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CHAPITRE II

Étude cytologique.

L’hydrothorax unilatéral, tel que nous le comprenons, correspond à peu près à la catégorie d'épanchements pleuraux qui ont été séparés par Widal et Ravaut sous la dénomination de « pleurésies mécaniques en apparence aseptiques des cardiaques et des brightiques ». Ces auteurs ont montré les premiers qu’elles présentaient la même formule cytologique que les hydrothorax bilatéraux sur lesquels tout le monde est d'accord. Les nombreux examens cytologiques que nous avons pratiqué nous permettent à notre tour d'affirmer que dans les deux cas la réaction cellulaire est absolument identique, qu'il s'agisse d'un hydrothorax bilatéral ou unilatéral.

Une fois le liquide recueilli par ponction et centrifugé aussitôt dans les tubes qui sont d'usage courant aujourd’hui, il se produit un culot blanchâtre au-dessus duquel le liquide n’offre que peu de traces de fibrine.observé au bout de vingt-quatre heures. Parfois, au lieu d’avoir un: aspect blanchâtre, le culot est teinté en rose quand il existe dans l'épanchement des globules rouges en notable quantité. Au début de l’épanchement, il nous a semblé aussi abondant ou même parfois davantage que celui obtenu dans les mêmes conditions avec une pleurésie

séro-fibrineuse tuberculeuse primitive ; d'autant plus que, dans ce dernier cas, il s'y, mélange toujours une plus ou moins grande quantité de fibrine. Aussi 1l ne nous paraît pas exact de répéter, comme beaucoup d'auteurs, que les hydrothorax sont pauvres en éléments cellulaires. Par contre, plus tard, quand l’épanchement est ancien. 1l est certain que le culot est minime, comparé à ce qu'il était précédemment.

Après décantation totale du liquide, une portion du culot saisie avec une anse de platine ou mieux aspirée dans une pipette de verre est déposée sur lames. Presque toujours alors, si l’on a quelque habitude de ce genre de recherches, l’étalement sur lames est déjà le plus souvent à peu près caractéristique de l'hydrothorax : la partie étalée paraît, en effet, un peu sèche et comme grumeleuse et poussiéreuse.

À l'examen microscopique, après coloration, si l'hydrothorax est récent, on trouve ici des placards endothéliaux nombreux formés d’un grand nombre de cellules soudées ; à côté de ces grands placards existent des cellules endothéliales isolées ou accolées par deux ou trois, quelques petits mononucléaires, parfois de rares polynucléaires et des globules rouges en très petite quanlité ou assez nombreux. Les cellules endothéliales, soudées où isolées, qui sont la caractéristique de f’hydrothorax unilatéral prennent avec intensité à ce moment les matières colorantes, et leur noyau notamment apparaît fortement teinté ; leur protoplasma est légèrement basophile. Ces cellules donnent en tout l'impression de cellules jeunes et saines. ù

Un peu plus tardivement, après ce stade de desquama-

tion très prédominante, il est donné le plus souvent d'observer, à condition que le début de l’épanchement ne soit pas trop éloigné et que les examens cytologiques soient assez rapprochés, quelques indices d’une réaction secondaire pleurale minime. Cette réaction est caractérisée par l'apparition de polynucléaires un peu plus abondants, mais surtout d’un certain nombre de cellules: macrophagiques, isolées ou faisant partie d’un placard, grandes cellules à noyau rejeté à la périphérie bourrées de globules rouges et d'éléments blancs ; parfois on voil quelques-unes de ces cellules macrophagiques présenter une grosse vacuole claire intraplotoplasmique. | À un stade plus avancé, quand l'hydrothorax existe déjà depuis longtemps, qu'il ait été ou non ponctionné, la formule cytologique est d'ordinaire un peu différente. La caractéristique essentielle reste toujours cependant endothéliale ; mais on ne retrouve plus ici, comme précédemment, de larges placards de desquamation : les cellules endothéliales sont réunies par deux ou trois, ou sont surtout isolées : les matières colorantes ne les

teintent plus avec la même intensité ; le protoplasma

paraît pâle ainsi que le noyau. Parfois, de plus, le protoplasma est comme boursouflé ou bien il se vacuolise. se fenêtre, et de nombreux petits espaces clairs parsèment son étendue ainsi que celle du noyau : ces cellules endothéliales sont alors en dégénérescence. Les autres éléments cellulaires sont d'ordinaire plus abondants à ce moment ; les gros mononucléaires, mais surtout les Iymphocytes donnent souvent un pourcentage plus élevé qu'à la première période, fat déjà signalé par Widal et

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Ravaut: cette évolution vers la lymphocytose, quelquefois prédominante, mérite d'être bien connue.

Est-ce à dire que tout épanchement unilatéral survenant chez un cardiaque, un brightique ou un artérioscléreux et qui présentera une formule cytologique endothéliale devra être qualifié d'hydrothorax ? Assurément non. Nous savons, par exemple, comme l'a montré Jarvis (1), que la pleurésie rhumatismale franche offre une formule cytologique endothéliale avec ou sans polynucléose : or, le rhumatisme articulaire aigu n'est pas exceptionnel chez des individus déjà porteurs d'une lésion cardiaque. C’est pourquoi, si grande que soit la valeur de la présence de cellules endothéliales dans un épanchement donné, ici comme ailleurs, pour caractériser l'hydrothorax unilatéral, il faudra toujours s'appuyer pour porter le diagnostic de la nature de l’épanchement et sur la symptomatologie et sur les circonstances qui ont accompagné sa formation.

(1) Jarvis. Contribution à l'étude du rhumatisme pleural. Th. Paris, 1902.

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