une source de 1.000 mètres cubes dans la vallée de l’Oued Mellah et en 1929 captage de l’Aïn Dissa à 28 kilomètres de Casablanca (1600 mètres cubes) reliée à la canalisation précédente.

Tout cela était bien insuffisant pour la consommation croissante. Aussi en 1931 décide-t-on d’utiliser pour le ravitaillement en eau de Casablanca, le barrage de l’Oued Mellah précédemment destiné à l’extension de la culture maraîchère dans la région de Feddhala et situé à 38 kilomètres de la ville.

On releva le barrage de plusieurs mètres et l’on dériva les sources salées. 100 mètres cubes-seconde, le tiers de débit total, furent retirés à l'irrigation pour alimenter la ville. Cette eau est élevée par pompage jusqu’à la station d'épuration, à 120 mètres plus haut et dirigée ensuite par gravité dans les réservoirs des sources de Tit Mellil. Ces eaux très impures font l’objet d’un traitement complet d'épuration : précipitation des impuretés par collage au sulfate d’alumine, décantation et passage sur des filtres à sable, nettoyés périodiquement par jets ascendants d’air comprimé et d’eau sous pression. La javellisation a lieu au moment où les eaux sont mélangées à celles de Tit Mellil.

Le 15 juillet 1931, les eaux de l’Oued Mellah alimentaient Casablanca. L'opinion publique ne fut pas satisfaite par les travaux du barrage. M. Georges Louis écrivait dans la Vigie marocaine du 14 avril 1931 :

« L'avenir de l’alimentation en eau de Casablanca reste plus inconnu, plus imprévisible que jamais... Les millions seuls ont coulé »,

Toutes ces ressources accumulées donnaient un débit approximatif de 21 000 mètres cubes à peu près suffisant, mais médiocre quant à la qualité des eaux.

On résolut alors d'exécuter les travaux de captage du Fouarat de préférence à deux autres projets qui, s'ils avaient l’avantage d'amener des quantités considérables de liquide, exigeaient des frais beaucoup trop élevés L'un de ces projets consistait à amener l’eau depuis le Moyen Atlas par une conduite de plus de 200 kilomètres. L'autre prévoyait le captage de l’Aïn Riba entre Fès et Meknès et avait du reste provoqué les réclamations des meknassis soucieux de conserver ces eaux à leur disposition.

L'adduction du Fouarat a du reste également soulevé des rivalités entre villes. C’est un petit oued qui se jette dans le Sebou près de son embouchure, après avoir traversé la forêt de la Mamora au sud de Kenitra. Comme il doit d’abord assurer le ravitaillement de Kenitra, Rabat et Salé, on comprend l’inquiétude de ces cités lorsque la ville de Casablanca décida d’avoir recours elle aussi aux eaux du Fouarat.

Un accord est intervenu et actuel'ement, après avoir alimenté Rabat et Salé, les eaux sont refoulées jusqu’à un réservoir d’où elles s’écoulent par gravité jusqu’à Casablanca, par une conduite en béton de 90 kilomètres Les travaux actuellement en voie d'achèvement amèneront probablement à Casablanca l’eau du Fouarat avant la fin de l’année. D’après les prévisions, le débit sera de 300 à 400 litres-seconde. La ville disposera donc bientôt d’un approvisionnement d’eau potable très suffisant pour les besoins actuels, si les débits ne diminuent pas. Dans le cas contraire, ou si les besoins de la population s'élèvent,

il faudra avoir recours à l’un des deux projets momentanément délaissés : captage de l’Aïn Riba, ou adduction d’eau des sources du Moyen Atlas.

La valeur hygiénique des eaux varie avec leur provenancel; celles de Tit Mellil et des sources de l’oued Mellah sont bonnes au point de vue potabilité et minéralisation. Celles du barrage sont très fortement salées (1750 milligrammes par litre). Bactériologiquement les différentes eaux sont à peu près équivalentes et exigent une javellisation qui se fait à Tit Mellil. Quant aux eaux du Fouarat, elles sont bonnes tant au point de vue composition chimique qu'à celui bactériologique.

