OPERATION
On pratique une incision lombaire gauche, prolofñgée jusqu’à la crète iliaque. Le rein apparaît, légèrement abaissé, Sa surface extérieure est lobulée, sa capsule légèrement adhérente, Puis on découvre le bassinet et l’uretère.
Le bassinet, très augmenté de volume paraît légèrement épaissi; il est rempli d'urine qui ne s'écoule pas par l’uretère.
L’uretère, à sa partie supérieure, est coudé à angle très aigu sur une bride
fibreuse de périuretérite qui enserre manifestement la partie inférieure du bassinet. En avant de ce dernier et à la partie supérieure de la coudure de l’uretère, passe
une véine rénalé anormale, d’une largeur de 4 à 5 mm., comprimant l'extrémité supérieure de l’uretère. La distension du bassinet s'arrête au niveau de cette bride.
On pratique la section de cette veine, et on pose une ligature sur chacun de ses segments. Un peu au-dessous de cette veine rénale anormale, on constate la pré-
sence d’une artère polaire inférieure à direction oblique et qui vient directement de l’aorte abdominale; on respecte cette artère. Après la section de la bride fibreuse, on constate que le bassinet rempli d'urine auparavant, se vide par l'uretère; la circulation est rétablie.
On fixe le rein, par trois fils perforants, au niveau du tiers moyen et tiers interne de la deuxième côte. On referme la plaie opératoire en deux plans, après avoir posé deux drains de sûreté.
Les suites opératoires sont des plus simples : Le 10 avril — Ablation d’un drain, l’autre est raccoutci; Le 13 avril. — Ablation du second drain;
Le 14 avril. — Enlèvement des fils;
AD
Le 16 avril. — La malade se plaint encore de sentir par moments, au niveau de la région para-ombilicale un point douloureux, mais moins intense, semblable à ceux qu’elle éprouvait au début des crises antérieures. Nous ne constatons pas
de douleurs spontanées.
Le taux des urines atteint quotidiennement 1 litre et demi; elles sont légèrement troubles et un léger nuage flotte dans le bocal;
Le 24 avril — Le point douloureux diminue progressivement, l’état général est excellent ;
Le 30 avril. — La malade n’accuse plus aucune douleur et demande à retourner à ses occupations;
5 Mai. — La malade sort de l'hôpital et reviendra nous voir dans un mois;
5 juin 1917. — Depuis cette date, nous avons reçu, par lettres, des nouvelles excellentes de la malade. Elle vaque à ses occupations et n'est gênée en aucune façon.
Nous savons que l’on peut nous adresser un gros reproche au sujet de cette observation. Nous n'avons pas pu exécuter le cathétérisme des uretères, mais nous étions dans l'impossibilité complète de le pratiquer, n'ayant pas à notre disposition le matériel nécessaire.
D'ailleurs, ce serait poser ici le problème de l’avenir des reins hydronéphroti-
ques, et ce n’est pas le but que nous nous sommes proposé. Ce qu’il y a de particulier dans le cas que nous présentons, c’est que la bride qui gênait la circula-
tion entre le bassinet et l’uretère, était formée par une veine rénale anormale. Nous avons compulsé de nombreux travaux, et n'y avons jamais relevé une semblable particularité.
Tapin, dans le travail qu'il a présenté à l'Association française d’Urologie, en 1909, ne signalait aucunement la présence de veine anormales. Il nous décrit de nombreuses anomalies artérielles, mais ne mentionne pas d’anomalie veineuse.
Kummer, dans un travail très documenté qu’il a fait paraître, en 1922, dans le journal d'Urologie, ne signale pas, lui non plus, d’anomalie veineuse, et sa documentation est si riche qu’elle ne nous permet pas de croire qu’il aurait omis de signaler une telle anomalie.