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JUILLET

Hors de

l'appareil.

Iian3

l'appareil.

Hors de

l'appareil.

Dans

l'appareil.

Dans ses expériences, Paul Bert note aussi la diminution du pouls; ainsi, son pouls, qui avant l'entrée dans la cloche était de 76, descend à 62 à la sortie de la chambre pneumatique; il fait observer toutefois que ce même abaissement du pouls peut se produire lorsqu'il reste immobile et assis pendant longtemps.

On a aussi étudié l'effet des bains d'air comprimé sur la tension artérielle. Von Vivenot avait fait, à cet égard, des premières expériences qui avaient conclu à l'augmentation de la tension artérielle sous l'influence de l'air comprimé. Paul Bert a repris ces expériences d'une façon plus précise et a montré que la pression du sang était augmentée dans l'air comprimé et que cette augmentation était un résultat dû à l'action mécanique de l'air comprimé sur la surface du corps.

aurîâ L'action sur la nutrition, qui est un des effets thérapeutiques nuiriiion. Ics plus puissants de l'air comprimé, est très intéressante et vous me pcrineltrcz d'y insister un peu longuement.

Trois ordres de preuves ont été donnés pour montrer l'action favorable du hain d'air comprimé sur la nutrition; les uns ont cherché cette démonstration dans l'accroissement du chiffre de l'urée; les autres, dans l'augmentation de la quantité d'oxygène ahsoi bé et d'acide carbonique éliminé ; d'autres enfin dans l'augmentation du poids du sujet.

C'est Jean Pravaz qui, dans sa thèse soutenue, le 9 août 1875, à la Faculté des sciences de Lyon, a, le premier, signalé l'accroissement de l'urée sous rinflucncc des bains d'air comprimé. Soumettant le sujet en expérience à un régime toujours identique, il a montré qu'il y avait augmentation dans le chiffre de l'urée et que cette augmentation se montre surtout au début de la compression et est plusforte avec de faibles pressions à 20 centimètres, par exemple, qu'à des pressions plus fortes. Pour lui aussi, l'augmentation de la température du corps suivrait l'augmentation dans le chiffre de production de l'urée.

Paul Bert, de son côté, a fait des expériences sur les animaux et a constaté à son tour que le séjour des chiens dans l'air comprimé augmentait la sécrétion de l'urée; que deS*, l qu'elle était en moyenne à l'état normal chez ces animaux, elle est montée à 9s, 5 après un séjour de neuf heures dans l'air comprimé. Seulement, il faut noter ici, contrairement à l'opinion soutenue par Jean Pravaz, que la pression était très forte et atteignait 3 atmossphères.

C'est Georges Liebig (i) qui a étudié la modification apportée à la quantité d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé sous l'influence des bains d'air comprimé : la consommation moyenne de l'oxygène à la pression normale était de 78,058, elle s'est élevée à 7^,481 dans l'air comprimé ; pour l'acide carbonique, on a aussi constaté une augmentation dans la production.

Paul Bert a repris ces expériences, mais sur des animaux qu'il laissait vivre dans l'air comprimé et a constaté aussi qu'il y avait augmentation dans l'absorption d'oxygène et dans la production d'acide carbonique. Mais cette augmentation atteint son maxi-

(1) G. Liebig, Veber die Sauerstoffaufnalime in der Lungen beigewœhnlichem und erhœhtem Luftdruck [Pflûger's Archiv, Bd. X, p. 479-536 ; 1875).

DE L'AÉROTnÉRAPIE. 171

mum vers 2 atmosphères, et, à partir de ce moment, il y a diminution.

Qaant à l'augmentation du poids, les études ont été faites par Simonofï, directeur de l'établissement aérothérapique de Saint- Pétersbourg. D'après lui et le docteur Katschenowsky, si le régime reste identique, le bain d'air comprimé amènerait une diminution de poids, mais, comme le séjour dans la cloche pneumatique augmente l'appétit, si on laisse l'individu manger à sa guise, on constate au contraire une augmentation notable du poids. Voici, sur 53 personnes mises en observation, les résultats obtenus :

32 pesaient davantage après le bain ; ce poids était en moyenne de 1079 grammes ;

2 n'avaient eu aucune modification ;

19 avaient diminué de poids, en moyenne 786 grammes.

Comme on le voit, il n'est pas douteux que les bains d'air comprimé aient une action favorable sur la nutrition; nous verrons, par la suite de cette leçon, les applications que la thérapeutique a faites de ces effets sur la nutrition.

