PEUR
gueur, 35 à 40 millimètres de largeur. A l'état de distension moyenne elle renferme 50 à 60 centimètres cubes de
bile. Mais ses parois sont extensibles et on ne peut intro- duire dans sa cavité 150, 200, 250 centimètres cubes d’eau sans produire de rupture (Testut). On lui distingue trois portions ; une portion inférieure ou fond ; une portion moÿenne où corps ; une portion supérieure ou col, cette dernière se continuant avec le canal cystique. Sa paroi est formée de dehors en dedans par une couche connective fibreuse, une assise musculaire consistant en un réseau délicat de fibres lisses à disposition plexiforme et par une muqueuse qui présente une série de relèvements en forme de crêtes. L'épithélium est cylindrique et à plateau strié épais. Il y a quelques glandes et des cellules caliciformes (Renaut).
Au cours de la distension hydropique, la vésicule se dégage de sa loge, fait nettement saillie dans l'hypochondre droit et descend plus ou moins bas dans la cavité abdo- ‘minale. Son orientation varie peu ; son fonds regarde en bas; mais elle peut abandonner sa position normale visà-vis du foie pour se placer transversalement (1). Elle garde le plus souvent sa forme de poire. Mais parfois elle ressemble à une outre, à un œuf d'oie, à une orange (Popp) (2), son volume est variable ; modérément dilatée, de la grosseur d’un mandarine, elle peut atteindre le volume d’un poing d’adulte, d'une tête d'enfant (Kehr-
(1) Obs. CHI.
12) Obs. CIIT, CIV, CV.
| de
Brousson) (1), occuper la plus grande parte du ventre. Son aspect, lui aussi, est variable. Elle est parfois de coloration gris verdâtre (2), parfois rouge brun où vio-. lacé (3), et semblable à une aubergine, parfois brun grisàtre (4), le plus souvent gris blanchâtre, blanc rosé, d’apparence absolument kystique avec une paroi blanche chatoyante, opaline et demi-transparente (5). Dans un cas de Barth et Marfan, elle était sillonnée de nombreux vaisseaux. Ses parois sont amincies, fragiles comme une feuille de papier ou bien épaissie, atteignant un demi-centimètre, un doigt même d'épaisseur dans un cas de Franck cité par Sébastian, semblable à une paroi d'estomac dans une observation de Peugniez (6}. Elles peuvent être friables et se déchirer sous le doigt. Souvent modérément vascularisées, elles ont pu donner lieu à des hémorragies parenchymateuses violentes (Ringstedt) (7). La face interne est rouge et réliculée, ou brillante ou terne et comme lavée. Les plis normaux ont souvent disparu. Un tissu cicatriciel lisse peut avoir envahi la plus grande partie de la muqueuse et le dessin papillaire ne subsister qu'en de rares endroits (Kebr) (8). Il peut y avoir des aspérités, dès épaississements en bosses, des végétations (9).On ren-
1) Obs. ÎLE, LXXXIL, XLIV, etc.
(2) Obs. CXXXIV.
3) Obs. CVIT.
(4) Obs. CIV.
(5) Obs. CU, LXVI, XXXIV, LIV, etc.
6) Obs. CVIIT.
(9) Obs. LXXX.
contre aussi de pelits ulcères en voie de cicatrisalion dont le siège plus fréquent dans le col coïncide avec l'irritation calculeuse. À Microscopiquement les parois vésiculaires subissent des modifications diverses. Elles s'hypertrophient et se sclérosent en même temps que la vésicule se distend, ou bien elles s'amincissent au point de devenir transparentes au . cours d’une dilatation rapide ou d’une simple distension atonique. Dans la planche que nous rapportons, la vési- .cule est épaissie. La paroi mesure 3 mm. 1/2; elle est transformée en un tissu conjoncüif dense, légèrement stratifié. Il n'y a plus de trace de sous-muqueuse ou de muqueuse. Les diverticules glandulaires ont complète-. ment disparu. On retrouve quelques traces des fibres musculaires perdues dans le tissu conjonctif. Les assises péritonéales de la couche externe n'existent plus. On note une vascularisation très développée dans toute l'épaisseur. de la paroi. Par places on trouve quelques amas de polynucléaires disséminés sans siège de prédilection. Ces lésions de cholécystite scléreuse sont souvent moins prononcées ou modifiées. Dans quelques cas la muqueuse est normale, l'épithélium cylindrique conservé (1); 1l peut disparaître au niveau des crêtes el être remplacé par un épithélium pavimenteux. Parfois le chorion est envahi par un tissu fibreux adulte au milieu duquel on aperçoil à peine quelques fibres musculaires (2). La tunique externe ” peut être seule épaissie (3) ; elle peut n'avoir pas que subi (1) Obs. LXI:.
