‹ L'Hydraulique au MarocChapitre 5 sur 33 · RÉGIME ANTÉRIEUR AU PROTECTORAT · texte numérisé non relu

RÉGIME ANTÉRIEUR AU PROTECTORAT

et des puits et une police des eaux. Cette police avait pour tâche de veiller à ce que le système d'irrigation établi ne put être changé sans le consentement des intéressés.

Partout où l’eau du fait de sa rareté avait entraîné une coordination des intérêts individuels on retrouve un essai de réglementation avec propriété privative et distincte. Parfois cette appropriation au lieu d’être individuelle est collective. L'eau appartient privativement à une collectivité comme chez les Ait Bou Zid (Tadla) avec partage égal par la djemaa!, entre toutes les terres cultivées de la collectivité. Pour M. Sonnier, le caractère collectif de l’eau résulte non pas de la rareté mais bien du réseau des séguias dont chacun ne peut faire usage qu’à tour de rôle. Les traditions indigènes se sont écartées à la longue des principes du droit musulman trop rigide et trop immobile pour aboutir dans bien des cas au complet oubli des prescriptions du prophète. Si, d’une manière générale, le système musulman paraît exclure toute domanialité publique de l’eau il s’en rapproche en ce sens que le droit de propriété sur l’eau loin d’être ni absolu, ni exclusif, fait au propriétaire l’obligation de donner le surplus de son eau à son voisin assoiffé. L’Islam a cherché à réaliser ce que nous croyons avoir réussi à établir, la mise à la disposition du plus grand nombre possible d'individus d’un bien qui par sa rareté prend au Maroc un caractère vital.

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