Maintenant que nous connaissons l'action physiologique des bains d'air comprimé, nous allons étudier leurs applications à la cure des maladies, et nous suivrons ici le même ordre que nous avons adopté pour l'action physiologique, c'est-à-dire que nous examinerons son application d'abord dans les maladies du poumon, puis dans les troubles de la circulation et enfin dans les maladies consomptives, où la nutrition est profondément perturbée. Commençons tout d'abord par les maladies de l'appareil respiratoire.

Le bain d'air comprimé augmente, nous l'avons vu, la capacité Action respiratoire; il diminue le nombre des inspirations dans de très *''^''^P^J^*'"î"e notables proportions, mais augmente la profondeur de ces inspi- coï^p^f^i'" rations. Ce moyen devra donc être appliqué dans tous les cas de dyspnée et plus particulièrement dans la dyspnée asthmatique, où l'on trouve une diminution considérable de la capacité respiratoire et une augmentation très accusée du nombre des inspirations.

C'est en effet dans la cure do l'asthme que les bains d'air Des comprimé ont donné les meilleurs résultats. Mais dire que le ^^i^'

, , ^ comprime

bam d'air comprimé s'applique au traitement de l'asthme est i.j3jij°^a absolument insuffisant, et, si on s'en tenait à cette simple "

172 ONZIÈME CONFÉRENCR.

formule, on aurait, comme le dit Mœller (1), de grands mécomptes.

L'asthme est, en oiïct, une maladie le plus souvent symptomatique, et, avant de conseiller une cure aérolhérapique, il est bien important de spécifier l'origine de l'astlime. En effet, dans l'aslhme dit essentiel, l'aérotliérapie a peu d'action ; il en est de môme de celui qui résulte, comme le veulent les récents travaux de l'Ecole allemande, des troubles de la muqueuse nasale ; dans tous ces cas, le bain d'air comprimé sera impuissant à empêcher le retour des accès dyspnéiques. Mais où cette médication deviendra active et curai rice, c'est dans les suites de l'asthme nerveux, c'est-à-dire pour combattre l'emphysème pulmonaire, conséquence fatale des accès de dyspnée, et il serait plus juste de dire que les bains d'air comprimé combattent l'emphysème pulmonaire que l'asthme lui-même.

L'action favorable de ces bains d'air comprimé est facilement expliquée : en augmentant la profondeur et l'amphtude de chaque inspiration, ces bains permettent d'établir un courant d'air dans les dernières alvéoles bronchiques, de les vider et de permettre ainsi au tissu pulmonaire de reprendre sa contractilité première. On a donc pu dire avec raison qu'on avait guéri des emphysémateux par l'usage de ces bains. Mais ces faits sont rares et, le plus souvent, on soulage l'emphysémateux et on le voit, après une quinzaine de bains, garder pendant plusieurs mois et même pendant une année, le bénéfice de sa cure; et cela se comprend facilement, si vous vous rappelez ce que je vous ai dit à propos de l'action prolongée de ces bains d'air sur la diminution des inspirations et l'amplitude du thorax. Aussi, chez tous les emphysémateux à tendance asthmatique, vous tirerez un grand bénéfice du séjour dans les cloches pneumatiques, et on peut dire qu'avec la médication iodurée, ils constituent la seule médication efficace pour combattre cette affection pulmonaire. Dans Dans la bronchite chronique, le bain d'air comprimé peut

la bronchite . ^ i i .

chronique, rendre des services, non pas tant contre la bronchorrhée que contre l'emphysème, conséquence aussi forcée comme dans l'asthme des catarrhes pulmonaires.

Il est aussi une affection spasmodique des bronches qui est

(1) Mœller, Un mot sur V aérothérapie {Journal des sciences médicales de Bruxelles. Bruxelles, 1886).

DE l'aérotuérapie. 173

tributaire de ce traitement, c'est la coqueluclie, sans que l'on Dans, puisse trouver la raison physiologique de ces effets curatifs. Si- coqueluche, gnalée pour la première fois par Pravaz, constatée ensuite par SandahIBrunisch, Lemoroff, Fontaine, Moutard-Martin, l'action bienfaisante des bains d'air contre la coqueluche est indéniable. Seulement, c'est une médication qui ne s'adresse qu'aux cas graves de coqueluche, et surtout à ceux qui apparaissent au milieu de l'hiver. En un mot, c'est une médication exceptionnelle.