Rabat. — Ville impériale, résidence des sultans, Rabat a bénéficié de bonne heure d’un apport régulier d’eau potable.

Avant notre arrivée, la ville était alimentée, depuis l’époque des Sultans Almohades par deux sources voisines, situées à 16 kilomètres au sud de la ville, l’Aïn Reboula et l’Aïn Attig. k

C'est sur la séguia d’amenée de l’Aïn Reboula que l’on brancha la conduite destinée à alimenter les premiers établissements européens en 1914. Le débit devenant rapidement insuffisant, on décida de refaire le captage qui datait de plusieurs siècles, ayant été établi par le sultan Almohade Abd el Moumen. Ce captage moderne, exécuté en 1917, fit passer le débit de 4.000 à 9.000 mètres cubes. Ce débit qui se montra rapidement décroissant était toujours insuffisant d'autant que la séguia de l’Aïn Attig ne fournissait que des eaux non potables destinées à l’arrosage. Le débit de l’Aïn Reboula qui était de 4.100 mètres cubes fut porté à 8.700 mètres

1. Pour le détail des analyses des différentes sources, voir D' Bonjean, op. cit., p. 46 et suiv.

cubes grâce à une série de puits creusés aux environs immédiats de la ville, donnant, comme la source principale, une eau très bonne n’exigeant pratiquement pas de javellisation. Malheureusement cet effort fut encore trop faible. Pour donner satisfaction aux besoin de Rabat, estimés à 10.000 mètres cubes par jour, il fallait des ressources nouvelles. C’est en 1926 que fut adopté le projet du Fouarat qui devait alimenter non seulement Rabat et sa voisine Salé, mais aussi Port Lyautey, et surtout Casablanca qui ne souffrait pas moins que la capitale d’un manque d’eau persistant.

L'ensemble des travaux comprend :

1° le captage des eaux du Fouarat sur plusieurs kilomètres. Une série de puits creusés de 50 en 50 mètres et profonds de 10 mètres ont été creusés sur plus de 7 kilomètres, le long du lit de l’oued. Ils sont réunis entre eux par une galerie souterraine — divisée en tronçons de 1.200 mètres — l’eau de chaque série de puits pouvant être soit déversée dans l’oued en cas de travaux de nettoyage, soit normalement recueillie par un collecteur principal.

20 Une canalisation d’amenée de 49 kilomètres jusqu’à Salé.

Le collecteur principal aboutit à une chambre de départ d’où part une conduite en béton de 800 mm. qui conduit les eaux par gravité jusqu’à Salé. Avant d'y arriver elle reçoit l’apport des eaux de l’Aïn Barka qui ont été captées eb amenées jusqu’à la conduite principale.

30 Une série de captages de sources situées en contrebas de la conduite dans la vallée de Fouarat en aval de la chambre de départ (Aïn Khadra, Aïn Laris, Aïn Seba) et des eaux souterraines de la vallée recueillies sur une quinzaine de kilomètres toujours par le même procédé

HYDRAULIQUE URBAINE jil

Les eaux recueillies sont élevées par refoulement jusqu’à la conduite qui les collecte par l'intermédiaire de chambres de jonction.

- 40 Un siphon pour la traversée du Bou-Regreg entre Rabat et Salé et la station de pompage de Rabat.

Cette station est équipée de deux groupes de pompes de 200 litres, l’un pour le refoulement dans le réservoir qui alimente les conduites de Casablanca et le second pour remplirla bache de départ sur Rabat, d’où une conduite rejoint la canalisation de l’Aïn Reboula. |

Nous avons déjà dit que les eaux du Fouarat étaient chimiquement et bactériologiquement bonnes; le captage est du reste entouré d’une zone de protection large de 75 mètres sur chaque rive.