(2) Obs. LXI.
(3) Obs. CXXVIIT,
la transformation fibreuse et présenter une hyperplasie : considérable de ses fibres musculaires lisses qui, à l'état normal, se mêlent aux fibres lamineuses qui composent la tunique cellulaire (1). « II ÿ a alors là, dit Peugniez, une véritable couche de tissu musculaire interposé à la muqueuse et à la séreuse, Lout un feutrage de longues cellules à fibres lisses, réalisant comme une paroi surajoutée à celles qui, normalement, constituent les [uniques de la vé- . sicule. » | Dans d’autres vésicules les parois sont amincies ; les papilles de la muqueuse disparaissent ; les épithéliums s’aplatissent et s'évanouissent par atrophie et par l'effet de la pression et des troubles circulatoires qui se produisent. A la place de la muqueuse on trouve parfois un tissu hyalin dégénéré contenant de nombreuses cellules à grains graisseux entremêlées de cellules fuselées et rondes et rappelant entièrement l'apparence de l'intérieur de l'aorte épaissi par l’athérome (2). Il n'existe le plus souvent que de misérables restes de la musculature et de la fibreuse. Si la musculature subsiste, elle n’est représentée que par une mince couche de {issu conjonctif avec accroissement des fibres élastiques (3).Elle peut néanmoins rester intacte, être même épaissie, mesurer de 130 à 150 grammes el être formée de faisceaux situés dans un plan parallèle à la surface, mais distincts les uns des autres et de directions différentes suivant la profondeur (4). La fibreuse
(4) Obs. CVIIL.
(2) Obs. LXXX.
(3) Lussozo, in Th. Mocauor, p. 38.
(4) Quenu et Laxbez, in Th, Moouor, p, 37.
Sri} RE
peut, elle aussi, ne presque plus exister (1), où bien elle
présente de nombreuses fibres élastiques et des amas de
cellules rondes (2), ou bien elle est formée d'un tissu:
fibroïde assez lâche pauvre en cellules conjonctives et sans cellules adipeuses,.
Nous devons noter qu'ilest des cas où les parois ne sont ni amincies ni épaissies et présentent absolument leur aspect normal (3). ù
Nous ajouterons enfin, pour terminer l'anatomie pathologique des parois de la vésicule, qu’elles peuvent parfois être farcies de concrétions calcaires (4) et qu'elles peuvent même être ossifiées, comme dans le cas rapporté par Grandchamp.
Le canal cystique dans les cas d’hydropisie peut s'allonger par suite du tiraillement qu'exerce sur lui la vésicule distendue. Il peut atteindre six, huit centimètres et même dépasser cette longueur. Bouilly l'a vu démesuré et l'a disséqué un plus de 10 centimètres (5). Il est souvent augmenté de volume,pent acquérir la grosseur du doigt (6), présenter des inflexions, des coudures, Lorsqu'un calcul arrondi et régulier l’oblitère, le canal en deçà et au delà se trouve souvent libre, il est alors granuleux, rougeâtre, parfois tomenteux, dans la partie vésiculaire, lisse dans la partie cholédocienne {Kehr). TI peut se dilater du côté des voies biliaires principales et Labbée (7) rapporte un (1) Obs. LXXX.
Ligsoro, in Th. Mocqouor, p. 38.
(3) Obs. CXXX VII.
4) Obs. CXXH.
Obs. OXII.
(6) Obs. CXIL.
(7) Obs. LXVII.