Certaines alïections de la plèvre et en particulier les adhérences Dans pleurales déterminées par la pleurésie sont tributaires de la mé- ^'^^ mjUadics dication par les chambres pneumatiques. Les bains d'air com- ''^ plèvre, primé, en augmentant les diamètres de la poitrine, combattent efficacement le retrait du thorax et la gêne apportée au fonctionnement du poumon par les adhérences. Mœller veut même que la pleurésie avec épanchement rentre dans le groupe des maladies que l'on peut traiter par l'aérothérapie ; il affirme que lorsque les épanchements résistent aux médications habituelles, ils peuvent guérir sous l'influence de l'air comprimé. Je ne sache pas que cette médication ait été fort employée dans ce cas ; le bain d'air comprimé, en effet, ne s'adresse qu'à des personnes dont l'état de santé permet de se transporter commodément au local où se trouvent les cloches pneumatiques, et c'est ce que peuvent faire sans inconvénient les emphysémateux, les catarrheux, les coquelucheux, mais il n'en est pas de môme des malades atteints d'épancliement pleurétique, qu'il serait dangereux de promener ainsi de leur domicile à l'établissement aérothérapique.

Enfin, l'aérothérapie a été conseillée dans le traitement de la Dans tuberculose pulmonaire, et ici les effets obtenus seraient une ac- '''putaonairo^" tion locale pulmonaire et une action générale s'adressantà la nutrition. Du côté des poumons, la gymnastique respiratoire qui résulte du bain d'air comprimé, en activant la respiration dans tous les pomts du poumon et en augmentant la capacité respiratoire, combattrait ces engorgements pulmonaires et cet état d'atélectasie que l'on observe si fréquemment chez les tuberculeux. Pour la nutrition, les effets sont encore plus marqués : en accroissant l'appétit, en augmentant le poids du malade, l'aérothérapie rentre dans le grand groupe des médications toniques, qui toutes s'appliquent à la cure de la tuberculose. 11 est bien entendu que le bain d'air comprimé n'a aucune action sur le ba-

174 ONZIÈMIJ CONF^REKCE.

cille, ni sur son évolution. Si Paul Bert nous a montré que c<;8 organismes inférieurs meurent dans l'air comprimé, cela n'arrive qu'à des pressions telles que la vie est impossible dans ces milieux aux êtres supérieurs.

En résumé, au point de vue de la tuberculose, et, à cet égard, je partage l'avis de Mœller ; l'aérolliérapic constitue une véritable gymnastique respiratoire qui s'adresse plus ù l'individu prédisposé à la tuberculose qu'au tuberculeux; c'est, en un mot, un traitement propliylacti(iue qui vient, avec la kinésithérapie et l'hydrothérapie, constituer cet ensemble de moyens hygiéniques qui en fortifiant et modifiant le terrain de culture s'opposent à la marche envahissante des bacilles.

Pour les maladies de l'appareil circulatoire, l'aérothérapic a été appliquée à deux ordres d'afiections : les anémies d'une part, les maladies du cœur de l'autre.

Sur le premier de ces points, l'accord est unanime; l'air comprimé étant plus chargé d'oxygène d'une part, et les fonctions respiratoires de l'autre étant activées et régularisées, il en résulte une oxygénation plus vive du sang. Et, de même que nous voyons les inhalations d'oxygène agir d'une façon non douteuse dans le traitement de la chlorose et des anémies graves, de même aussi les bains d'air comprimé ont un eflet indéniable dans la cure de ces affections. L'action favorable des bains d'air comprimé est bien supérieure à celle des inhalations d'oxygène telles qu'on les pratique habituellement ; dans ces dernières, une grande quantité d'oxygène ne pénètre pas dans l'arbre respiratoire et sort avec l'expiration ; il n'en est pas de même du bain d'air comprimé, qui fait pénétrer cet air jusqu'aux dernières ramifications des hronches, et qui, en augmentant ainsi l'oxygène absorbé, augmente aussi l'acide carbonique exhalé. Traitement L'application du bain d'air comprimé à la chlorose est une des %T^iea°^^ premières qui ait été faite de cet agent thérapeutique, et vous bains d'air devrcz toujours VOUS rappeler ce moyen, lorsque vous serez en

comprime. ' ^ .

présence de ces cas d'anémies essentielles rebelles à nos autres moyens de traitement. Pour augmenter l'action curatrice de ces bains d'air comprimé dans le traitement des anémies et des chloroses, on a même proposé de changer la composition de l'air des chambres pneumatiques, et d'y faire pénétrer de l'oxygène ou de faire respirer au malade de l'oxygène dans la cloche.