Ces immenses travaux, dont le coût a été de plus de 70 millions de francs , ont permis d’alimenter en eau Port- Lyautey, Salé, Rabat et Casablanca. Cette dernière devant prendre à elle seule la moitié du débit, soit 300 mètres cubes. | :

Une seule crainte subsiste, c’est que, ainsi qu'il arrive si souvent au Maroc, le débit obtenu soit non seulement inférieur au débit prévu, mais encore aille en diminuant par épuisement de la nappe phréatique.

Fès. — Cette ville établie sur un oued important était irriguée avec une profusion extraordinaire. L’oued dérivé en un réseau de canaux innombrables pénétrait dans toute la Médina, apportant partout sa fraîcheur et son murmure et donnant à la ville de Moulay Idriss son caractère si particulier de ville de l’eau. Il servait non seulement à pourvoir les habitants d’eau potable, à arroser les jardins et les mosquées, à rafraîchir les patios, mais il constituait encore un réseau d’égouts extrêmement commodes. Toute

une série de canaux d'évacuation indépendants des canaux d'arrivée de l’eau propre, rejoignait le lit de l’oued en aval de la cité d’où il ressortait avec le même débit après avoir rempli son rôle purificateur. Aucune ville du Maroc ne possédait de l’eau en telle quantité, ni une installation de distribution si parfaite. Cela ne veut du reste pas dire que la ville ait été de tous temps à l’abri de la disette Pendant les périodes de sécheresse, le débit passait parfois de 4.000 à 2.000 litres-seconde, et l’oued insuffisant pour remplir l’inextricable réseau des canalisations urbaines et pour jouer son rôle de collecteur des immondices devenait une source de contamination et de pestilence.

Les Fassis avaient si bien compris le. rôle que jouait la rivière dans la vie de la cité, qu'ils s'étaient toujours montrés extraordinairement jaloux de leurs droits sur l’eau.

Ils considèrent que les eaux de l’oued sont leur propriété depuis toute éternité et ne laissent personne y toucher. De là les rivalités incessantes entre les agriculteurs de la plaine du Saïs qui voulaient de l’eau pour leurs cultures et les bourgeois de Fès qui n’admettaient pas qu’une partie des eaux soit détournée de leur ville.

Les sultans eux-mêmes évitèrent de puiser à la rivière et captèrent pour les besoins de leur palais les sources voisines (Aïn Ameïir).

Dès l’arrivée des troupes françaises, le génie militaire se préoccupa de trouver des ressources en eau offrant toutes garanties au point de vue hygiène. En 1918 fut captée la source d’Aïn Chkef située à 7 km. du camp de Dar Debibagh et une canalisation de 6.290 mètres vint apporter à l'embryon de ville européenne un débit permanent de ? mètres cube seconde. Le complément de la conduite et les ouvrages de distribution furent exécutés

par la ville en 1927 moyennant 1.300.000 francs de dépenses et la convention passée entre la ville et l’autorité militaire assure un cube journalier de 10.000 mètres cubes pour la cité et de 2.500 mètres cubes pour les établissements militaires.

La ville nouvelle avait donc sa distribution. En 1928 le réseau fut prolongé de manière à amener les eaux de l’Aïn Chkef à Fès Djedid et au palais du Sultan. Une canalisation supplémentaire a également été établie en direction de la ville nouvelle pour satisfaire les besoins futurs de la ville industrielle qui commence à se créer à l’ouest de Fès Djedid.

Seule la Médina restait alimentée par l’Oued Fès. Or s’il était souhaitable de-conserver à la rivière son double rôle de source de fraîcheur et d’égout collecteur, il était désirable de distribuer à la population pour ses besoins alimentaires une eau vraiment potable la mettant à l’abri des contaminations d’origine hydrique. D’autant plus que l'accroissement de la population (près de 90.000 habitants en 1931) rendait le débit de l’oued insuffisant même en dehors des périodes de sécheresse.

