‹ L'hydrogénation catalytique dans le videChapitre 44 sur 46 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Cette nouvelle méthode d'hydrogénation dans le vide, dont javais déjà montré les avantages en l’appliquant pour la première fois, en 1922, à la réduction catalytique de nos méthylhepténols tertiaires, ouvre un vaste champ de recherches. Les quelques résultats obtenus mettent déjà nettement en évidence l'intérêt de ce nouveau procédé qui permet de réduire l’activité des catalyseurs par abaissement de la pression ; sa douceur m'a permis de préparer des corps nouveaux qu'il n’était pas possible, jusqu’à présent, d'isoler ou même de saisir, en opérant dans les conditions ordinaires. Si la fixation d'hydrogène est ainsi moins active, elle est, en revanche, infiniment plus sélective.

L'appareil indiqué peut être encore perfectionné, et c’est dans cette voie, ainsi que vers de nouvelles applications de la méthode, que je me propose d'orienter mes futures recherches.

Les méthylhepténols soumis à la réduction, dont plusieurs étaient encore inconnus, ont été préparés par action des organo-magnésiens sur la méthylhepténone naturelle. J'ai caractérisé la plupart de ces carbinols par leur éther acétique, mais, pour certains, leur facilité de déshydratation constitue un obstacle sérieux à l'étherification et l'emploi de divers moyens ne m'a pas toujours conduit au résultat.

J'ai rencontré dans l’hydrogénation de ces carbinols une réaction de coupure : sous l’influence du catalyseur, ils peuvent se dédoubler, plus ou moins, pendant la réduction, à la manière des, aldols, en régénérant la méthylhepténone. Ce dédoublement cétonique croît avec le degré de substitution de l'atome de carbone voisin du groupement fonclionnel, et avec le poids du radical introduit dans la molécule de méthylhepténone.

Le platine, même à froid, favorise ce dédoublement. Sur la ponce nikelée, à 200°, par la méthode Sabatier et Senderens, la réaction de déshydratation de ces alcools devient prédominante et même exclusive, et l’on n'obtient, au lieu des nouveaux alcools tertiaires hydrogénés, que des hydrocarbures saturés. Seul l’emploi du vide permet d'atteindre, avec d'excellents rendements, le résultat désiré.

Pour le citral, le limonène, le géramiol, j'ai montré que l’on peut ainsi, aisément, malgré la température élevée, réaliser des hydrogénations sélectives qu’il n'était encore possible d’effectuer qu'à des températures relativement basses, ou à la température ordinaire, avec des catalyseurs fatigués et des procédés de réduction modérés. Dans le cas du limonène, cette sélectivité a été, dans le vide, tellement manifeste qu’elle a permis de déceler la présence d’une impureté.

Pour l’hydrogénation des mnitriles, les avantages du vide sont encore plus éclatants, puisque l’on peut ainsi, dans des conditions convenables, obtenir uniquement les aldimines :

DR SCD NEE

corps qu on ne savait pas encore isoler parce que, à la pression ordinaire, ils évoluent, plus ou moins rapidement, soit vers le type hydramide avec départ d'ammoniac, soit vers le type aldéhydate d'ammoniac.

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