Pour le traitement des maladies du cœur, l'accord est loin

DE L'AÉROTaiîmAPIE. 17S

d'être fait sur l'utilité des bains d'air comprimé, et tandis que Traitement

„ , ,1 • 1 ' I. 1 . des maladies

les uns vantent ses effets, les autres les considèrent comme dcsas- du cœur, treux. Ce point a surtout été étudié par deux médecins, Ducros (1) et Lambert.

Ducros, se basant sur les effets physiologiques de ce bain d'air comprimé qui augmente la tension artérielle, le considère comme dangereux dans le traitement des maladies valvulaires. Cette opinion est partagée par Fontaine et par Schnilzler (de Vienne).

Lambert, au contraire, croit avec Waldcnliurg, à l'efficacité de l'air comprimé, et il compare son action à celle de la digitale. Pour lui, les bains d'air comprimé rendraient la systole plus facile ; il y aurait diminution du travail du cœur gauche et augmentation du travail du cœur droit, ce qui amènerait la disparition de la congestion pulmonaire et de la dyspnée. Aussi dans les hypertrophies du ventricule gauche obtiendrait-on de ce moyen de bons résultats.

En présence de ces opinions contradictoires, je suis d'avis qu'il est prudent de se montrer réservé dans les applications du bain d'air comprimé à la cure des affections valvuiaires du cœur, et si dans la dilatation cardiaque consécutive à l'emphysème et au catarrhe du poumon on a pu obtenir par les heureuses modifications apportées à la ventilation pulmonaire quelques bénéfices par les bains d'air comprimé, il n'en est plus de même dans les lésions mitralcs et surtout aortiques dans lesquelles cette méthode ne peut avoir que de mauvais effets, et j'aborde maintenant les effets des bains d'air comprimé dans les maladies où la nutrition est altérée. Dans ce groupe, trois affections surtout sont tributaires de ce traitement : le diabète, l'obésité et l'albuminurie.

Dans le diabète, on comprend facilement l'heureuse influence Traitement du bain d'air comprimé, et cela par l'action oxygénante de ces ''^ diabète, bains. Aussi, chez les diabétiques gras, où l'on doit stimuler les fonctions de l'organisme et combattre les effets de la nutrition retardante, on peut, au mémo titre que la gymnastique et l'hydrothérapie, employer l'aérothérapie.

11 en est de même de l'ohésité, mais ici une condition s'im- Traitement pose ; il faut soumettre en même temps le malade à un régime '^'^ •o'^^sité.

(1) Ducros, Etude expérimentale sur la respiration d'air comprimé. Paris, 1875. — Lambert, Elude clinique et expérimentale sur l'action de l'air comprimé et de l'air raréfié (Tlièse de Paris, 1877).

alimentaire rigoureux, car si vous laissez l'obèse manger à son appôtil, comme le bain d'air comprimé augmente cet appétit, au lieu de diminuer son poids vous l'augmenterez. A cet égard, les observations de Léouidc SimonolF sont des plus exactes, comme je vous l'ai dit au début môme de cette leçon. Do» Contre le diabète cl l'obésité, on a (iroposé une autre appli-

"coinprimé!''^ cation de l'air comprimé absolument dilIV-rcnte comme action de celle des bains jincumaLiques : je veux parler des doucbes d'air comprimé. C'est mon élève, le docteur Maurice Dupont, qui a eu le premier l'idée de créer ces doucbes ; elles sont analogues aux douches d'eau, n'en diffèrent que par ce fait que les tubes lancent de l'air comprimé au lieu d'eau ; elles produisent sur la peau une sensation de froid et dépriment profondément la peau, comme le ferait un massage très énergique.

Campardon (1) en avait beaucoup vanté l'usage dans le traitement du diabète et de l'obésité. Elles se sont toutefois peu généralisées, et ceci résulte du point suivant : c'est que pour obtenir un effet actif de ces doucbes, il faut qu'elles soient administrées pendant quelques minutes, ce qui produit un froid pénible et qui peut déterminer des bronchites intercurrentes.