On décida de reprendre le captage de l’Aïn Ameïr qui alimentait le palais des sultans en y adjoignant l’Aïn Hamra, source voisine située à 3 km. de la ville. Le débit total de 8.700 mètres cubes est amené par une canalisation en fonte de plus de 7 km. à deux réservoirs en béton situés à la Kasbah des Cherarda entre Fès Djedid, et Fès-el-Bal. Des canalisations en fonte de 450 et 600 miliimètres en partent pour décrire à travers la ville un réseau de 12 kilomètres. Le 24 octobre 1931 le Résident général, M. Lucien Saint, inaugurait la première borne fontaine en Médina. A la fin de l’année 1933 la totalité de la Médina

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sera pourvue d’eau potable, distribuée par des bornes et par les fontaines indigènes aux mosaïques multicolores. Les nombreuses analyses effectuées sur les deux systèmes d'alimentation en eau de la ville de Fès ont donné des résultats satisfaisants tant au point de vue potabilité qu’à celui de la minéralisation.

On ne peut qu'’admirer les travaux d’hydraulique urbaine qui ont été ainsi réalisés et ont permis d’assurer dans de très bonnes conditions le ravitaillement en eau potable d’une population qui au recensement de 1931 s'élevait à 112.463 habitants. C’est surtout dans Fès-el- Bali que le travail fut difficile. Il fallut en effet amener l’eau partout sans rien détruire des 60 kilomètres de canalisations indigènes datant souvent de plus d’un siècle.

«Cette question de l’eau à Fès, cauchemar des sultans et aussi de nos premiers administrateurs, est aujourd’hui résolue au profit des Fassis marocains et européens par une municipalité qui a envisagé l'intérêt général sans vouloir connaître s’il y a une «ville nouvelle » et une « ville ancienne », mais dont le seul but est de pourvoir aux destinées d’une ville qui a pour nom Fès! ».

Meknès. — Dès le vri® siècle, Meknès possédait une adduction d’eau potable réalisée par captage de l’Aïn Tagma au sud de la ville. Plus tard Moulay Ismaël réalisa ce qui existait déjà à Fès : un réseau extrêmement complexe de canalisations amena les eaux de l’oued (le Bou Fekrane) dans toute la Médina.

En 1916 pour ravitailler les troupes en eau potable le génie militaire procéda au captage de l’Aïn Tagma dont les eaux furent amenées jusqu’à la ville nouvelle. Mais le débit

1. Robert Boutet, « La dormeuse s’est réveillée, La solution d’un problème capital », Vigie Marocaine, 18 février 1933.

(3.500 mètres cubes) était supérieur aux besoins de la garnison, et tous les ouvrages furent cédés à la ville nouvelle à charge pour elle de les entretenir et de fournir quotidiennement 1.500 mètres cubes aux établissements militaires. Ce débit ne tarda pas à devenir insuffisant en face des besoins croissants de la ville nouvelle (10.000 habitants en 1931), d'autant plus qu'il allait lui-même en diminuant régulièrement.

La municipalité procéda à l’étude d’un projet d’adduction des eaux de l’Aïn Sliman à 18 kilomètres de la ville. Ce projet fut abandonné et c’est l’Aïn Kharouba, à 19 kilomètres au sud de Meknès, qui fut capté en 1931 et qui assura depuis 1932 le ravitaillement des établissements militaires.

L'Aïn Tagma est maintenant amenée directement au réservoir de la ville nouvelle (contenance 1.000 mètres cubes, d’où part un réseau de distribution pour la ville nouvelle et pour la Médina où l’on a installé plus de 4.000 mètres de canalisation. |

Tel n’est pas le système de distribution définitif. L’Aïn Tagma (3.000 mètres cubes) est en effet destiné uniquement à l’alimentation des agglomérations de la rive gauche du Bou Fekrane (Medina, Aguedal), alors que l’Aïn Kharouba dont le débit sera de 17.000 mètres cubes une fois les travaux achevés et qui ne dessert actuellement que les établissements militaires doit satisfaire tous les besoins des agglomérations rive droite (ville nouvelle, ville militaire, etc.).