L'albuminurie est jusqu'à un certain point tributaire d'un traitement par les bains d'air comprimé, non qu'ils aient un effet sur les lésions rénales, cause de l'albuminurie, mais parce que, comme l'a montré Semmola, les inhalations d'oxygène, en modifiant les albumines du sang, s'opposent à la sortie de l'albumine à travers les reins. Les bains d'air comprimé agissent de la même façon et peuvent faire disparaître l'albumine des urines. Mais, comme je m'en suis expliqué en mainte circonstance, cette présence ou cette absence de l'albumine dans les urines ne joue dans le pronostic de l'albuminerie qu'un rôle secondaire ; tout réside dans l'accumulation dans l'économie des produits toxiques non éliminés, et il ne me reste plus maintenant pour terminer mon sujet, qu'à vous signaler l'action des bains d'air comprimé dans le traitement des affections de l'oreille et dans l'anesthésie chirurgicale.

Le bain d'air comprimé produit du côté de Torcille une sensation pénible et douloureuse, qui résulte de la lenteur avec la-

(I) Campardon, Drs douches d'air comprimé dans le traitement du diabète et de L'obésité [Bulletins et Mémoires de la Société de thérapeutique, 1S85).

Traitement de

l'albuminurie

DE L'AÉnOTHÉRAPIE.

Des bains d'nir comprimé dans les maliulies de l'orcillB.

Anestliésie

par l'air comprimé.

quelle s'établit la pression sur les doux parois du tympan ; et, lorsque la trompe d'Eustaclic est bouchée, on comprend que cette augmentation de tension puisse amener la rupture do la membrane du tympan ; rupture, d'ailleurs sans gravité. Mais on comprend aussi que, lorsque cette oblitération n'est pas faite, le bain d'air comprimé puisse maintenir perméable la trompe d'Eustache et combattre la congestion de la muqueuse, qui joue un rôle prépondérant dans la surdité.

Quant à l'application de l'air comprimé à l'anesthésie, elle est due à Paul Bert et à Péan. Elle consistait à faire inhaler, dans les chambres pneumatiques et sous pression, du protoxyde d'azote. Ces expériences, qui avaient pris, il y a cinq ou six ans, une certaine extension, ont été complètement abandonnées, et, quoique l'on ait construit à grands frais à l'hospice des Quinze- Vingls, sous la direction de Pieuzal, une salle pneumatique oh l'on pouvait endormir les malades, on n'emploie plus ce procédé pour les raisons suivantes : c'est d'abord qu'il nécessitait un appareil instrumental fort coûteux, et ensuite que ce procédé anesthésique n'était pas supérieur aux autres.

Jusqu'ici nous ne nous sommes occupés que des chambres pneumatiques; mais il est un autre mode d'application de cette aérothérapie, qui consiste à se servir d'appareils transportables, qui donnent à la fois de l'air comprimé et de l'air raréfié. Le type d'un de ces appareils est représenté par celui de Waldenburg; cet appareil, comme vous pouvez le voir par celui que je waidenburg, mets sous vos yeux, est un véritable gazomètre. C'est une cloche en tôle qui descend dans un réservoir plein d'eau ; des poulies placées à la partie supérieure de l'appareil permettent à la cloche de se relever et de reprendre sa position première. C'est, en résumé, une réduction à de petites proportions de ces immenses cloches que vous voyez construites dans toutes les usines à gaz d'éclairage.

Quand la cloche s'abaissera, elle comprimera l'air contenu dans son intérieur et le malade pourra en respirant faire pénétrer cet air comprimé dans ses poumons. Lorsqu'au contraire elle s'élèvera, l'air sera raréfié et le malade pourra utiliser cet air raréfié. Cet air ainsi modifié arrive par un tube mobile dans un masque que le malade place devant les ouvertures nasale et buccale. Tel est le type de ces appareils, qui ont été plus ou moins modifiés par Tobold, Bieder, Giezel, Stôrek, Fraenkel, et surtout par Schnitzler et Weil.

HYGIÈNE THÉRAP, 2^ ÉDIT. |2

Appareils portatifs.

Appareil

ONZIEME CONFÉnENCE.

Appareil d.)

Solinitzlor et W'eil.

Ces deux derniers médecins ont doublé l'appareil de Waldenburg, c'est-à-dire qu'ils ont établi deux gazomètres placés à côté l'un de l'autre et construits de telle sorte que, lorsque l'un s'élève, l'autre s'abaisse. Un jeu de robinets assez compliqué,

analogue à un cornet à pistons, permet de faire communiquer alternativement le masque placé devant la bouche avec l'air raréfié ou avec l'air comprimé. En France, ces appareils sont fort bien établis par MM, Walker- Lécuyer, et il suffit d'un simple chargement depoids pour mettre en jeu les deux grands gazomètres, dont l'un s'élève pendant que l'autre s'abaisse.

Mais tous ces appareils sont d'un prix fort élevé, occupent une grande place et ne peuvent être placés que dans les établissements aérothérapeutiques.

L'appareil construit par Maurice Dupont, au contraire, est relativement de petite dimension (fig. 8); son prix est peu élevé ; seulement, pour être mis en jeu, il a besoin d'une pression d'eau suffisante, que l'on ne trouve que dans les grandes villes. En effet, c'est sur des bases absolument différentes que Maurice Dupont a étabh son appareil; c'est la chute de l'eau qui, constituant ce qu'on appelle une trombe en physique, raréfie l'air, et c'est cette même eau qui, en s'élevant dans l'appareil, le comprime. Une manette fait communiquer alternativement l'appareil avec l'air raréfié et l'air comprimé, et, pour

Fig. 8.

DE LA CLIMATOTUÉRAPIE. 179

mettre en jeu l'instrument, il suffit d'ouvrir le robinet qui y amène l'eau. Il est bien entendu qu'un tube de sortie entraîne l'eau au debors. Pour compléter l'appareil, Dupont a placé sur ses côtés un flacon où l'air aspiré par le malade peut barboter et se charger de principes médicamenteux. Tels sont, en résumé, les principaux appareils portatifs ou fixes mis en usage pour obtenir à la fois et l'air comprimé et l'air raréfié. Comment allez-vous utiliser cet air comprimé et cet air raréfié Application

n i j 1 thérapeutique.

pour la cure des maladies du poumon? Les deux temps de la respiration ne doivent pas se faire dans le même air. On doit faire l'inspiration dans l'air comprimé et l'expiration dans l'air raréfié, et si, dans l'appareil de Waldenburg, cette manœuvre est difficile, elle est, au contraire, très facile dans ceux de Scbnitzler, plus ou moins modifiés, et dans celui de Dupont. Dans les premiers, c'est par un jeu de cornet à pistons que le malade fait alternativement correspondre l'expiration avec l'air raréfié, l'inspiration avec l'air comprimé. Dans celui de Dupont, c'est en portant la manette tantôt à droite, tantôt à gauche, que le malade arrivera à ce résultat.

C'est surtout dans l'emphysème pulmonaire et dans les ca- Traitement tarrhes pulmonaires que l'on obtient un bon effet de cette mé- remphysème dication. Ces inspirations dans l'air comprimé et ces expirations bronchite dans l'air raréfié constituent un véritable lavage aérien du pou- chronique, mon, qui chasse l'air qui stagne dans les alvéoles pulmonaires distendues et permet à celles-ci de reprendre leur élasticité première. Ce lavage aérien facilite aussi le désencombrement des bronches et l'expulsion des mucosités qui les obstruent plus ou moins complètement. Si l'on joint à ce lavage un air chargé de principes balsamiques, on comprend qu'on puisse ainsi traiter avantageusement les catarrhes de la poitrine.

De plus, dans les cas d'étroitesse du thorax et de prédisposition à la tuberculose, l'emploi de cette méthode constitue une véritable gymnastique pulmonaire, qui ne peut avoir que des avantages. Mais, dans leur ensemble, ces appareils se montrent infcrieui's à l'emploi des chambres pneumatiques : ils n'ont pas cette action sur la nutrition que possèdent les bains d'air comprimé et qui constitue un des effets les plus utiles de cette médication.

Malgré les bons résultats que l'on a tirés soit des chambres pneumatiques, soit des appareils portatifs, résultats basés sur

180 ONZIlblE CONFÉRENCE.

les plus saines données de la pliysiologie, celle médication aéroliiérapicjiie s'osl peu répandue, et cela pour les raisons suivantes : d'abord, par suite de la longueur du bain d'air comprimé, peu de personnes ayant deux heures à consacrer par jour au traitement de leur aiïection pulmonaire, puis du prix assez élevé de ces bains. Quant aux appareils dits portatifs, ils sont rarement mis en usage dans le domicile du malade et on ne les utilise que d'une façon exceptionnelle.