Les eaux fournies par les deux sources sont bonnes au point de vue bactériologique, mais le captage de l'Ain Kharouba est malheureusement exposé à des souillures du fait de la présence de fermes dont les eaux usées peuvent attein-

dre la source sans traverser des couches filtrantes suffisantes.

Marrakech. — La capitale du sud était alimentée depuis sa fondation par des rettaras; ces galeries de drainage dont nous avons vu le fonctionnement à propos de l’hydraulique : agricole. À notre arrivée six rettaras, dont quelques-unes datant des sultans Almohades, assuraient à la ville une alimentation en eau, variable avec les saisons puisqu'elle pouvait passer de 2.600 mètres cubes en été à 7.000 mètres cubes en hiver. Ces variations de débit étaient du reste compensées par l'existence de grands bassins d’accumulation, qui forment actuellement les magnifiques pièces d’eau de l’'Aguedal et de la Menara. De là, part. un réseau de conduites en poteries qui dessert les particuliers, les bains, les mosquées et les fontaines publiques. Toute l’eau d’ailleurs appartenait aux Habous.

Après l'installation des Européens à Marrakech on se préoccupa d’abord d'alimenter le Guéliz au moyen des rettaras en les améliorant (rettara Aïn Nartsi à 2 kilomètres de la ville, Aïn Sidi Moussa et Fessa). Puis ces ressources devenant insuffisantes on réalisa le captage des eaux souterraines de l’Oued Reraya, à 30 kilomètres au sud de la ville, près des premiers contreforts de l'Atlas (captage de Bou Zougar). Ces ouvrages consistent en deux bras captants de 180 et 500 mètres de long creusés à une profondeur moyenne de 8 mètres eb protégés des infiltrations superficielles par une couche d'argile. Une conduite en béton de 450 mm., longue de 25 kilomètres, amène les eaux par gravité jusqu’à un réservoir de distribution près de l’Aguedal d’où elles se répartissent dans la ville par des canalisations en fonte.

Le débit obtenu variant dans des proportions trop

grandes (190 litres à 35 htres), on a cherché des ressources nouvelles.

Le projet qui semble actuellement devoir être approuvé consiste à utiliser une partie de l’eau fournie par la rettara Aguedal que l'Administration des Travaux publics a fait construire à grands frais. Cette rettara comporte deux galeries captantes en V qui ont respectivement 4 et 3 kilomètres à une profondeur moyenne de 35 mètres et dont les parois sont formées de plaques de ciment perforé. Elles aboutissent à une canalisation de ciment de 4 kilomètres débouchant à 2 kilomètres au sud de l’Aguedal dans un canal également cimenté. Le débit est de 390 litres à la seconde dont 200 pourraient être cédés à la ville par l’Administration des Travaux publics. Mais pour présenter la même qualité que les eaux de Bou Zougar tant au point de vue bactériologique qu’au point de vue composition chimique, de nombreuses précautions seraient indispensables pour éviter à l’eau toute souillure nuisiblet.

Le chiffre élevé et toujours croissant de la population à Marrakech (195.122 en 1931) exige une solution rapide au problème du ravitaillement en eau.

Safi. — Jusqu'en 1912, la ville ne possédait que quelques puits, quelques citernes et quelques séguias.

En 1920 on chercha des réserves nouvelles, et l’on décida de capter une nappe souterraine, située au-dessous du niveau de la mer sous la falaise qui ferme la baie de Sidi Bouzid. Une station de pompage permet d'obtenir un débit de 200 à 400 mètres cubes d’une eau bonne au point de vue bactériologique, mais très séliniteuse. Néanmoins cette eau offrait des dangers de pollution; on a réalisé un nouveau captage, celui d’une nappe d’eau à 13 mètres audessous du terrain d’aviation et susceptible de fournir

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