C'est là, à mon sens, une négligence fâcheuse, et je crois que nous devrions nous montrer plus partisans de l'emploi de l'aérolliérapie, et en particulier des bains d'air comprimé, et j'espère que celle leçon aura ce résultat d'appeler de nouveau ratlcntion du public médical sur une médication peu dangereuse et qui, dans un grand nombre de cas, a des effets fort utiles; et je passe maintenant à la dernière partie de ces leçons, qui a trait à la climalothérapie.

DE LA GLIMATOTHÉRAPIE.

Messieurs,

Je me propose de consacrer cette leçon, qui doit terminer ce cours d'iiygiène thérapeutique, à la climatotliérapic, c'est-à-dire à l'application du climat à la cure des maladies.

Par climat, nous devons entendre, comme le voulait Hum- pu boldt, l'ensemble des variations atmosphériques qui affectent nos organes d'une manière sensible. La climatologie est une science de date toute moderne, science encore bien imparfaite, et dont Huniboldt a jeté les premiers éléments ; cependant l'application de ces climats à la cure des maladies est d'origine beaucoup plus ancienne.

Hippocrate a consacré un livre tout entier, et le plus célèbre de Historique, tous, à cette étude de l'application du cHmat à la cure des maladies, il a pour titre : De aere, locis et aquis. Le médecin de Cos insiste non seulement sur les conditions sanitaires qui doivent occuper les villes ainsi que sur la direction des vents, sur les saisons et les températures, mais il a le soin de comparer les différents chmats de l'Europe et de l'Asie ; il soutient que la constitution des peuples dépend des pays qu'ils habitent. « En général, dit-il, tout ce qui vit sur la terre participe aux qualités de la terre », paroles mémorables que tous les progrès de la météorologie et de la géographie comparée ont bien mises en lumière.

Nous trouvons aussi dans d'autres ouvrages de l'antiquité des indications assez précises sur la climatothérapie. C'est ainsi qu'Arétée conseille aux malades atteints d'affection de la poitrine des voyages en mer et le séjour au bord de la mer; c'est ainsi que Galion traitait les phtisiques par le séjour dans les

DOUZIÈME CONFÉHENCE.

nioiilagnes et la cure de lait ; Celse par les voyages en mer, el Pline par le séjour dans les forôLs de pins.

Mais tous ces faits étaient épars et oubliés, et il faut arriver au commencement de ce siècle, c'est-à-dire à la création de la climatologie, pour voir la climalothérapic s'établir sur des bases scionli(i(jues.

Une autre cause qui a fait progresser grandement cette climatothérapie, c'est la rapidité de nos communications actuelles, ce qui permet aux malades de se transporter avec une grande facilité dans des localités fort éloignées. Aussi voyons-nous aujourd'hui presque tous les malades riches s'empresser d'accourir aux stations hivernales, ugi^ Je ne puis ici, messieurs, vous faire un exposé complet de la thérapio climatothérapie. La climatologie médicale est une science fort étendue qui comprend l'atmosphérologie, la météorologie, la géographie physique, la physiologie géographique comparée et la pathologie comparée. Elle a donné lieu à des travaux fort importants parmi lesquels je vous citerai particulièrement la Climatologie médicale en quatre volumes, de Lombard (de Genève) (1), le beau travail de Poincaré (de Nancy) (2) sur la géographie médicale, et enfin le traité de chraatologie deWeber (3), traduit en français par MM. Doyon et Spillmann, ouvrages auxquels il faut joindre l'article que Rochard a consaci'é au climat dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, et celui que Ponssagrives a écrit sur le même sujet dans le Dictionnaire des sciences médicales.

Mon rôle sera beaucoup plus modeste, et après vous avoir dit quelques mots des éléments qui constituent le climat et des influences physiologiques et pathologiques de ces éléments, je limiterai mon étude aux régions que nos malades peuvent facilement occuper et aux maladies qui sont les plus heureusement influencées par les climats de notre zone tempérée. Des De Humboldt considérait comme facteurs du climat les élé-

dù^dimat. ments suivants : la température, l'humidité, la pression atmosphérique, les vents, l'électricité de l'atmosphère, le degré de

(1) Lombard, Traité de climatologie médicale. Paris, 1877 .

(2) Léon Poincaré, Prophylaxie et géographie médicale des principales maladies. Paris, 1884.

(3) Hermann-Weber, Climatothérapie, Irud. Doyon et Spillmann. Paris,

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